L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Jeudi, 21 juin 2018. Au Vatican, on s’étonne des propos tenus par le pape François à l’occasion d’une nouvelle interview avec l’agence Reuters.
Le Pape a affirmé, en effet, qu’il n’avait appris l’existence des quatre « Dubia » que lui avaient adressées les cardinaux Raymond Leo Burke, Walter Brandmüller et feu Joachim Meisner et Carlo Caffarra que... par les médias.

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Or, les cardinaux signataires ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils avaient envoyé directement au pape lui-même la lettre dans laquelle ils demandaient des éclaircissements sur les passages controversés d’ « Amoris Laetitia ». Et c’est seulement après deux mois d’attente et aucune réponse obtenue qu’ils ont rendu cette lettre publique.
François prétend maintenant que les cardinaux ont rendu la lettre publique sans l’envoyer directement à lui...
Cette allégation a été immédiatement rejetée par le cardinal Walter Brandmüller dans une déclaration faite site américain « OnePeterFive ». Le cardinal précise que la lettre portant sur les « Dubia » a été directement transmise transmise au pape François par courrier privé en septembre 2016 et, en même temps, envoyée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Le cardinal Müller, qui était alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a confirmé lui-même que la lettre en question avait été bien reçue. Interrogé sur son contenu, il a déclaré que la Congrégation pour la doctrine de la Foi parlait toujours « l’autorité du pape » et ne pouvait, de ce fait, pas participer de son propre chef à la controverse.
Hier, « OnePeterFive » a demandé des précisions sur cette affaire au bureau de presse du Vatican mais n’a pas encore reçu de réponse.

Source : Kathnet

* * * * NOUVEAU Jeudi, 21 juin 2018. Cette année, moins de 70 diacres seront ordonnés prêtres diocésains.
« Un chiffre aussi bas est une chance pour l’Eglise » vont nous répéter, sur l’air de « tout va très bien madame la marquise », certains évêques qui ont déjà trouvé la solution pour pallier au manque de pasteur : “éapiser” totalement les paroisses. C’est-à-dire créer toujours plus d’ « équipes d’animation pastorale », ces sortes d’EHPAD paroissiaux qui dissuadent les jeunes à envisager le sacerdoce.

* * * * NOUVEAU Jeudi, 21 juin 2018. Prenant la parole au cours du « Forum italien des familles » le pape François a rappelé que la famille ne peut se composer que d’un homme et d’une femme. Autrement dit, les couples homosexuels homme-homme ou femme-femme, ne constituent en aucun cas une famille.
Si le pape était conséquent avec lui-même, il devrait sanctionner le Père James Martin ou au moins lui interdire de prendre la parole au cours du « Forum mondial de la famille » qui se tient à Dublin (EI). Le Père Martin, jésuite, est en effet ouvertement favorable aux couples homosexuels.
Or le pape François ne prendra aucune mesure, ne dira rien, ne fera aucun rappel à l’ordre. Pour une simple raison qu’il a explicitée dans son Exhortation « Amoris Latitia » : « (...) Je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. (...) Dans l’Eglise, une unité de doctrine et de praxis est nécessaire mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. »
Donc, les enseignements du Père Martin sont une façon légitime de voir les choses. La conscience individuelle et la sensibilité de chacun devant faire le reste, l’Eglise étant désormais ouverte à tout et à son contraire.
Nous avons là un condensé des erreurs de Guillaume d’Occam, de René Descartes, d’Emmanuel Kant, de Johann Fichte, de Georg-Wilhelm Hegel, de Friedrich Engels et de Karl Marx.
La pensée marxiste athée n’est pas morte : elle subsiste, prête à faire surface, dans l’inconscient de nombreux catholiques, clercs aussi bien que laïcs. Elle est entretenue par les liturgies bricolées, sans cesse réinventées, qui distillent l’idée selon laquelle tout peut être relativisé dans la mesure où, en fonction des contextes, la distinction entre la vérité et l’erreur n'est qu'une affaire de point de vue.
(Cf. Benoît Fléchy,
Naïfs et dupes : l’introduction du marxisme dans les structures de l’Eglise de France, éd. Résiac.)

