L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Samedi, 29 avril 2017. D’un fidèle : « Après avoir consciencieusement autorisé - et même encouragé - le sabotage de la liturgie, après avoir totalement “zappé” les enseignements de Vatican II puis ceux de S. Jean-Paul II et de Benoît XVI sur la question liturgique et sur l’ “ars celebrandi”, voici que nos évêques se flattent d’ouvrir des chapelles dévolues à la forme extraordinaire du rite romain. Tout en continuant le massacre de la forme ordinaire. Nos diocèses seraient-ils entre les mains de tartuffes ? »

* * * * NOUVEAU Samedi, 29 avril 2017. « Nous édifions une forteresse de prière et de charité pour permettre à nos frères harassés par les luttes du siècle de faire halte au pied du Seigneur ; la beauté des offices liturgiques leur servira de norme dans le si difficile art de prier et fera sur l’âme de nos visiteurs l’effet d’une oasis rafraîchissante. Ils trouveront là des hommes d’oraison, adonnés à une vie calme, paisible, paysanne, rythmée par la liturgie et les travaux des champs. Rien n’est trop grand pour les œuvres accomplies au service de la majesté divine. La cathédrale est gothique, l’abbatiale est romane, a-t-on dit. Il y a du vrai, l’esprit roman s’accorde avec la paix bénédictine. Trois caractères me semblent attachés au roman : solidité, pureté et plénitude, j’ajouterai : respect du mystère. C’est le cadre que nous avons choisi pour célébrer en latin et en grégorien, la plus belle liturgie du monde. La soif de n’être rien pour que Dieu soit tout. »

Dom Gérard, “La vocation monastique”, abbaye du Barroux.

* * * * NOUVEAU Samedi, 29 avril 2017. Dans l’Eglise de l’après-Vatican II, les célébrations eucharistiques sont limitées à n’être plus que le relais de mouvements et de groupes paroissiaux abusivement qualifiés de “peuple de Dieu” et composés de fidèles qui, en plus de ne rien connaître à la liturgie, ont une foi de moins en moins catholiques et de plus en plus assujettie au relativisme ambiant.

* * * * Vendredi, 28 avril 2017.
Au moment où François se préparait à partir pour l’Egypte afin de promouvoir le dialogue avec cette religion de paix qu’est l’Islam, le Pape émérite Benoît XVI adressait aux élus de Pologne un bref courrier dans lequel il rappelait le danger que faisaient courir les mouvements islamistes dans lesquels la raison cède la place à la violence.
Une petite piqûre de rappel du discours de Ratisbonne de 2006 en quelque sorte :
« (...) j’ai lu la partie, publiée par le professeur Théodore Khoury (de Münster), du dialogue sur le christianisme et l'islam et sur leur vérité respective, que le savant empereur byzantin Manuel II Paléologue mena avec un érudit perse, sans doute en 1391 durant ses quartiers d’hiver à Ankara. L'empereur transcrit probablement ce dialogue pendant le siège de Constantinople entre 1394 et 1402. Cela explique que ses propres réflexions sont rendues de manière plus détaillée que celles de son interlocuteur persan. Le dialogue embrasse tout le domaine de la structure de la foi couvert par la Bible et le Coran ; il s’intéresse en particulier à l’image de Dieu et de l’homme, mais revient nécessairement sans cesse sur le rapport de ce qu'on appelait les “trois Lois” ou les “trois ordres de vie” : Ancien Testament - Nouveau Testament - Coran. Je ne voudrais pas en faire ici l’objet de cette conférence, mais relever seulement un point - au demeurant marginal dans l’ensemble du dialogue - qui m’a fasciné par rapport au thème “foi et raison”, et qui servira de point de départ de mes réflexions sur ce sujet.
Dans le septième entretien (διάλεξις - controverse) publié par le professeur Khoury, l’empereur en vient à parler du thème du djihad, de la guerre sainte. L’empereur savait certainement que, dans la sourate 2,256, on lit : “pas de contrainte en matière de foi” - c’est probablement l’une des plus anciennes sourates de la période initiale qui, nous dit une partie des spécialistes, remonte au temps où Mahomet lui-même était encore privé de pouvoir et menacé. Mais, naturellement, l’empereur connaissait aussi les dispositions - d’origine plus tardive - sur la guerre sainte, retenues par le Coran.
Sans entrer dans des détails comme le traitement différent des “détenteurs d’Ecritures” et des “infidèles”, il s’adresse à son interlocuteur d’une manière étonnamment abrupte - abrupte au point d’être pour nous inacceptable -, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : “Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l’inhumain comme ceci, qu’il a prescrit de répandre par l’épée la foi qu’il prêchait”. Après s’être prononcé de manière si peu amène, l’empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l’âme. “Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘σύν λόγω’) est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l’âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace... Pour convaincre une âme douée de raison, on n’a pas besoin de son bras, ni d’objets pour frapper, ni d’aucun autre moyen qui menace quelqu’un de mort...”
L’affirmation décisive de cette argumentation contre la conversion par la force dit : “Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu”. L’éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet : “Pour l’empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable”. »

