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Histoire contemporaine de la liturgie

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Chant Grégorien, art sacré et religieux

 

 

 

 

 

NOUS AVONS LU POUR VOUS...


POUR COMPRENDRE CE QUE NOUS FAISONS
QUAND NOUS ALLONS COMMUNIER

Dans presque toutes les paroisses et au cours de la quasi totalité des messes, la communion est aujourd'hui reçue debout et généralement dans la main. La communion est devenue quelque chose de totalement banalisé au point qu'au cours des messes de confirmations, de mariages et de funérailles, tout le monde va communier: des gens qui ne reçoivent jamais le sacrement du Pardon, des gens qu'on ne voit jamais à la messe et qu'on ne reverra plus mettre les pieds à l'église sitôt la cérémonie terminée s'avancent... pour faire comme tout le monde.
Aller communier est devenu un simple geste par lequel on exprime sa sympathie pour la famille qui marie l'un de ses enfants ou qui enterre un proche. Et il n'est plus rare qu'à l'issue de messes où tout le monde est allé communier - les liturgies banalisées et désacralisées y invitent - le prêtre ou le sacristain retrouve des hosties par terre, au milieu des bancs.
L'hostie est-elle le Corps du Christ? La désinvolture qui entoure actuellement la réception de la communion pousse à imaginer que beaucoup de fidèles ne sauraient plus quoi répondre si on leur posait brusquement la question. Il n'est pas certain non plus que tous les célébrants traitent l'Eucharistie comme elle devrait être traitée s'ils y voient le Corps du Christ: attitudes relâchées, emploi de coupes en terre cuite dans le genre mazagran, utilisation de corbeilles... etc.
La désinvolture est devenue telle et le sens de la communion s'est tellement perdu que lorsque Benoît XVI a décidé de rétablir, avec une attitude toute pastorale, le geste de recevoir l'hostie dans la bouche et en s'agenouillant, on a vu des évêques être soudain très gênés au point de devoir se confondre en explications qui ressemblaient presque à des demandes d'excuses adressées aux fidèles décontenancés. N'avait-on pas dit, à ces mêmes fidèles, que le Concile avait dit... qu'il fallait désormais rester debout pour communier et tendre la main? N'avait-on pas ôté partout les bancs de communion qui servaient aussi à délimiter le choeur des églises? N'avait-on pas été jusqu'à faire passer parmi les fidèles des corbeilles remplies d'hosties en disant: "servez-vous"? N'avait-on pas interdit aux futurs prêtres, dans les séminaires diocésains, de recevoir la communion de façon traditionnelle? N'était-on pas allé jusqu'à refuser la communion à des fidèles qui désiraient recevoir l'hostie dans la bouche et non sur les mains?
Que convient-il de faire aujourd'hui? Que nous faut-il retrouver? Comment devons-nous approcher de la table du Seigneur? C'est à ces questions que veut répondre Mgr Athanasius Schneider, Evêque au Kazakhstan. Car comme le souligne Mgr Ranjith, "aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire d'aider les fidèles à retrouver une foi vive en la présence réelle du Seigneur dans les espèces eucharistiques, dans le but de renforcer la vie même de l'Eglise".
A partir des textes de la Tradition et de l'enseignement récent du Magistère, en se basant aussi sur sa propre expérience de pasteur, Mgr Schneider nous livre d'enrichissantes réflexions qui devraient nous pousser à retrouver un geste de communion plus conforme à nos convictions de fidèles catholiques et qui soit le témoignage de notre foi en la Présence du Seigneur dans le pain que nous recevons.
Le travail réalisé par Mgr Schneider est publié par les éditions "Tempora" sous le titre "Dominus est". Un opuscule de 93 pages à diffuser très largement et - pourquoi pas - à offrir à nos prêtres.


QUELLE MUSIQUE SACREE POUR AUJOURD'HUI?