* * * * Mercredi, 20 juin 2018. Plus le pape cherche à se montrer et à faire parler de lui, moins les fidèles sont invités à regarder le visage du Seigneur et à entendre la voix de l’Eglise. On nous dit : « François à déclaré ceci... François a téléphoné à telle personne... François aime manger cela... François a pris un enfant dans ses bras... » C’est incontestablement intéressant. Au moins pour les médias. Mais qu’est-ce que cette frénésie de « com’ » apporte à l’Eglise ? A notre foi ? La question reste posée.
Nous avons eu, jusqu’à très récemment, des papes qui savaient unir la discrétion à la dignité ; lorsqu’ils se montraient, c’était toujours avec une certaine tenue. Lorsqu’ils parlaient ou écrivaient, c’était toujours pour dispenser des enseignements clairs et réfléchis touchant à la doctrine, à la liturgie, aux sacrements... Il semblerait que ce ne soit plus guère le cas aujourd’hui, avec un pontificat qui donne trop l’impression de faire passer la forme (souvent discutable) avant le fond (assez régulièrement imprécis).

* * * * Mercredi, 20 juin 2018. Seuls 3% des fidèles catholiques vont à la messe le dimanche. Les séminaires sont pratiquement vides. Le nombre de jeunes refusant d’aller au catéchisme et d’être confirmés est en augmentation. Les statistiques sont là, implacables. On nous dit que cette situation n’est pas imputable à nos évêques : ils ont fait ce qu’ils ont pu mais leurs directives n’ont pas été suivies. Vraiment ? Que celui ou celle qui se souvient d’avoir entendu un évêque rappeler les normes liturgiques et avoir ouvertement soutenu ses prêtres qui respectaient le missel romain lève le doigt. Personne ? En fait, les évêques ont été - et sont encore, à deux ou trois exceptions près - les grands responsables de la situation que nous connaissons aujourd’hui et qui vient de ce que les directives qu’ils ont données allaient toutes dans des directions opposées à celle indiquée par l’Eglise, comme le montre le sociologue Guillaume Cuchet dans « Comment notre monde a cessé d’être chrétien » (éd. du seuil, 2018) et comme l’a laissé entendre Mgr Gaidon dans « Un évêque français entre crise et renouveau de l’Eglise » (éd de l’Emmanuel) ou encore l’académicien André Frossard dans « Le parti de Dieu ; lettre ouverte aux évêques » (éd. Fayard). Voici pêle-mêle ce qui fut fait au cours des années 1970-90 (les plus anciens s’en souviennent) avec la bénédiction de nos pasteurs diocésains et qui a aura conduit, sans faire de bruit, à la situation calamiteuse qui se prolonge actuellement :

1. Liturgie :
- retournement des autels et généralisation des « messes face au peuple » ;
messe-cuisine
- suppression des messes en latin (nous parlons ici uniquement de la « forme ordinaire ») et limitation drastique du chant grégorien ;
- suppression de la confession individuelle au profit d’absolutions collectives célébrées les veilles de grandes fêtes (Noël, Pâques, Toussaint) ;
- suppression des agenouilloirs afin que les fidèles ne puissent plus exprimer un sentiment d’adoration ;
- obligation de rester debout pour recevoir la communion et de prendre l’hostie dans les mains ;
- encouragements à chanter « par Lui, avec Lui et en Lui... » avec le célébrant à la fin de la prière eucharistique ;
- suppression du « Je confesse à Dieu » et du rite du lavement des mains à l’offertoire ;
- obligation de truffer la messe de mots d’accueil, de bienvenue et de souhaits de « bon dimanche » ;
- liberté laissée aux célébrants de modifier ou d’ « adapter » tel rite, telle oraison ;
- liberté laissée aux prêtres de ne pas revêtir la chasuble pour célébrer la messe ;
- appel lancé aux fillettes pour servir la messe ;
- systématisation de la distribution de la communion par des laïcs ;
Messe débile

- messes épiscopales célébrées dans des cirques, des aut-tamponneuses, des salles de sport, des salles de spectacles...
- liturgies « revisitées » par des « équipes d’animation pastorale » regroupant des laïcs qui n’ont jamais lu ni les textes conciliaires ni la Présentation Générale du Missel romain.

2. Catéchèse.
- publication de parcours catéchétiques (le plus bel exemple étant « Pierres vivantes ») passant sous silence les connaissances de base de la doctrine catholique ;
- catéchèses paroissiales assurées par des laïcs peu formés et parfois même non-pratiquants ;

3. Séminaires ; formation des candidats au sacerdoce.
- aucune formation liturgique solide ;
- discrédit jeté sur les candidats au sacerdoce qui veulent mettre en application des enseignements du Concile.