* * * * Vendredi, 28 avril 2017. Le pape François est en Egypte. Un pays qu’il ne connaît pas bien si l’on en croit ses discours analysés par le P. Samir Khalil Samir, un jésuite qui enseigne à l’Institut Pontifical Oriental de Rome et à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

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Voici ce que déclare le P. Samir au sujet de l’université Al-Azhar qui est souvent portée aux nues :
« Avant tout, elle n’a rien d’une université au sens occidental du terme puisque son rôle est de former des imams. C’est en quelque sorte une grande faculté de théologie islamique. L’aspect le plus problématique et le plus grave c’est qu’au cours du temps, le contenu de l’enseignement n’a pas changé : les livres sont toujours les manuels d’il y a sept cent ans. »
Et au sujet de la violence dans le Coran et de la nature musulmane de Daesh :
« Tout ce que fait l’Etat Islamique se trouve dans le Coran ou la Sunna, c’est-à-dire le recueil des faits et gestes de la vie de Mahomet. Je vous donne un exemple. Quand Daesh a capturé un pilote jordanien, il l’a enfermé dans une cage et l’a brûlé vif. Al-Azhar a réagi en affirmant que cet acte n’était pas islamique parce qu’il y a une citation de Mahomet qui affirme que le châtiment par le feu est réservé à Allah. Malheureusement, il y a aussi une autre citation, du même Mahomet : “On s’approcha de lui avec deux hommes surpris en train d’entretenir une relation sexuelle entre eux. Et il dit : ‘Brûlez-les et jetez leurs corps dans le désert’.” Cette diversité de citations possibles et contradictoires entre elles est une tragédie pour l’islam. »
Enfin, à propos des intentions de François et de sa connaissance de l’islam :
« Son but est de tout faire pour se réconcilier publiquement avec le monde musulman. Pour lui, toutes les religions sont des religions de paix (voir ci-dessous l’article sur le rôle du théâtre dans la formation dispensée par les jésuites - n.d.l.r. -) et toutes les religions ont leurs fondamentalistes. On peut également le déduire de certaines de ses déclarations à l’emporte-pièce. Comme cette fois où, au retour d’un voyage apostolique en Pologne, il avait mis sur le même plan la violence des fondamentalistes musulmans avec celle de ceux qui, en Italie, pays catholique, tuent leur fiancée ou leur belle-mère. Le fait est que le pape n’a connu l’islam qu’à travers un brave imam de Buenos Aires... »
Un autre point sur lequel le P. Samir insiste, c’est l’islamisation croissante, selon les canons imposés par l’Arabie Saoudite, non pas dans des franges extrémistes mais au sein de la population égyptienne dans son ensemble. Les données recueillies il y a deux ans par le Pew Research Center de Washington le confirme :
- 75% de la population égyptienne considère que la charia - c’est-à-dire la loi tirée du Coran et de la sunna - est la parole de Dieu révélée.
- 74% souhaitent que la charia devienne la loi de l’Etat.
- 75% voudraient que la charia s’applique non seulement aux musulmans mais également aux non-musulmans.
- 95% voudraient que les conflits en matière de famille et de propriété soient tranchés par des juges religieux.
- 70% sont en faveur de châtiments corporels pour punir des crimes comme le vol.
- 81% sont en faveur de la lapidation de celui qui se rend coupable d’adultère.
- 86% sont favorables à la peine de mort pour ceux qui abandonnent l’islam.

Source :
Sandro Magister/Dakonos.

* * * * Vendredi, 28 avril 2017. La liturgie authentique est celle qui remplit les âmes et les cœurs d’une sérénité et d’une joie intérieures qui se lisent sur les visages et se reflètent dans les attitudes des prêtres : ils accomplissent les rites d’une façon naturelle, sans affectation, d’une façon aisée mais sans la moindre désinvolture.
La célébration devient alors apaisante, relaxante même. Elle devient l’agent d’un bien-être total et d’un silence tant intérieur qu’extérieur qu’on souhaite pouvoir prolonger après la célébration. C’est la liturgie des bénédictins de Solesmes, de Flavigny et de quelques rares heureuses paroisses. C’est la liturgie qui recrée l’unité de l’être et le centre sur l’Essentiel.
Les fausses liturgies, elles, ne remplissent rien. Elles encombrent l’esprit d’un magma de pensées parasites et décousues qui se reflètent dans les attitudes des prêtres : ils accomplissent les rites d’une façon heurtée, décousue, et avec une affectation factice mélangée à une désinvolture faussement naturelle. La célébration devient stressante, crispante, fatigante, source d’un malaise et d’une agitation extérieure qui traduit un tumulte intérieur auquel on espère pouvoir échapper durant tout le temps que dure la célébration. C'est la liturgie de nombres de cathédrales, de paroisses et de groupes qui adaptent la prière de l'Eglise à leurs seuls goûts. C’est la liturgie qui déstructure l’être en le forçant à se disperser dans de petites occupations sans intérêt. C’est cette liturgie-là qui aliène suffisamment les fidèles pour aller même jusqu'à leur interdire de se rendre compte qu'ils sont aliénés au point d’accepter même l'inacceptable...
Surtout l'inacceptable!