Les éditions "Tempora" nous livrent un opuscule intitulé "Quelle musique sacrée pour aujourd'hui?" Son Auteur est Mgr Miserach-Grau, Président de l'Institut pontifical de Musique sacrée au Vatican et aussi - ce qui n'est pas qu'un détail - ami du pape Benoît XVI.
Dès les premières pages, Mgr Miserach-Grau avertit le lecteur: ces lignes ne reflètent pas l'opinion du prélat, mais la pensée de l'Eglise en matière de musique sacrée ou, plus exactement, en matière de chant liturgique.
L'Auteur déplore en premier lieu que la musique composée initialement pour servir et orner la liturgie en sorte que soit favorisée la prière des fidèles, ne s'entend plus guère dans les église, au cours des célébrations liturgiques: pour la goûter, c'est désormais au concert ou à des sessions qu'il faut aller. Et ceci n'est absolument pas normal! Se pose ensuite la question du chant grégorien: pour Mgr Miserach-Grau, il est évident que "le chant grégorien de l'assemblée peut - mais surtout doit - être rétabli à côté de celui de la schola et des célébrants." Car "ce chant caractérise toute musique liturgique digne de ce nom".
Et l'Auteur de poursuivre: "Nous avons sous-estimé la capacité d'apprentissage [du grégorien] du peuple. Nous l'avons presque contraint à oublier les mélodies grégoriennes qu'il connaissait (...) puis nous l'avons abreuvé de banalités." Bien entendu, l'absence de formation reçue par les futurs prêtres dans les séminaires est ici épinglée...
La suite de l'opuscule signé de Mgr Miserach-Grau comprend les textes magistériels de référence pour la musique sacrée et le chant liturgique. On cite tour à tour le Motu proprio sur le Musique sacrée Tra le sollecitudini de Pie X (22 novembre 1903), la Lettre encyclique Musicae Sacrae Disciplina de Pie XII (25 décembre 1955), l'Instruction sur la Musique sacrée et la Sainte Liturgie de la Congrégation des Rites (3 septembre 1958), le passage sur la musique sacrée de la Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium, l'Instruction Musicam Sacram de la Congrégation des Rites (5 mars 1967), le Chirographe pour le centenaire de Tra le sollecitudini de Jean-Paul II (19 janvier 2001), et enfin le Discours que le pape Benoît XVI a adressé à l'institut pontifical de Musique sacrée (13 octobre 2007).
Mgr Miserach-Grau nous encourage vivement à travailler pour redonner au chant grégorien toute sa place et au chant liturgique sa vraie forme et son véritable sens. Mais ce travail pourra-t-il aboutir s'il n'est pas encouragé par les évêques? Pourra-t-il aboutir là où un clergé et des équipes liturgiques peu formés mettent des entraves au renouveau liturgique véritable?
Quelle musique sacrée pour aujourd'hui? (125 pages, 12,90 euros + frais de port): un ouvrage que se doivent de posséder tous les fidèles soucieux de la qualité de la liturgie: prêtres, maîtres de choeurs, choristes, organistes... Ils y puiseront de précieuses indications qui les aideront à remplir au mieux leur tâche au service de l'Eglise.