4. Clergé.
Evêques débraillés
- obligation faite aux prêtres d’abandonner l’habit ecclésiastique, le costume-cravate de « cadre légèrement supérieur » devenant le signe distinctif des évêques.
- obligation de passer sous silence des documents magistériels tels que le « Directoire pour le ministère et la vie des prêtres », l’ Exhortation « Sacramentum Caritatis », l’Instruction « Redemptionis Sacramentum »...

Nous récoltons aujourd’hui ce qui fut semé hier par nos évêques...

* * * * Mardi, 19 juin 2018. Témoignage d’un fidèle :
« Bien qu’étant organiste, je ne suis attaché à aucune paroisse. Le dimanche, je ne joue nulle part. Ce qui m’évite de devoir accompagner des célébrations sans intérêt du fait que le célébrant s’attache davantage à suivre le programme élaboré par l’équipe liturgique locale que le missel romain. Et puis, restant dans la nef au lieu d’être sur une tribune, il m’est plus facile de quitter les lieux lorsque la célébration devient indigente au point d’être insupportable.
N’ayant pas de service dominical régulier à assurer, il m’arrive assez régulièrement de recevoir des appels téléphoniques : « Nous ne trouvons pas d’organiste pour dimanche prochain ; est-ce que vous accepteriez de nous dépanner ? » Comme je fais partie de cette génération d’organistes qu’on a “gentiment” évincés dans les années 1970-80 au motif que pour attirer les jeunes à l’église il fallait faire des “messes rythmées” au cours desquelles les guitares et les batteries devaient remplacer l’orgue, j’ai parfois envie de répondre : « Vous devriez plutôt faire appel à des membres des anciens groupes de rock qui ont pris la place de nos anciennes chorales. » Je m’abstiens, bien sûr, et je demande plutôt quel “type de messe” il s’agit d’accompagner. Et là, j’obtiens généralement deux sortes de réponses : soit il s’agit d’accompagner une messe “de S. Pie V”, soit il s’agit d’accompagner une messe paroissiale “ordinaire”.
Lorsqu’on me précise qu’il est question d’accompagner une messe “de S. Pie V”, j’accepte. Les choses sont simples : il suffit d’arriver à l’heure à l’église, de monter à la tribune, de se mettre aux claviers de l’orgue, d’ouvrir le “paroissien romain” (le missel) à la bonne page et... d’accompagner la messe. Pas besoin d’aller chercher un programme de chants à la sacristie ; pas besoin de demander au célébrant ce qu’il fera et comment il fera... Tout juste est-il nécessaire de prévoir, avant la messe, une demi-heure de répétition avec les choristes afin d’accorder le chant avec l’accompagnement. Quant à la messe, elle se déroule toujours comme elle doit se dérouler : il n’y a ni mauvaises surprises, ni fantaisies du célébrant.
Lorsqu’on me précise qu’il s’agit d’accompagner une messe paroissiale “ordinaire”, je me risque habituellement à demander : « Qu’est-ce que vous chantez ? Quel est le programme ? » Et là, les réponses varient du tout au tout d’une paroisse à l’autre avec, cependant, un point commun : le grégorien ne subsiste plus, dans le meilleur des cas, que pour le “Credo”.
Récemment, lorsque j’ai demandé à la personne qui me téléphonait quel était le “programme”, il m’a été répondu : « Nous chantons ce qui se chante dans les autres paroisses. » « C’est-à-dire ? » ai-je demandé. Et là, j’ai eu droit au programme concocté par l’équipe liturgique locale : en guise de pièces du Propre, les rengaines habituelles et en guise de l’Ordinaire, des machins en français qui ne respectaient pas les textes officiels et dont les refrains rappelaient l’air de la poule sur un mur qui picotte du pain dur. Bien entendu j’ai répondu à la personne que j’avais au bout du fil que je n’accompagnais pas ce genre de messe parce qu’elle ne respectait pas la liturgie de l’Eglise catholique. J’ai alors senti que ce que je venais de dire là passait à des années-lumières de mon interlocuteur, les explications que je tentais de donner me faisant passer pour un indécrottable “traditionaliste qui refuse les messes conciliaires”. “Traditionaliste” ? J’assume de porter cette étiquette qui fait bien rire les personnes qui me connaissent.
Parfois, lorsque le “programme” de la messe paroissiale “ordinaire” me paraît relativement classique et que je sais que le célébrant n’est pas spécialement un innovateur en liturgie, j’accepte de venir dépanner. Mais même dans ce cas, il faut que je m’attende tout au long de la célébration, à des variations plus ou moins insolites auxquelles je devrai m’adapter : ici, c’est le “Je confesse à Dieu” qui passe à la trappe ; là c’est l’embolisme qui suit le “Notre Père » qui est systématiquement omis ; ailleurs le pain et le vin sont offerts ensemble au moment de l’offertoire... Et presque partout, il faut subir un animateur qui, sans aucune formation musicale, fait traîner une assemblée ne sait plus s’il faut le suivre lui ou s’il faut se caler sur l’orgue. Presque partout le service d’autel d’une liturgie minimaliste est assurée par deux ou trois fillettes obligées de donner des coups de tête pour remettre leur queue de cheval en place. Presque partout, les lectures sont assurées par des dames qui, arrivée à l’ambon, commencent par mettre sur le nez leurs lunettes à verres progressifs... Partout ces mêmes tics, ces mêmes mauvaises habitudes qui donnent aux célébrations paroissiales cette désagréable impression d’être défectueuses sur le plan liturgique.
Mais surtout, ce je vois surtout et c’est ce qui est inquiétant, c’est que les jeunes pour lesquels on organise des messes-spectacles à l’occasion des communions solennelles ou des confirmations ne sont pas là : pas un seul ! Ces messe paroissiales “pauvrettes” font systématiquement le vide autour d’elles.
Telles sont les choses que je constate quand il m’arrive d’accepter d’accompagner à l’orgue une messe dominicale. Service qui, bien souvent, se limite à n’être plus qu’une B.A. dominicale qui, sur le plan, de la foi ne m’apporte vraiment pas grand-chose. »