* * * * Vendredi, 28 avril 2017. « En tant qu’organiste, je connais de nombreuses paroisses. Lorsque je suis appelé pour accompagner une messe du dimanche, la première chose que je dois faire, c’est demander à un responsable de l’équipe liturgique locale le programme de la célébration. Je demande qu’on m’explique pourquoi on a choisi tel chant, pourquoi on a changé telles paroles... Et je constate alors que, quelle que soit la paroisse, les membres des équipes liturgiques ignorent tout... de la liturgie. Je n’ai jamais trouvé une seule personne qui ait lu - je ne dis même pas étudié mais simplement lu - la Constitution sur la Liturgie de Vatican II et l’Introduction Générale du Missel Romain. J’en arrive donc à cette conclusion : si la liturgie est dans un tel état de délabrement avancé dans nos paroisses, c’est parce que partout on fait appel à des fidèles totalement ignorant pour s’en occuper. »

* * * * Jeudi, 27 avril 2017. Peu de gens savent que la méthode pédagogique des jésuites obéit à ce qu’on appelle une “Ratio studiorum” qui structure les enseignements et leur progression.
Or, parmi les moyens pédagogiques de ce cette “Ratio”, le théâtre occupe une place de choix.
Cependant, les premiers à avoir donné de l’importance au théâtre n’ont pas été les jésuites mais les protestants. Pour ces derniers, le théâtre permettait un retour aux sources des Anciens. Les jésuites ne font que changer la finalité de l’exercice, lequel doit, grâce à la comédie surtout, pousser l’individu à prendre conscience de la théâtralité du monde afin de pouvoir s’y positionner et le voir toujours d’une façon dans laquelle le progrès ne peut être que positif. Parmi les exercices mis en place par les jésuites pour maîtriser l’art de la scène, la gestuelle tient une grande place ; elle passe même avant le sens des mots.
Mises en scène, jugement positif de tout ce qui est nouveau et passe pour un progrès, gestuelle symbolique passant avant le sens du discours et des mots...
La pensée “jésuitique” n’est-elle pas en train de faire entrer l’Eglise dans une sorte de “post-catholicisme” où tout ce qui se rapporte à la foi ne sera plus que de l'ordre du
festif obligatoire, du spectaculaire équivoque, du superficiel, des poignées de mains, des selfies, de l'activisme sans but et du tout relatif ?

* * * * Jeudi, 27 avril 2017. Message d’un internaute :
« L’Institut des Côtes (près du Noimont, dans le Jura suisse) a été longtemps tenu par les Pères du Saint-Sacrement fondés par Pierre-Julien Eymard (1811-1868). Depuis 2011, il abrite une communauté de Sœurs adoratrices du Christ-Roi. Un opuscule est en préparation pour évoquer l’histoire de cet établissement. En voici un extrait touchant à Saint Pierre-Julien Eymard et à l’Eucharistie :
« En 1984, on pouvait lire dans un fascicule paru à l’occasion du cinquantième anniversaire du Bulletin des Côtes : le Père Eymard, fondateur de la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement, écrirait certainement aujourd’hui la même règle de vie que ses religieux viennent de transcrire à la lumière du Concile de Vatican II et de l’ “éclatement” de l’Eucharistie, qui ne devient plus seulement prière ou célébration, mais qui engage tout chrétien dans la lutte pour la justice et la vérité. Je me dis que le Père Eymard aurait jubilé de pouvoir vivre l’Eglise et l’Eucharistie comme nous les vivons actuellement. »
Est-ce bien certain ? En fait, si Saint Pierre-Julien Eymard revenait, il trouverait sa congrégation sur le déclin. Il serait accablé de savoir ce sacrement eucharistique qu’il chérissait tant réduit à un “vivre ensemble” conceptuel, dénué de toute projection surnaturelle. Il pleurerait amèrement sur cette “ONG catholique romaine” désacralisée, dénaturée, que la quête de Dieu n’anime plus, que l’accès aux Saint Mystères ne passionne plus.
Car, en effet, le Père Eymard est intimement lié au renouveau catholique de son temps. Ne fonde-t-il pas la Congrégation des Pères du Saint-Sacrement en 1856, quelques mois après la proclamation par Pie IX du dogme de l’Immaculée conception et peu avant la première apparition de Lourdes ? Le curé d’Ars et Dom Bosco n’illuminent-ils pas alors le catholicisme de leur présence angélique ?
Lorsqu’il meurt en 1868, âgé d’à peine 57 ans, Saint Pierre-Julien est un homme affaibli par la maladie et les contrariétés liées à la création de son ordre religieux. La précarité pécuniaire de ses premières communautés lui pèse. Les circonstances qui l’ont propulsé à la tête de sa congrégation l’empêchent de se consacrer à la contemplation mystique. Esprit inquiet, le Père Eymard partage avec Jean-Marie Vianney une crainte de Dieu formatée à l’aune d’un jansénisme encore bien présent.
Actuellement, une bonne et belle pâte chrétienne de la trempe du Père Eymard ne pourrait qu’être blessée par le relativisme théologique, le nivellement sacramentel et le renoncement au surnaturel.
La reprise en main des Côtes par les Sœurs adoratrices correspond sans aucun doute aux aspirations de Saint Pierre-Julien. Car si l’Eglise catholique a un avenir, il est obligatoirement du côté de la revalorisation de l’Eucharistie, processus spirituel et quantique - fondamental - qui met le croyant en synchronie avec Dieu. »