LA LITURGIE AU RISQUE DE LA MODERNITE

Le Père Jonathan Robinson, Professeur de théologie et fondateur de l'Oratoire de Toronto (Canada), nous livre aux éditions Tempora une étude de très grande importance sur "La liturgie au risque de la modernité".
L'ouvrage de 345 pages, très dense et d'un abord qui pourra sembler un peu ardu pour qui n'a pas fait d'études de philosophie, comporte trois grandes parties.
Dans la première, l'Auteur rappelle en quoi consistent les différents aspects de cette crise liturgique contemporaine que plus personne ne peut nier: "La liturgie de l'Eglise s'est gravement fourvoyée. Pour n'être pas universelle, cette conviction - il est important de le comprendre - est néanmoins partagée par des traditionalistes et par bien des gens que l'on ne saurait en aucune manière qualifier de conservateurs ou traditionnels. Le Cardinal Danneels, primat de Belgique, dont on pourrait certainement dire qu'il appartient à l'aile progressiste de l'Eglise, écrivait dans son bulletin diocésain: "Dans l'ancien droit canon, les rubriques dominaient tout: faute d'être éclairés, les prêtres se conformaient à leurs prescriptions avec une obéissance parfois puérile. Aujourd'hui, la situation est inverse: c'est la liturgie qui doit obéir et s'adapter à nos préoccupations, au point qu'elle ressemble plutôt à un meeting politique ou à un happening. Nous allons célébrer la vie telle que nous la connaissons!" Je pense que le cardinal a raison, et je crois aussi qu'il a mis le doigt sur la déviation fondamentale: la liturgie n'est plus, avant tout, le culte de Dieu mais une célébration de nos besoins et de la vie telle que nous la connaissons. Il est vrai que cela ne gêne pas particulièrement un bon nombre - sinon même la plupart - des gens qui vont encore à la messe; mais pour contrebalancer cette satisfaction (ou autosatisfaction si le cardinal Danneels a raison), il y a quand même deux choses que l'on peut constater.
D'une part, au plus haut niveau de l'Eglise, on admet qu'il faut véritablement quelque chose comme une réforme de la réforme, et cela montre, à tout le moins, que les critiques portées contre les dispositions liturgiques actuelles ne se réduisent pas à refuser de changer ou d'accepter les dispositions de l'autorité légitime. D'autre part, il y a le fait que, si la situation actuelle peut bien satisfaire ceux qui continuent à aller à la messe, on constate que le nombre de pratiquants et l'influence de l'Eglise ont connu une baisse catastrophique. Les catholiques non pratiquants sont bien plus nombreux encore - sans parler de tous les gens qui ne pratiquent aucune religion - à ne rien trouver qui les attire dans nos rites, du moins tels que nous les célébrons actuellement." Voilà la réalité brièvement mais clairement résumée. Le Lecteur trouvera dans l'ouvrage du P. Robinson de nombreux textes ou exemples venant étayer cette analyse.
Dans la deuxième partie, l'Auteur se plaît à remonter à la source de la crise actuelle: une source qu'il situe aux XVIIIème siècle et au XIXème siècle. C'est la partie la plus dense, la plus complexe, mais incontestablement la plus riche de l'ouvrage: on y voit que la question des rites est, au fond, secondaire, car le vrai problème est d'ordre philosophique, théologique, ecclésial. Au fond, si notre façon de traiter la liturgie - et ses rites - a conduit à faire un peut tout et n'importe quoi, c'est d'abord parce que notre vision de Dieu, de l'Eglise et de la foi chrétienne a été en partie faussée par l'introduction dans notre façon de penser, d'idées fausses, héritières des Lumières.
Dans la troisième partie, assez brève, le P. Robinson propose les solutions qu'il faudrait adopter pour enrayer la crise actuelle. Pour lui, il est évident que la restauration liturgique voulue par l'Eglise au moment de Vatican II était une nécessité car, avant le Concile, "pour un oeil non averti, la messe latine était du théâtre kabuki: statique et incompréhensible. Voir des millions de gens s'agenouiller sans protester tout au long de la messe, dimanche après dimanche, confirmait les sécularistes dans leurs convictions que les catholiques étaient des masses inertes. Mais pour quelqu'un qui avait été catholique toute sa vie, les détails du latin n'avaient guère d'importance. Les cadences majestueuses de la messe empruntaient des connexions neuronales bien établies et possédaient une structure dramatique claire (...). Globalement - les lumières tamisées, le scintillement des vêtements liturgiques, l'incandescence des vitraux, le murmure du latin récité comme un mantra -, cette expérience purifiait l'esprit; elle calmait l'âme, ouvrait les esprits à d'intenses Présences et de vastes Desseins que l'on saisissait mal. Chaque semaine ou même chaque jour s'il le désirait, le temps d'un tremblement, l'homme de la rue avait le Divin à portée de main."
C'est ce genre de célébrations que les liturgistes entreprirent de réformer, et c'était nécessaire. Mais au lieu que les choses s'améliorent - écrit l'Auteur - on a perdu quelque chose: par là fut réduite cette capacité à avoir le Divin à portée de main, ce qui constituait précisément le coeur même de la liturgie.
Faut-il alors revenir en arrière, se demande le P. Robinson? S'il reconnaît que cette demande possède une certaine validité face aux célébrations liturgiques actuelles dont certaines peuvent difficilement être qualifiées de chrétiennes, il affirme sans détour qu'un retour à l'ancien rite ne serait ni pratique ni même sain. "L'ancien rite n'occupe plus une place centrale dans la mentalité de la plupart des catholiques pratiquants actuels; en fait, la plupart du temps, lorsque des catholiques assistent pour la première fois à une messe dans l'ancien rite, elle leur apparaît bizarre et étrangère. Ce qui ne veut pas dire que certains ne l'apprécieront pas; mais là n'est pas la question. Le fait essentiel est que, pour la plupart des catholiques, l'ancien rite ne constitue plus le point de référence spirituel central; il faut les amener à l'ancien rite. Lorsqu'ils réfléchissent sur le culte de Dieu, ce n'est pas lui qui constitue leur point de départ."
Mais que faire alors? L'Auteur fait plusieurs propositions bien argumentées. Pour lui, il est urgent:
- de favoriser une participation à la liturgie qui soit d'ordre contemplatif;
- d'éliminer de la liturgie tout ce qui est création personnelle et locale; car plus une liturgie devient personnelle et locale, moins elle peut correspondre à l'objet premier de l'Eucharistie;
- conserver la dimension "illuminative" de la célébration, par laquelle toute liturgie enseigne et reflète la foi catholique sur laquelle elle se fonde;
- fonder toute prédication sur les Ecritures telles que l'Eglise les comprend;
- veiller à ce que la liturgie puisse faire son oeuvre seule, sans qu'interviennent en permanence les préoccupations particulières ou la personnalité propre du célébrant ou de l'animateur;
- veiller à un usage plus intensif du latin dans toutes les paroisses afin de rappeler que ce ne sont pas nos paroles qui sont importantes en liturgie, mais que c'est Dieu qui est au coeur de toute célébration;
- revoir très sérieusement la question de la musique et du chant en ayant conscience que les bonnes intentions ne suffisent pas pour composer ce qui doit pouvoir trouver sa place dans la liturgie;
- sortir la liturgie de sa routine d'autosatisfaction en réintégrant dans les sanctuaires le mouvement ordonné - "rituel" - des acteurs de la liturgie, mouvement qui aide le fidèle à sortir de lui-même en lui rappelant que la liturgie est d'abord une action initiée par Dieu qui nous invite à répondre à son amour.

Oui, l'ouvrage du Père Jonathan Robinson mérite grandement d'être lu, étudié, offert, diffusé... Il trouve incontestablement une place de choix dans le grand débat actuel autour de la liturgie.
P. Jonathan ROBINSON, La liturgie au risque de la modernité, Ed. Tempora (25 euros + frais de port).