* * * * Lundi, 18 juin 2018. Dans le n°2019 de l’hebdomadaire « Famille Chrétienne », Mgr Jean-Pierre Battut, évêque de Blois, interrogé par Samuel Pruvot, parle de la liturgie. Lorsqu’on lui demande si les monastères qui initient les jeunes à la liturgie ne proposent pas quelque chose qui est aux antipodes du quotidien vécu dans certaines paroisses, Mgr Battut répond : « J’espère que non! Il faut éviter qu’un abîme se creuse entre ce qui est célébré par les spécialistes de la liturgie - les moines - et l’ensemble du peuple chrétien. Les monastères ne sont pas des conservatoires. Les monastères réussissent leur travail quand les simples fidèles se sentent inclus dans la prière monastique. »
Pour initier les jeunes à la liturgie, Mgr Battut, rejoignant ici le cardinal Sarah et se démarquant de certains groupes tel « Glorious », balise clairement le chemin : « Il faut sortir [les jeunes] de leurs tablettes et de leurs smartphones, les sortir de leur incapacité à vivre le silence... Le silence, c’est la chose la plus dure pour eux, mais aussi la plus fructueuse. Les jeunes sont capables de comprendre que l’important n’est pas de s’ennuyer ou pas à la messe mais d’y aller. Il faut leur faire dépasser le côté affectif qui les mobilise souvent à 99
%. Le plus important, ce n’est pas de donner des explications sur la liturgie, mais de la faire vivre! Combien de fois ai-je vu des jeunes en larmes lors de belles liturgies? Ils pleuraient car ils découvraient une nouveauté transformante, ils faisaient l’expérience de Dieu. » Et plus loin : « Le grand tourbillon des années soixante-dix a passé par-dessus bord le patrimoine [liturgique]. On n’a rien transmis. Résultat? Les jeunes sont aujourd’hui des déshérités à la recherche de leur héritage. Les mêmes iront à une session charismatique à Paray-le-Monial, puis à une messe tridentine et ensuite à un rassemblement de Taizé... Ils butinent. Mais où sont leurs racines? Elles ne sont nulle part! L’urgence, à mes yeux, est d’expliquer aux jeunes qu’ils ont besoin de faire un travail pour apprendre le sens profond de la liturgie. Savoir relier les gestes, les rites et les chants avec toute l’Histoire de l’Église. Toutes les initiatives - comme celles de l’abbaye de Randol - sont utiles pour aider nos jeunes. Car, je le répète, la plupart sont comme des plantes sans racines. Faute de formation, certains pourraient même passer de l’Eglise à autre chose qui les satisferait mieux au niveau affectif... »
Lorsqu’on demande à Mgr Battut pourquoi la liturgie a été l’objet de tant de controverses en France, il répond : « Tout le monde a pris en otage la liturgie parce qu’elle était le signe le plus visible des réformes voulues par le Concile. La liturgie a été choisie par Mgr Lefebvre comme un lieu de combat
: il estimait que la messe de Paul VI n’était pas vraiment catholique. » (Note de la rédaction : ce n’est pas tout à fait exact : Mgr Lefebvre avait signé la Constitution conciliaire devant aboutir à la restauration de la liturgie ; ce qui a fait naître le problème lefebvriste, c’est la façon dont la liturgie restaurée a été partout plus ou moins déformée et truffée d’improvisations avec l’aval des évêques de l’époque. Tout fidèle qui souhaitait simplement mettre en œuvre la liturgie dite « de Paul VI » était déjà soupçonné d’appartenir à la mouvance traditionaliste ou lefebvriste. Benoît VI a là-dessus des pages éclairantes, tout comme Mgr Gaidon dans l’un de ses derniers ouvrages.) Et Mgr Battut de poursuivre : « A l’opposé, la liturgie a été instrumentalisée par des gens qui avaient une perspective complètement horizontale: ils pensaient qu’il fallait inventer de nouveaux rites, faire bavarder les gens, les mettre en carrefours au nom de la convivialité chrétienne!
La liturgie est un lieu symbolique. Le langage rationnel n’est pas premier car la liturgie est un langage amoureux, mais il y a aussi une dimension rationnelle (...) autrement, l’affectivité prévaudrait et tout deviendrait passionnel. Inversement, une approche purement rationnelle (qui voudrait, par exemple, en finir avec les répétitions des mêmes gestes) serait un contresens sur la nature de la liturgie
: encore une fois, la liturgie n’est pas une réunion de conseil d’administration, c’est un dialogue amoureux! »