* * * * Mercredi, 26 avril 2017. La dégringolade de la liturgie et son remplacement par des cérémonies grotesques “pastoralement correctes” s’observe un peu partout, en même temps que se perd le sens de l’Eucharistie chez les plus jeunes. Nous avions décrit ce qui se passe ici où là lors des “premières communions” (qui sont souvent les dernières) : des jeunes habillés de façon tartignole pour que ça colle avec les tenues grotesques de leurs parents venus découvrir à quoi ressemble l’intérieur d’une église, les laïques engagées trop contentes de se donner en spectacle dans une église remplie (pour une fois !), des célébrants déphasés qui ignorent tout de la “lex orandi”...
Aujourd’hui, un fidèle catholique nous écrit : « Votre texte du 23/04/2017, au sujet des premières communions, est l’expression on ne peut plus exacte de ce qui se passe dans l’immense majorité des paroisses en France. Bien qu’habitant dans un diocèse plutôt gâté sur le plan religieux, nous avons décidé de dispenser nous-mêmes le catéchisme à nos enfants (les parents, premiers éducateurs de leurs enfants !) et de leur faire faire leur première Communion dans la paroisse d’un autre diocèse pour nous éviter la “douleur” - et j’insiste sur ce terme - de voir nos enfants embarqués dans ce type de célébration insupportable pour tout croyant un tant soit peu instruit de la foi catholique.
Nous sommes ainsi assurés de la cohérence entre ce qui sera célébré ce jour-là et le contenu de l’éducation religieuse que nous transmettons toute l’année à nos enfants à l’aide d’un très bon ouvrage soigneusement choisi. De plus, vis-à-vis des personnes que nous avons invitées, nous n’aurons pas honte de la façon dont sera célébrée la foi catholique lors de cette messe. Nous regrettons sincèrement de devoir faire ce choix mais, en conscience, nous ne pouvons pas nous en remettre aveuglément à des “laïcs zengagés” totalement ignorants de la liturgie catholique et qui saboteraient à coup sûr ce si grand jour. »
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Mais il y a mieux (pour les fidèles progressistes) et pire pour les fidèles souhaitant demeurer catholiques : sur le site internet du diocèse d’Essen (D), la première Communion est illustrée par des “emoji” symbolisant des enfants rassemblés autour d’une brioche pour toasts représentant le pain eucharistique...
Aux fidèles qui ont fait part de leur indignation, les responsables du diocèse allemand ont répondu que lors de la dernière Cène, Jésus n’avait sûrement pas utilisé d’hosties.
Question : comment demeurer dans la foi des Apôtres quand on a affaire à un clergé qui ne reste dans l’Eglise que pour la démolir de l’intérieur ?

* * * * Mercredi, 26 avril 2017. Ça dure depuis Vatican II et c’est usé jusqu’à la trame. C’est de la “pastorale liturgique” dont il est question.
C’est le grand désespoir des évêques qui continuent à croire à cette pastorale qui n’a jamais produit que des célébrations qui n’attirent plus personne. On essaie bien de rassembler du monde, lors des synodes diocésains ou des visites pastorales, en supprimant toutes les messes d’un secteur et en invitant les fidèles à venir à l’unique célébration eucharistique transformée en mise en scène. Rien n’y fait : ces happenings où le vide causé par l’absence réelle de Dieu est artificiellement comblé par la surprésence des “laïcs engagés” à la solde d’un clergé déphasé n’attirent plus personne. Surtout pas les jeunes qui voient bien que la “bonne volonté” des activistes paroissiaux ne répond pas aux attentes spirituelles du Peuple de Dieu.
Les jeunes ? Quand ils veulent quelque chose, ils vont le chercher dans les milieux “tradis” (au sens large du terme), comme l’avait fait remarquer François qui s’était empressé d’ajouter qu’il ne comprenait pas pourquoi.
Il est vrai que celui qui veut du solide sur le plan de la foi n’imagine pas pouvoir le trouver dans nos messes paroissiales où suinte le sentiment d’ennui de tous ces fidèles devenus des habitués de célébrations atones pour paroisses moribondes.
Partout se confirme l’ampleur du fossé séparant les fidèles de ceux qui entretiennent vaille que vaille la vieille pastorale liturgique qui fut stérile dès ses débuts. Partout émergent de nouvelles attentes qui rendent définitivement obsolètes les promesses de célébrations participatives et conviviales pour “peuple en fête” et “Eglise en marche”.
Dans un contexte aussi alarmant, il n’y a plus guère que les évêques qui - comme le faisait remarquer le Cardinal Sarah - osent chanter : “Tout va très bien, madame la marquise”.