LES HEURES GREGORIENNES VONT PARAÎTRE

Préparées par les soins de la communauté Saint-Martin, Les Heures Grégoriennes vont paraître en novembre prochain. Elles mettent à la disposition des fidèles le trésor du chant grégorien et de la Liturgie des Heures dans une édition pratique et de qualité.
Cette publication fait figure de nouveauté, quarante ans après la réforme liturgique de Vatican II, offrant un double accès à la liturgie latine actuelle et à sa traduction française, permettant sa célébration aisée dans l'une et l'autre langue.
L'ouvrage présentera les textes liturgiques de façon synoptique: à gauche, le texte latin de Liturgia Horarum et les notations grégoriennes de toutes les pièces de l'Office choral. A droite, le texte français de la Liturgie des Heures et une traduction des hymnes et des prières d'intercession approuvée et conforme au latin.
Les trois volumes présenteront plus de 1700 pièces grégoriennes: hymnes, antiennes, répons, ainsi que de nombreuses pièces anciennes nouvellement restituées dans une édition musicale de grande qualité préparée par l'Atelier de paléographie de l'Abbaye Saint-Pierre de Solesmes.
Le contenu des volumes sera le suivant:
- Volume I: Avent; Temps de Noël; Temps ordinaire; Solennités.
- Volume II: Temps du Carême; Temps pascal.
- Volume III: Sanctoral; Communs des Saints.
N. B. : Les Heures Grégoriennes comportent tous les Offices du jour, à l'exception de l'Office des Lectures laissé au soin des différentes communautés.

UNE OEUVRE D'EGLISE...

... approuvée par le Saint-Siège: "La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements vous remercie pour l'envoi du livre choral intitulé Les Heures Grégoriennes, réalisé par la communauté Saint-Martin (...). Après avoir étudié attentivement ce livre de la Liturgie des Heures bilingue latin-français, elle estime que ce livre, qui est digne d'intérêt, constitue sans nul doute un grand apport pour l'Eglise; c'est pourquoi, elle ne peut qu'apprécier une telle initiative, qui vise à promouvoir la prière de l'Office Divin, spécialement chanté en grégorien. La Congrégation désire manifester à la Communauté Saint-Martin son approbation à l'égard du projet qui lui a été présenté, en lui adressant l'autorisation requise sous la forme d'un décret (Prot. N. 1102/04/L du 9 juillet 2004)."
+ Francis Card. Arinze
Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin

... et par l'épiscopat français: "Il est heureux que soit offert aux prêtres (aux évêques), aux religieux et religieuses, aux laïcs qui le souhaitent, de célébrer la Liturgie des Heures dans la tradition latine de l'Eglise romaine; les volumes que prépare la communauté Saint-Martin se prêtent à une utilisation très souple qui permet de passer facilement du latin au français (hymnes, antiennes, psalmodie). Ainsi pouvons-nous rester en lien avec nos racines liturgiques vivifiantes, pour mieux contribuer aujourd'hui à l'enrichissement de la musique sacrée et prier sur de la beauté, selon la recommandation du pape saint Pie X et du deuxième concile du Vatican."
+ Mgr Robert Le Gall, Archevêque de Toulouse
Président de la Commission épiscopale pour la liturgie

Pour des renseignements complémentaires et la commande de cet ouvrage capital pour le renouveau de la liturgie souhaité par le Souverain Pontife, cliquer ici.


LA MESSE TRIDENTINE

En à peine 120 pages, Michael Kunzler, offre au lecteur dans "La messe tridentine: avancée ou retour en arrière?" un vaste état des lieux de la controverse actuelle à propos de la forme de la célébration eucharistique libéralisée après la parution du Motu Proprio "Summorum Pontificum".
Non seulement Michael Kunzler présente au lecteur un large panorama historique depuis la genèse de l'Ordo de la messe jusqu'au Missel de Paul VI, mais il s'applique aussi à relever les mots et les expressions particulièrement liés au sujet traité tels que "réforme" ou "orientation de la célébration", ou encore "latin liturgique", afin de les éclairer au-delà de tout esprit polémique.
Dans un style très technique, concis et pourtant très exhaustif, il met une fois encore en lumière l'idée centrale qui animait Benoît XVI lorsqu'il a décidé d'élargir les possibilités de célébrer la messe selon le Missel de 1962. Et ce n'est certes pas l'idée d'un retour en arrière généralisé, avant le Concile Vatican II, comme l'affirment toujours et encore certains groupes soutenant la tradition de Mgr Lefebvre, mais bien plutôt celle d' "une guérison et d'un accomplissement de tout ce qui, dans la pratique de la liturgie rénovée, est encore malade et imparfait.
Particulièrement éclairantes et efficaces sont, dans ce but, les explications concernant l'Ars celebrandi. Ainsi par exemple, les expressions "avancée" et "retour en arrière", prises dans un sens qui les oppose l'une à l'autre, ne peuvent-elles servir de catégorie pour désigner la célébration de la messe sous sa forme "ordinaire" ou "extraordinaire". Ce petit ouvrage voudrait plutôt, d'après son auteur, "détruire les préjugés et servir la paix et l'unité dans l'Eglise", selon le principe qui dit que: "Tout ce que fait l'Eglise au cours des célébrations, est fait pour la plus grande gloire de Dieu: et cette gloire est l'homme vivant".

Michael Kunzler, La messe tridentine: avancée ou retour en arrière? Editions Bonifacius, Paderborn (D), 2008.