Suite à cette interview, un membre de notre association « Pro Liturgia » a envoyé à « Famille Chrétienne » le message suivant : « Merci pour cet entretien avec l’un des trop rares évêques français connaissant la liturgie (dont ils sont pourtant les garants). Nombreux sont aujourd’hui les fidèles n’ayant même plus conscience du lieu où ils se rendent pour la messe. Qui, conscient de la Présence réelle, effectue encore une génuflexion devant le tabernacle (il est vrai souvent caché dans quelque obscure chapelle latérale) ? Nos églises sont transformées en hall de gare : discussions à voix haute, panneaux de dessins et collages d’école maternelle, mises en scène se voulant ludiques (comme l’appel des enfants à venir entourer le célébrant à l’autel au moment du Notre Père…), chansons chrétiennes en guise de chant liturgique, geste de paix (pourtant facultatif) auquel on substitue une véritable séquence de foire mondaine à des années lumières de la façon dont l’échangent nos frères d’Orient. Et que dire de la tenue des célébrants et autres « animateurs », ou encore, par endroit, des fidèles qui, transis par des chants plus évangélistes que véritablement liturgiques, se trémoussent, battent des mains, essuient une vitrine ou le plafond ? Oui, la messe est devenue un show ! Quelle tristesse ! Où est le Seigneur Dieu dans tout ce fatras ? On a chassé le sacré de nos églises ! Quelle coupable négligence ! La liturgie est d’abord prière ! Et puisque le nouveau est fécondé par l’ancien, il n’y a pas que dans la forme extraordinaire que tout le monde devrait être tourné vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité ; la messe selon l’ordo de 1969 devrait aussi être célébrée ad orientem, comme cela est prévu. La tradition n'est pas la propriété de certaines chapelles, c'est un trésor pour toute l'Eglise ! Prêtres, religieux et fidèles, tous, jeunes et plus âgés, nous devons apprendre le sens profond de la liturgie que nos frères orthodoxes et catholiques d’Orient, eux, ont su conserver. »

* * * * Lundi, 18 juin 2018. Sur l'excellent site "Liturgie romaine" on trouve un "plaidoyer pour une bonne formation liturgique" :