* * * * Mercredi, 26 avril 2017. Le 18 avril dernier, le Cardinal Sarah a déclaré : « L’Eglise se trompe lourdement au sujet de la nature de la crise si elle pense que sa mission est de proposer des solutions aux problèmes politiques touchant à la justice, à la paix, à la pauvreté, aux migrants, etc. tout en négligeant l’évangélisation. »
Le Cardinal a ainsi voulu rappeler que la mission principale et essentielle de l’Eglise est de soigner et de diriger les âmes grâce à une vie sacramentaire, en vue de l’accès au Royaume qui n’est pas de ce monde. D’où l’importance capitale de la liturgie.

* * * * Mercredi, 26 avril 2017. Il n’est qu’à suivre une messe dominicale dans une paroisse quelconque pour constater que les fidèles qui pratiquent encore sont désormais familiarisés avec le grand n’importe quoi liturgique. Les célébrations bancales leur conviennent parfaitement : pas plus que leurs prêtres ils ne comprennent le sens de la liturgie : lorsqu’ils ressortent d’une messe de première communion, la première réflexion qui leur vient à l’esprit est : “C’était beau”. Traduisez : ça m’a plu. Peu importe que la liturgie de l’Eglise ait été bradée. Lorsqu’il reviennent d’un enterrement, la première réflexion est : “Il y avait du monde”, ou bien “la chorale a bien chanté”. Peu importe que la messe des défunts ait été remplacée par les simagrées de l’équipe liturgique locale. Et si on leur supprime la messe paroissiale, ils regarderont la messe télévisée - qui, généralement, ne vaut pas tripette sur le plan liturgique - en épluchant les pommes de terre.
Les pratiquants n’ont plus conscience des conséquences du krach liturgique résultant de ce qu’ils acceptent de participer aux célébrations abêtissantes qu’on leur sert en guise de messe.

* * * * Mercredi, 26 avril 2017. Dans l’Eglise telle qu’elle est voulue par l’actuel pontificat, il y a “le centre” et il y a ”les périphéries”.
Le centre est l’endroit d’où l’on peut affirmer la doctrine. Les périphéries sont les endroits où l’on doit discuter des différentes façons d’adapter la doctrine.
Problème : entre le centre et les périphéries les tensions sont de plus en plus fortes. Et qui dit tensions dit schisme en préparation.

* * * * Mercredi, 26 avril 2017. D’un fidèle : « Dans l’ouvrage qu’il a écrit peu avant son décès Mgr Gaidon a clairement fait comprendre que durant les années post-soixante-huitardes, on a permis à des gens déséquilibrés d’accéder au sacerdoce et, en même temps, on a interdit aux gens équilibrés de devenir prêtres.
Résultat : avec un clergé uniquement “gentillet” (et encore, à la condition qu’on ne le contredise pas !) l’Eglise catholique, au moins dans nos régions, est devenue le lieu de rencontre de toutes les personnes qui, à la place d’un cerveau, ont une éponge qui absorbe tout ce qui est débile. »

* * * * Mardi, 25 avril 2017. Quand on contemple ces scènes présentant ces célébrations décousues, sans âme, toutes bâties sur la superficialité, l’artificialité, les bons sentiments niais, comme ici dans le diocèse de Strasbourg, lorsqu'on voit ces célébrations qu’on ose encore appelle “messe”, lorsqu’on regarde ces images d’églises vides (car il s’agit d’une messe pour plusieurs paroisses), de communautés paroissiales à l’agonie pour avoir renié jusqu’aux fondements mêmes de la vie religieuse, on se dit qu’on est réellement en train d’assister à l’agonie du catholicisme dans nos régions. Cliquer ici et regarder jusqu'au bout pour mesurer l'immensité du vide que les prêtres font dans les âmes...
Certains disent que ces “laïcs en responsabilité” et ces clercs ayant perdu le plus élémentaire bon sens chrétien démolissent la liturgie. En réalité il s’agit d’une erreur d’analyse : il est en effet parfaitement faux d’affirmer que ces aimables vieillards soient capables d’agir en quoi que ce soit ; tous ces pauvres pratiquants ne démolissent plus rien du tout : ils ne sont que des symptômes parfaitement passifs. Oui, des symptômes d’un profond épuisement spirituel qui fait qu’ils se sentent à l’aise dans des liturgies déjà démolies de l'intérieur, dans une civilisation complètement à bout de souffle et arrivée au dernier stade de sa dégénérescence.