UNE RELIGION MADE IN U.S.A.
LE FONDAMENTALISME EVANGELIQUE

C'est essentiellement aux Etats-Unis que les groupes appartenant à la mouvance évangélique fondamentaliste se sont multipliés à l'infini et ont imprégné profondément la société allant parfois jusqu'à s'identifier à elle.
Or, aujourd'hui, le nouvel Empire, répandant jusqu'aux extrémités de la terre la civilisation de Coca-Cola et de Microsoft, diffuse aussi sa religion! Mille nouveaux lieux de culte évangélique se seraient ouverts en France depuis trente ans.
Quel que soit le nom qu'on lui donne, "évangélisme", christianisme "vrai" ou "authentique", "fondamentalisme protestant", etc., cette religion made in USA devient celle des "yuppies" mondialisés. Des chefs d'Etat, des sportifs, des stars de cinémas ne font plus mystère de leur "christianisme". Il n'est donc pas déraisonnable d'imaginer qu'il s'agisse là de la "nov-religion" du siècle commençant, sorte de syncrétisme religieux poussant davantage à l'introspection continuelle qu'au rapport libérateur avec Dieu par la foi reçue des Apôtres et vécue dans l'Eglise.
Plutôt que de se contenter d'analyses politiques ou sociologiques parfois caricaturales et réductrices, l'ouvrage que propose Karl Keating aux éditions Tempora propose une présentation non seulement de l'histoire religieuse de ce mouvement, mais aussi une étude des mécanismes de pensée qui le conduisent. L'Auteur est le fondateur de "Catholic Answer", mouvement américain d'évangélisation. Son ouvrage Catholicism and Fundamentalism: The Attack on "Romanism" by "Bible Christians", publié en 1988 par la maison d'édition Ignatius Press de San Francisco, a rencontré un véritable succès et est régulièrement réédité aux Etats-Unis.
La lecture de la nouvelle étude de Karl Keating devrait nous pousser à ouvrir les yeux sur les dangers que fait naître une religiosité instrumentalisée, précisément au moment où tant de célébrations liturgiques bricolées qui se veulent "conviviales" avant d'être catholiques sont des portes ouvertes vers des croyances et des comportements de type fondamentaliste.

Karl Keating, Une religion made in U.S.A.: le fondamentalisme évangélique, 384 pages, éditions Tempora, Prix: 19,90 euros.


LE SENS DU MOTU PROPRIO DE BENOÎT XVI

Le Père Marc Aillet, Vicaire général dans le diocèse de Fréjus-Toulon, nous livre une étude riche et claire sur le sens du Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI. Son ouvrage de 140 pages s'ouvre sur une préface de Mgr Rey, Evêque de Toulon, dans laquelle il est rappelé que "Le Motu proprio a prour horizon le projet de réforme de la réforme, c'est-à-dire la redécouverte de l'esprit de la liturgie et la progressive resacralisation du culte, en particulier du rite ordinaire."

Puis le P. Aillet (membre de la Communauté Saint-Martin fondée par le P. Guérin) montre qu'au-delà de ce qui a pu être dit et écrit, le document magistériel n'a pour objet que de relacer le mouvement liturgique qui, il faut bien le reconnaître, s'est quelque peu enlisé dans les méandres marécageux d'une créativité débridée et de déformations arbitraires. C'est dans cette optique que le P. Aillet précise d'emblée que son intention n'est pas de faire l'apologie du missel antérieur à celui issu du Vatican II, mais de valoriser les principes de la réforme liturgique et de mettre en lumière les richesses théologique et spirituelles du nouveau missel. Pour autant, il se dit convaincu, fort de son expérience de prêtre, qu'il est possible de célébrer la messe selon l'une ou l'autre forme du rite romain, à condition que ce soit bien dans l'esprit de la constitution Sacrosanctum Concilium, comme Jean-Paul II suggérait de le faire.

Le P. Aillet montre alors comment le motu proprio s'inscrit dans une continuité liturgique que doivent reconnaître aussi bien ceux qui ont cru voir une "rupture de tradition" dans la réforme liturgique que ceux qui ont pu penser - bien à tort - que cette même réforme leur donnait un droit à la désobéissance liturgique. Et pour bien montrer les enjeux de cette nécessaire continuité liturgique, le P. Aillet explique ce qu'a été - ou qu'aurait dû être - la réforme liturgique et ses inplications pastorales, pour en venir à affirmer l'idée selon laquelle "on ne sortira pas de la rise [liturgique] sans revenir à une plus grande fidélité aux normes liturgiques", ce qui implique de retrouver l'art de bien célébrer en valorisant la gestuelle sacrée du rite romain accompli avec amour et intériorité et en donnant une plus grande place à la véritable musique sacrée dont fait partie, au premier chef, le chant grégorien.