« On peut dire, sans exagération, que la Messe restaurée à la suite du Concile Vatican II est un trésor méconnu. Les conséquences de cette méconnaissance sont tragiques pour l’ensemble de l’Eglise. A la base, il y a de grandes lacunes dans la formation liturgique chez un grand nombre de prêtres qui ont “appris sur le tas” à célébrer selon le missel de Paul VI. Dans le climat des années soixante et soixante-dix, tout semblait permis et la créativité liturgique était sans limite. En effet, tout à coup, une génération d’ecclésiastiques formée dans la stricte observance des rubriques du missel romain s’est lancé à corps perdu dans un tourbillon de folie… en rejetant plus ou moins consciemment celles du rite rénové. Presque du jour au lendemain, sans formation approfondie, chacun “appliquait” la réforme… et chaque paroisse semblait naviguer au gré des caprices (et rarement de la prudence !) de son curé. Les résultats sont connus… et des réflexions dans le style : “On nous change la religion” ne peuvent se justifier que dans ce contexte.
Or, pour bien mettre en oeuvre une réforme, il faut tout d’abord la comprendre. Sans cette étape capitale, celle-ci ne peut qu’être instrumentalisée par des groupes de pression. Sans détours, et avec une cinquantaine d’années de recul, il est permis de poser la question qui fâche : “Parmi les prêtres qui célèbrent chaque jour selon le missel de Paul VI, qui en a lu la présentation générale, les rubriques et le Pontifical ?” En fait, la plupart (pas tous, heureusement !) ont “appliqué” la réforme, mais sans prendre la peine d’en lire le mode d’emploi !
Cette situation a engendré des conséquences dont il semble impossible d’en mesurer les impacts.
La désaffection des fidèles, désorientés par des changements arbitraires et souvent à un rythme effréné. Dans certaines paroisses, chaque dimanche apportait son lot de “nouveautés” soit-disant justifiées par le concile que personne n’avait lu.
La prise de pouvoir des structures paroissiales par des équipes liturgiques façonnant des célébrations “sur mesure” dans le déni absolu des prescriptions romaines.
La naissance et le développement des mouvements “traditionalistes” en réaction à la situation liturgique catastrophique d’une grand nombre de paroisses. Dans ces groupuscules qui continuent à se développer de nos jours, le discours simpliste est toujours le même : “S’il y a des abus, c’est que la réforme est mauvaise. Pour lutter contre ceux-ci, il faut revenir à la situation précédente.” Ce raisonnement nie le fait que des abus existaient bien avant la réforme conciliaire et que si celle-ci avait été bien mise en oeuvre, il n’y aurait pas l’éclatement liturgique que nous vivons aujourd’hui. En effet, ces mouvements “tradis” vivent dans le déni du missel restauré à la suite du Concile Vatican II, ce qui engendre inévitablement une Eglise à deux vitesses et une concurrence entre les rites que désormais, chaque fidèles peut choisir à la carte, selon ses préférences.
Heureusement, certains jeunes prêtres ont conscience de cette situation et oeuvrent en faveur du missel de Paul VI. Pour cela, ils doivent lutter contre les pressions, tant des membres des “équipes liturgiques” en place que des militants de l’ancien rite. En effet, pour bien appliquer la réforme conciliaire, il est nécessaire de fermer les yeux sur “ce qui se fait plus ou moins partout” pour se concentrer sur ce qu’il faut faire. Il ne suffit pas hélas de reproduire ce que l’on voit, mais de confronter la pratique avec les rubriques en vigueur. Dans ce domaine, on peut légitimement s’interroger sur la formation liturgique des futurs prêtres. La plupart n’ont jamais (ou peu) participé à des célébrations conformes [à ce qu'est la liturgie de l'Eglise] et leurs connaissances du missel risquent d’être essentiellement théoriques. Et à force de voir du bricolage, on s’y habitue, on le légitime et malheureusement on le reproduit. C’est sans doute ce qui explique les carences liturgiques de certains jeunes prêtres… qui ont baigné dans des célébrations aux noms si évocateurs : “caté-messe”, “la messe qui prend son temps”, “messe des familles”… fleurons d’une pastorale vide qui n’engendre que du vide.
Ces quelques lignes sont une invitation pressante à entrer dans l’intelligence de la réforme liturgique. Son visage est enlaidi par ceux qui l’ont instrumentalisée, soit dans une fuite en avant, soit dans un repli nostalgique militant pour l’usage de l’ancien rite. Avec courage, il faut oser dire que ces deux options constituent un véritable cancer pour l’Eglise. Le seul remède est une formation liturgique et historique solide, fortement ancrée dans le respect de la Tradition vivante de l’Eglise. »