* * * * Lundi, 24 avril 2017. Ce qui reste de la liturgie catholique dans l’une de nos plus belles cathédrales : Notre-Dame de Paris. Cliquer ici.
Des célébrations glaciales, fades, aussi laides que prétentieuses avec une Castafiore qui vrille les oreilles, un célébrant insignifiant et un évêque avachi sur son lutrin pour donner une homélie inconsistante. Une seule envie : fuir loin de cette liturgie lugubre.

* * * * Lundi, 24 avril 2017. « (...) Tout indique, sauf erreur, que l’Eglise catholique est en train de répéter l’erreur des protestants. A sa tête se tient aujourd’hui un homme qui fait montre d’un mépris singulier pour tout ce que la tradition a fait grandir et qui se plaît à surprendre les fidèles par les sottises et les moqueries qu’il leur lance.
Dans un texte fulminant paru dans “Weltwoche”, Matthias Matussek a dépeint François comme “le pape fourre-tout” (Papst Allerlei). Il y a toute une série de gens qui tiennent Matussek pour un esprit confus en matière politique, mais quand il s’agit de l’importance du dogme comme rempart contre le relativisme ambiant, il sait de quoi il retourne. C’est un trait qu’il partage avec Martin Mosebach, un autre grand catholique réactionnaire.
(...) Je peux vaguement me représenter comment tout cela va se poursuivre. Si l’évolution chez les protestants donne une indication de l’avenir de l’Eglise catholique, le nombre de ceux qui quittent l’Eglise va s’accroître, ce qui va conduire ses dirigeants à considérer, à tort, qu’ils doivent faire avancer plus résolument encore la modernisation. A la fin se pose, comme chez les protestants, la question : si l’Eglise fait disparaître tout ce qui la distingue de ce que propose le monde séculier sur le sens de la vie, à quoi sert-elle encore ?
La religion qui progresse le plus vite aujourd’hui est l’islam. Personne ne semble imaginer que cela pourrait être lié aussi au fait que l’islam comble des besoins spirituels mieux que ne le fait la concurrence chrétienne.
En tout cas, personne n’a jamais entendu dire que les imams pensent à interdire la lecture des sourates dans la langue originale, au motif que les croyants, hors du monde arabe, ne peuvent pas comprendre – ou qu’ils voudraient débarrasser leurs mosquées de minarets inutiles, pour que les édifices religieux s’intègrent mieux à l’environnement.
Qu’on n’aille pas me comprendre de travers : je suis tout à fait favorable à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, que je tiens pour une grande conquête des Lumières. La question que je me pose est seulement celle-ci : pourquoi la sécularisation ne peut-elle pas rester limitée à l’état, mais doit aussi s’étendre à l’église ?
Ce qui fait la foi, c’est le phénomène religieux (le “numineux”), pas la capacité à transformer sa vérité un bien de consommation rapide. S’il est une chose qui distingue la religion, c’est le maintien du mystère, c’est-à-dire ce qui échappe à la raison et à l’élucidation. »

Jan Fleischhauer dans “Der Spiegel-Online” du 17 avril 2017. Source : “
Benoît-et-moi”.

* * * * Dimanche, 23 avril 2017. Le Cardinal Walter Kasper reconnaît qu’ “Amoris laetitia” permet de mettre en œuvre la pastorale que souhaitaient les théologiens et les pasteurs des années 68. Autrement dit, de reprendre tout ce qui a vidé les églises et vidé la foi de son contenu. Merci, Eminence : nous savons maintenant à quoi nous en tenir.

* * * * Dimanche, 23 avril 2017. Ce dont les médias ne parlent pas : la traditionnelle procession du Vendredi Saint à Séville (SP) a été “attaquée” aux cris d’ “Allahu akhbar” (lire ici).
Contrairement à ce qu’on nous répète à longueurs d’émissions contrôlées par les champions du politiquement correct, ce ne sont pas les musulmans extrémistes qui sont “un problème”. Le seul “problème”, c’est le Coran dont certains versets jamais abrogés encouragent la persécution des non-musulmans. Osons regarder le problème là où il est et non là où nos politiciens voudraient qu’il soit ou ne soit pas.