Après avoir abordé plusieurs points de la pastorale liturgique actuelle qui mériteraient d'être corrigés, l'Auteur étudie les fondements théologiques et la nature véritable de ce qu'on a appelé "la participation active" - participation "actuosa" - à la liturgie et qui est prioritairement un exercice du sensus fidei des baptisés. Le P. Aillet achève son étude en rappelant combien il est urgent que la liturgie "source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise" cesse d'être le lieu psychologique de la division et de l'exclusion. Et pour cela, il demande de prier pour le Saint-Père qui, le jour où il a inauguré un pontificat qu'il savait difficile, avait dit: "Priez pour moi, priez pour que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups".
Un livre clair et très riche qui vient à point nommé pour permettre une lecture fructueuse du Motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI: Père Marc AILLET, Un évènement liturgique ou le sens d'un Motu proprio, éd. Tempora, Perpignan (140 pages, Prix:13,90 + frais de port).


POUR CHANTER LA MESSE EN LATIN

Dom Jacques-Marie Guilmard, moine de Solesmes, nous livre un "Guide pratique de chant grégorien" destiné aux fidèles et aux prêtres qui veulent participer à la Messe ou à l'Office en chantant sur les textes latins.
L'opuscule, qui compte 130 pages, est divisé en quatre parties: les récitatifs, la prononciation, la psalmodie, et les chants du prêtre à la messe. Après avoir rappelé brièvement quelques points de l'Exhortation Sacramentum caritatis sur le sens de la liturgie et le rôle du chant grégorien, l'Auteur nous "invite au chant" en expliquant pourquoi la liturgie, en tant que "grande impression de l'Eglise", doit être habituellement chantée.
Vient alors l'étude des récitatifs, base du chant grégorien qui possède une efficacité incontestable bien qu'étant apparemment pauvre sur le plan musical. Dom Guilmard nous rappelle qu'un récitatif est musicalement bien exécuté à deux conditions seulement: que les mots latins soient correctement prononcés, et que l'ensemble chante.
Nous passons ensuite à l'étude du texte latin, de sa prononciation. Tour à tour sont analysées les voyelles, les diphtongues, les consonnes, le phrasé, et le rythme des récitatifs, ces derniers étant ce qui constitue la base des chants du célébrant.
On passe ensuite à la psalmodie: les tons sont étudiés les uns après les autres, et cette partie de l'ouvrage s'achève avec quelques "conseils pratiques" où il est rappelé qu' "un prêtre doit aimer chanter la Messe et savoir la faire aimer ans craindre de se donner de la peine, puisque la liturgie est la forme de culte envers Dieu la plus élevée et, pour les fidèles, la plus riche d'édification". Dom Guilmard ajoute ici quelques conseils pour contrôler une éventuelle tension nerveuse et pour respirer correctement... autant de principes qu'il convient de rappeler aussi aux membres de nos chorales paroissiales.
L'opuscule s'achève avec de nombreux conseils donnés aux prêtres qui devront chanter une Messe en latin alors que très souvent ils n'y sont plus habitués. On y apprend comment chanter les formules initiales de la liturgie, comment introduire le Pater noster, comment chanter une oraison... etc.
Et, chose importante: tous les exemples écrits sont repris sur les différentes pistes d'un CD livré avec l'ouvrage du R.P. Dom Guilmard. On peut donc écouter puis répéter docilement ce qu'on a sous les yeux...
Il est certain que le "Guide pratique de chant grégorien" s'inscrit pleinement dans le renouveau liturgique vivement souhaité par le pape Benoît XVI et attendu par des fidèles de plus en plus nombreux. Voilà donc une réalisation qui vient à point et qui ne devrait pas manquer d'intéresser de très nombreux prêtres et choristes.

Dom Jacques-Marie GUILMARD, Guide pratique de chant grégorien, éditions Téqui, 82 rue Bonaparte, 75006 Paris (Prix: 11,50 euros + frais de port).


CELEBRER LA SAINTE EUCHARISTIE
par le Cardinal Francis ARINZE
Préfet de la Congrégation pour le Culte divin