* * * * Samedi, 16 juin 2018. Arrivé sur le Siège de Pierre, Jorge Bergoglio n’avait, semble-t-il, qu’un objectif : se fabriquer une Eglise à sa mesure. C’est-à-dire avec un minimum de contraintes et un maximum d’ouvertures dans toutes les directions. Pour arriver à sa fin, il lui fallait jouer sur deux tableaux : afficher une rupture douce mais certaine d’avec les pontificats précédents et afficher l’image d’un pasteur jovial passant son temps à fustiger ceux qui, par prudence ou par clairvoyance, ne voulaient pas lui emboîter le pas.
Pendant un temps, certains ont pensé que c’est de cette façon que François allait « réformer » l’Eglise pour en faire une communauté perméable à tout ce qui permettrait de mettre de côté la doctrine de la foi chrétienne.
Sûr de son affaire, François n’a pas voulu écouter ceux qui lui disaient d’être attentif à l’unité de l’Eglise ; il n’a pas voulu voir dans quel désarroi certaines de ses déclarations à l’emporte-pièce plongeaient les fidèles ; il n’a pas voulu admettre que dire une chose et en faire une autre était le meilleur moyen pour semer la confusion dans les esprits et, in fine, par faire fuir les baptisés les plus circonspects.
François souhaitait mettre le bazar dans l’Eglise en pensant que du chaos pourrait naître une clarté nouvelle et un équilibre nouveau. D’une certaine façon, le bazar, il a réussi : « Il y a une guerre civile dans l’Eglise » a récemment écrit le vaticaniste Marco Politi dans le journal Allemand « Die Zeit ». Aux yeux de ce journaliste fin connaisseur des coulisses du Vatican, François aura réussi à se mettre « dans une situation difficile ». On pourrait même avancer qu’il s’est mis lui-même - par orgueil et/ou par imprudence - dans une situation qu’il ne contrôle plus.
La « guerre civile » à laquelle fait allusion Marco Politi n’oppose par tant les « progressistes » aux « conservateurs », pour reprendre le vocabulaire habituel. Elle oppose plutôt les représentants de l’Eglise universelle - autrement dit catholique - laquelle a été bâtie sur la clarté des enseignements du Christ aux affiliés à l’Eglise bergoglienne dont les contours sont de plus en plus brumeux et la doctrine de la foi de plus en plus énigmatique.
On en arrive au point que même au Vatican, certains ne cachent plus leur peur d’un schisme dont il faudrait bien reconnaître qu’il serait le résultat d’une vision de l’Eglise propre au pape argentin.
A côté de cette Eglise ballotée se trouve, pour nous, un autre problème : celui des évêques de France occupés à entretenir des structures diocésaines vides et stériles, et toujours attentifs à ce que partout soient célébrées des messes dont les formes, tantôt clownesques tantôt pitoyables, mais presque toujours aberrantes, n’ont plus le moindre rapport avec la foi qu’elles prétendent exprimer.
Jésus avait averti que « tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et une maison s'écroule sur une autre » (Lc 11, 17). Nos pasteurs se rendent-ils compte qu’une telle dévastation, dont on peut tout de même difficilement croire qu'ils la souhaitent, atteint déjà des pans entiers de l'Eglise ?

* * * * Vendredi, 15 juin 2018. Le 21 juin, le pape François célèbrera une messe au Palexpo de Genève (CH). Le Service diocésain de la communication fait savoir que :
- seules pourront accéder à la messe les personnes en possession d’un billet ;
- la messe commencera à 17h30 mais mieux vaut venir tôt pour bénéficier des meilleures places (les portes ouvrent à 10h00 et ferment à 16h30) ;
- la messe se déroulera uniquement à l’intérieur de Palexpo (sic) ;
- pour aider à assumer les coûts de cette célébration, on peut faire un don.

Question : en dehors de François, le Bon Dieu sera-t-il présent à cette liturgie-spectacle ?

* * * * Vendredi, 15 juin 2018. Hommage à Johnny Hallyday : une messe sur les airs de ses grands succès.
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Pour le 75e anniversaire de la naissance du rocker, Bruno Horaist, curé de l’église de la Madeleine de Paris, veut que les paroles liturgiques soient chantées sur la musique du rocker.
Décidément, le catholicisme semble être la seule religion tombée entre les mains de responsables prêts à tout désacraliser pour attirer occasionnellement le chaland qui n'en à rien à f... des enseignements de l'Eglise.

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