* * * * Dimanche, 23 avril 2017. Le pape François s’est-il engagé dans une impasse ? Voici la magistrale analyse de l’exhortation “Amoris laetitia” que propose Claudio Pierantoni (Source : Diakonos) :

« (...) La déviation doctrinale à laquelle nous assistons au cours du pontificat actuel a une circonstance aggravante parce qu’elle porte non pas sur des doctrines qui seraient encore peu claires ou encore en cours de fixation mais bien sur des doctrines qui, en plus d’être solidement ancrées dans la Tradition, ont déjà été largement débattues au cours des décennies précédentes et clarifiées en détail dans le magistère récent.
Certes, la déviation doctrinale en question était déjà présente dans les siècles précédents et, avec elle, le schisme souterrain qu’elle impliquait. Mais quand on passe d’un abus à un niveau pratique à sa justification au niveau doctrinal dans un texte du magistère pontifical tel qu’ “Amoris laetitia” et à travers des déclarations et des actions positives de ce même pape, la situation est très différente.
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Voyons en quatre points les différentes étapes de cette destruction de ce dépôt de la foi.
Premièrement
Si le mariage est indissoluble mais qu’on peut dans certains cas donner la communion aux divorcés remariés, il semble évident que cette indissolubilité n’est plus considérée comme absolue mais qu’elle devient une règle générale admettant des exceptions.
(...) Cela contredit la nature même du sacrement du mariage qui n’est pas une simple promesse, toute solennelle qu’elle soit, faite devant Dieu mais une action de la grâce qui agit au niveau proprement ontologique. Donc, lorsqu’on dit que le mariage est indissoluble on ne fait pas qu’énoncer une règle générale mais on affirme que le mariage est ontologiquement indissoluble parce qu’il renferme le signe et la réalité du mariage indissoluble entre Dieu et son Peuple, entre le Christ et son Eglise. Et ce mariage mystique est justement la finalité de tout le dessein divin de la création et de la rédemption.
Deuxièmement
Dans son argumentation, l’auteur [François] a choisi d’insister sur la dimension subjective de l’action morale. Le sujet, dit-il, pourrait ne pas se trouver en situation de péché mortel parce que, pour différents facteurs, il n’est pas tout à fait conscient que sa situation est un adultère.
Mais ce cas - qui en règle générale peut bien entendu se produire - contient une contradiction évidente dans l’utilisation qu’en fait “Amoris laetitia”. En effet, il est clair que le discernement et l’accompagnement des situations individuelles, que l’exhortation recommande abondamment, contredit la supposition que le sujet demeure, à durée indéterminée, dans l’inconscience de la situation dans laquelle il se trouve.
Mais l’auteur d’Amoris laetitia, bien loin de percevoir une telle contradiction, la pousse jusqu’à l’absurde en allant jusqu’à affirmer qu’un discernement approfondi pourrait conduire le sujet à acquérir la certitude que sa situation, objectivement contraire à la loi divine, serait précisément que ce Dieu attend de lui.
Troisièmement
Le recours à l’argument ci-dessus trahit à son tour une dangereuse confusion qui, outre la doctrine des sacrements, en vient à attenter à la notion même de loi divine, entendue comme source de la loi naturelle telle qu’elle se reflète dans les Dix Commandements : une loi donnée à l’homme pour régler ses comportements fondamentaux, une loi qui ne se limite pas à des détails historiques mais qui se fonde sur la nature elle-même dont l’auteur est précisément Dieu.
Donc, supposer que la loi naturelle puisse souffrir des exceptions est une contradiction pure et simple : c’est une supposition qui ne comprend pas sa véritable essence et qui la confond avec la loi positive. La présence de cette grave confusion est confirmée par les attaques répétées contenues dans d’ “Amoris laetitia” contre les docteurs de la loi, les présumés “pharisiens” hypocrites et durs de cœur. Ces attaques trahissent en fait une mauvaise compréhension de la position de Jésus envers la loi divine puisque sa critique du comportement pharisaïque se base justement sur une distinction claire entre loi positive - les “préceptes des hommes” - auxquels les pharisiens sont si attachés et les Commandements fondamentaux, qui sont en revanche le premier prérequis, indispensable, qu’il attend Lui-même de tous ceux qui veulent devenir ses disciples.
Sur base de cette équivoque, on comprend la véritable raison pour laquelle, après avoir beaucoup insulté les “pharisiens”, le pape finit dans les faits par s’aligner sur leur propre position en faveur du divorce, s’opposant à celle de Jésus.
Mais, plus fondamentalement, il est important d’observer que cette confusion dénature profondément l’essence même de l’Evangile et son nécessaire enracinement dans la personne du Christ.
Quatrièmement
De fait, le Christ, selon l’Evangile, n’est pas seulement un homme bon qui serait venu prêcher au monde un message de paix et de justice. Il est surtout le Logos, le Verbe qui était au commencement et qui s’incarne dans la plénitude du temps. Il est significatif que Benoît XVI, depuis son discours “Pro eligendo romano pontifice” ait justement fait du Logos le point central de son enseignement contre lequel - et ce n’est pas un hasard - le subjectivisme des théories modernes s’est lancé dans un combat à mort.