"Célébrer la Sainte Eucharistie; pour un renouveau de la pratique liturgique de l'Eglise", tel est le titre d'une étude de 150 pages que publie le Cardinal Francis Arinze aux éditions du Forum (Perpignan). Il s'agit d'une traduction de "Celebrating the Holy Eucharist", paru chez Ignatius Press (San Francisco).
L'opuscule se compose de 13 chapitres. L'Auteur commence par nous rappeler l'enseignement de l'Eglise au sujet de l'Eucharistie, tout en montrant que les documents du Magistère font une référence aux textes du Nouveau Testament. Il explique ce qu'est véritablement la "célébration de la messe", dont la dimension verticale doit demeurer première.
Le Cardinal Arinze montre ensuite que l'Eucharistie possède une dimension cosmique trop souvent oubliée de nos jours bien qu'elle soit clairement mentionnée dans l'Apocalypse: par sa portée eschatologique, la célébration eucharistique unit le Ciel et la Terre.
Le chapitre III aborde la question de la vénération due à l'Eucharistie et explique en quoi doit consister la dévotion eucharistique.
Le chapitre suivant rappelle les rôles liturgiques que doivent tenir les fidèles durant la célébration eucharistique. Tour à tour, l'Auteur montre quel doit être le rôle des laïcs - qu'il faut éviter de cléricaliser -, le rôle de l'évêque diocésain, "intendant des mystères de Dieu dans l'Eglise particulière, ou diocèse, qui lui est confiée", le rôle du prêtre célébrant qui ne peut construire ou inventer chaque semaine une nouvelle façon de célébrer.
Le chapitre V traite de la "participation active" à la liturgie, laquelle ne doit pas être transformée en "activisme" mais doit nous inviter à nous tourner vers l'au-delà, vers le Ciel. Il est rappelé, en passant, que la danse n'a pas sa place en liturgie...
Les chapitres VI et VII traitent tour à tour des changements (légitimes) en liturgie et de la question de l'inculturation. Reprenant les propos de Paul VI et de Jean-Paul II, le Cardinal Arinze souligne combien le Missel romain actuel témoigne d'une foi inchangée et manifeste une tradition ininterrompue et vivante.
Le chapitre VIII rappelle l'importance des normes liturgique et pose la question de la "créativité". L'Auteur insiste sur le fait que la liturgie est un élément constitutif de la tradition vivante de l'Eglise qui, à ce titre, ne peut être manipulé ou modifié par qui que ce soit. "Ce qui est prioritaire à la Messe et dans les autres actes liturgiques, c'est le culte rendu à Dieu. La liturgie n'est pas un lieu pour l'expression personnelle, la libre création et l'étalage de ses propres goûts. [Car] en mettant en avant des comportements individuels, on attire l'attention sur la personne plutôt que sur les mystères du Christ qui sont l'objet de la célébration."
Le chapitre IX souligne combien la liturgie est directement reliée à la mission spécifique de l'Eglise: l'Eucharistie renvoie à la nécessaire évangélisation qui commence au sein de la famille chrétienne et s'étend au-delà.
Les chapitres X et XI abordent la question du rôle essentiel de l'adoration eucharistique et de la place que doit avoir la célébration de la messe au coeur de la vie ecclésiale: l'Eucharistie dominicale en paroisse conserve toute son importance et doit toujours être recherchée en priorité.
Le chapitre XII insiste sur l'importance d'une formation liturgique "convenable" greffée sur une bonne connaissance de l'Ecriture sainte.
Le chapitre XIII, qui conclut l'ouvrage, rappelle le rôle que peut jouer Marie pour nous apprendre à entrer toujours plus profondément dans le mystère eucharistique. C'est une idée chère à Jean-Paul II qui est ici reprise par le Cardinal Arinze.
Voici donc un opuscule dont il faut vivement conseiller l'étude. Il sera d'une grande utilité pour tous les fidèles qui souhaitent des liturgies comme le demande l'Eglise, et qui sont impliqués dans la vie de leurs paroisses: prêtres en premier lieu, mais aussi organistes, maîtres de choeurs, animateurs liturgiques. Tous en tireront le plus grand bénéfice.

Cardinal Francis ARINZE, Célébrer la Sainte Eucharistie; pour un renouveau de la pratique liturgique de l'Eglise, éd. Le Forum, 2006, 150 pages, Prix: 17 euros.


Denis CROUAN: "LA MESSE EN LATIN ET EN GREGORIEN"

Le concile Vatican II n'a jamais interdit ou limité l'usage du latin et du chant grégorien dans la liturgie. La dernière édition du Missel romain rappelle d'ailleurs, en son article 41, qu' "il est nécessaire que les fidèles sachent chanter ensemble, en latin (...) au moins quelques parties de l'Ordinaire de la messe (...)". C'est le minimum demandé.
Aujourd'hui, des signes encourageants conduisent à penser que la Constitution Sacrosanctum Concilium devrait pouvoir enfin être totalement et fidèlement appliquée: les récents documents de la Congrégation pour le Culte divin, ainsi que les enseignements du pape Benoît XVI, vont dans le sens d'un mouvement en faveur de l'expression de la liturgie rénovée qui soit véritablement conforme à l' "ancienne norme des Pères", tant pour ce qui concerne la dignité des actions rituelles que pour ce qui touche à la qualité du chant sacré.
Ce désir d'une "réforme de la réforme" - selon l'expression du Cardinal Ratzinger - est encore accentué par le fait que, lors du dernier synode sur l'Eucharistie, des évêques du monde entier ont souhaité que, pour mieux exprimer l'unité et l'universalité de l'Eglise au cours des rencontres internationales, la messe soit célébrée en latin et accompagnée de chants grégoriens; ils ont en outre demandé "que les prêtres se préparent dès le séminaire à comprendre et à valoriser la messe en latin par l'utilisation de prières latines et du chant grégorien, et à ne pas abandonner la possibilité d'éduquer les fidèles dans ce sens." (Proposition 36).
Le nouvel ouvrage de Denis Crouan va totalement dans le sens de ces orientations, en dépassant les débats stériles qui se sont élevés au cours de l'immédiat après-concile et qui ont divisé ou meurtri bien des fidèles.
Il s'agit maintenant, pour l'Auteur, d'aborder en toute liberté la question du statut liturgique de la langue latine et du chant grégorien, toujours dans une totale fidélité aux enseignements de Vatican II. Voici la préface de l'ouvrage signée du T.R. Père Dom Michel Jorrot, Abbé de Saint-Maurice et Saint-Maur de Clervaux (Gd. Duché de Luxembourg):