Le contexte actuel de cette philosophie subjectiviste permet de justifier l’un des postulats les plus chers au pape François selon laquelle “la réalité est supérieure à l’idée”. Une telle maxime n’a de sens que dans une vision dans laquelle il n’existe pas d’idées vraies susceptibles de refléter fidèlement la réalité et également de la justifier et de la diriger. (1) L’Evangile pris dans son intégrité suppose que cette structure métaphysique et épistémologique dans laquelle la vérité est avant tout l’adéquation des choses à l’intellect et où l’intellect est d’abord l’intellect divin : précisément le Verbe divin.
Dans une telle atmosphère, on comprend comment il est possible que le directeur de “La Civiltà Cattolica” puisse affirmer que c’est la pastorale, la praxis, qui doit guider la doctrine et non l’inverse et qu’en théologie “deux plus deux peuvent faire cinq”. On comprend pourquoi une dame luthérienne pourrait communier avec son mari catholique : la praxis - en fait, l’action - est celle de la Cène du Seigneur que tous deux ont en commun tandis que ce sur quoi ils divergent ne sont que “les interprétations, les explications”, de simples concepts en somme. Mais on peut également expliquer pourquoi, selon le supérieur général de la Compagnie de Jésus, le Verbe incarné ne serait pas capable de se mettre en contact avec ses créatures au travers du moyen qu’il a lui-même choisi : la Tradition apostolique. En fait [dit le supérieur général des Jésuites], il faudrait savoir ce que Jésus a vraiment dit mais nous ne le pouvons pas “étant donné qu’il n’y avait pas d’enregistreur”.
Au fond, dans ce contexte, on comprend bien pourquoi le pape ne peut pas répondre “oui” ou “non” aux [questions qui lui sont posées par les quatre cardinaux]. Si effectivement “la réalité est supérieure à l’idée”, alors l’homme n’a même pas besoin de se préoccuper du principe de non-contradiction ; il n’a pas besoin de principes qui disent “cela oui et cela non” et il ne doit pas non plus obéir à une loi naturelle transcendante qui ne s’identifierait pas à la réalité elle-même. Pour résumer, l’homme n’a pas besoin d’une doctrine parce que la réalité historique se suffit à elle-même. C’est le “Weltgeist” [qui dirige et détermine tout], l’esprit du monde.
Conclusion
Ce qui saute aux yeux dans la situation actuelle c’est précisément la déformation doctrinale de fond qui, même si elle évite habilement toute formulation directement hétérodoxe, manœuvre toutefois de façon cohérente pour s’en prendre non seulement à des dogmes en particulier comme l’indissolubilité du mariage et l’objectivité de la loi morale mais aussi au concept même de la doctrine sûre et, avec elle, à la personne même du Christ comme Logos. Et le pape est lui-même la première victime de cette déformation doctrinale même si - et c’est une hypothèse de ma part - il en est peu conscient et est victime d’une aliénation généralisée historique qui frappe de larges pans de l’enseignement théologique.
Dans cette situation, les “dubia”, ces cinq questions présentées par quatre cardinaux, ont mis le pape dans une impasse. S’il répondait en reniant la Tradition et le magistère de ses prédécesseurs, il passerait formellement pour hérétique et il ne peut donc pas le faire. Si en revanche il répondait dans la ligne du magistère précédent, il contredirait une bonne partie des principales actions doctrinales effectuées durant son pontificat et ce serait donc un choix très difficile. Il choisit donc le silence parce qu’humainement, la situation peut sembler sans issue. Mais entretemps, la confusion et le schisme “de facto” s’élargissent dans l’Eglise.
A la lumière de ce qui précède, un acte de courage supplémentaire est plus que jamais nécessaire, un acte de vérité et de charité de la part des cardinaux mais aussi des évêques et de tous les laïcs compétents qui souhaiteraient y prendre part. Dans une situation aussi grave de danger pour la foi et de scandale généralisé, une franche correction fraternelle adressée à Pierre est non seulement licite mais il en va même de notre devoir, pour son bien le celui de toute l’Eglise. Une correction fraternelle n’est ni un acte d’hostilité ni un manque de respect ni une désobéissance. Elle n’est rien d’autre qu’une déclaration de vérité : “caritas in veritate”. Le pape, avant même d’être pape, est notre frère. »

(1) Cette maxime énoncée par François comme un leitmotiv relève de la philosophie nominaliste qui, au Moyen-Age, a été à la racine de la théologie protestante et du schisme de Martin Luther. (n.d.l.r.)

* * * * Dimanche, 23 avril 2017. Le chant grégorien interprété par la Schola Antiqua (Espagne) : cliquer ici.

* * * * Dimanche, 23 avril 2017.
Ce dimanche, ce sont les communions : les “mamies brushing” seront à la fête ; les enfants vont s’enquiquiner grave ; les célébrants vont pirouetter dans leurs aubes-sacs en tergal ; les tontons et les tatas (qu’on ne voit habituellement jamais à l’église) vont faire crépiter leurs smartphones ; la chorale va exécuter les chants niaiseux qui caractérisent désormais le goût catholique...
Ce dimanche,
on s’éclate à la paroisse.
Et le dimanche suivant, l’église sera à nouveau déserte, normale.