"Ce nouvel ouvrage de Denis Crouan ne manquera pas de surprendre. On peut le souhaiter! En effet, il faut savoir gré à l'Auteur d'aborder un sujet qui attend encore une réponse au-delà des positions extrêmes que l'on sait. L'Auteur ne fait pas que les réfuter. Il s'efforce de reprendre la réponse équilibrée qui fut celle du Concile Vatican II. Y a-t-il meilleure approche? Dès les premières pages apparaissent, à grands traits, les phases essentielles du développement de la liturgie en Occident. Sous le double rapport de la langue et du chant (inséparables en grégorien), c'est plus qu'un problème d'actualité qui est abordé: il s'agit de l'analyse d'une situation d'ensemble.
Le latin et le grégorien ont été et sont encore des lieux d'interprétations divergentes sur la signification de la liturgie. N'est-on pas amené avec l'Auteur à reconnaître qu'après le Concile Vatican II, un style de rupture s'est mis en place à l'égard de l'héritage des siècles antérieurs? L'Auteur se demande si l'on n'a pas faussé l'esprit de restauration prôné par l'Eglise.
L'aggiornamento prévu par Jean XXIII avait providentiellement devancé la crise de 1968. Cependant, l'impression reste que ce raz de marée culturel et sociologique s'est durement fait sentir "sur le terrain". Les fidèles ne parvinrent plus à se situer dans la lumière de la grande Tradition catholique. Une créativité sans limites parut érigée en critère d'efficacité pastorale. Or, les indications du Concile étaient aussi audacieuses que sages. Mais - est-ce une constatation pertinente? - des expressions comme celles-ci méritaient plus d'attention: "On ne fera des innovations que si l'utilité de l'Eglise les exige vraiment et certainement, et après s'être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique" (Constitution sur la Liturgie, n°23). Les livres liturgiques publiés par le législateur autorisé ne sont pas en cause. C'est au plan des applications concrètes que l'Auteur relève, non sans regrets, les anomalies. Aussi, l'analyse proposée ici se présente-t-elle comme un bilan objectif. Certes, il fallait permettre aux langues nationales et aux différents genres de musique de prendre place dans la prière officielle de l'Eglise - le Concile de Trente en voyait le bien-fondé mais ne pouvait en admettre l'opportunité - mais le pourquoi d'une abrogation quasi systématique du latin et du chant grégorien surprend encore. Dès lors, "questions et réfutations" n'omettent rien, pour ouvrir la conclusion qui situe, une fois de plus, l'enjeu au niveau le plus haut: quelle conception a-t-on de la liturgie? N'est-elle pas l'expression de la vitalité profonde de l'Eglise dans une unité établie sur le ministère apostolique?
C'est l'amour de l'Eglise qui fait de ce livre militant un appel au respect de l'Opus Dei, don de Dieu."

La Messe en latin et en grégorien, éd. Téqui, 82, rue Bonaparte -F-75006 PARIS (210 pages. Prix: 14,50 euros + frais de port)


Sr. Marie-Emmanuel PIERRE: "CANTABO DOMINO: COURS DE CHANT GREGORIEN"

C'est un magnifique présent que nous fait Soeur Marie Emmanuel Pierre, de l'abbaye Saint-Michel de Kergonan (Morbihan) en publiant "Cantabo Domino - cours de chant grégorien -". En près de 345 pages, la Moniale bénédictine nous introduit avec une facilité peu commune dans les richesses spirituelles et musicologiques du chant grégorien.
Son ouvrage, très accessible, richement illustré de photographies et d'exemples musicaux, se distingue par ses réelles qualités au nombre desquelles:
- la clarté: le langage, précis mais simple, permet d'aborder toutes les notions de base du chant grégorien;
- le sens de la synthèse: le meilleur de ce qui a été découvert et publié sur le chant grégorien est ici présenté avec une clarté peu commune;
- la diversité: la Moniale a pris le parti d'alterner des chapitres consacrés au chant proprement dit avec des chapitres abordant des questions historiques, ou avec d'autres chapitres encore présentant les grandes figures ayant contribué, essentiellement depuis Dom Guéranger, à restaurer de façon vivante le "chant propre de la liturgie romaine";
- la justesse de ton: les différentes approches possibles du grégorien sont présentées, chacune avec ses limites et ses avantages, en montrant elles contribuent à leur manière à donner une vision globale du "fait grégorien".

L'étude de Soeur Marie Emmanuel Pierre est sûrement l'une des meilleures de celles qui ont été publiées ces dernières années. Il faut la conseiller, la faire connaître, la diffuser largement non seulement auprès des musicologues, mais aussi et surtout auprès de ceux qui ont un rôle actif à jouer dans le domaine liturgique.
Ce livre est une référence!

Cantabo Domino, abbaye Saint-Michel de Kergonan, -F-56340 PLOUHARNEL (Prix: 33 euros + frais de port)

Association Pro Liturgia
9c, avenue G. Clemenceau
-F-67560 ROSHEIM
Mél :
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