L'ACTUALITE AU JOUR LE JOUR

* * * * NOUVEAU Lundi, 27 mars 2017. Des Japonais sont venus en masse à la cathédrale de Tokyo pour écouter dans un silence recueilli des oeuvres chantées en latin : cliquer ici.
Il faudra inviter ces braves Nippons à venir faire un stage dans une paroisse de France pour qu’un curé ou une animatrice liturgique puisse leur expliquer qu’ils ne comprennent rien de ce qu'ils chantent et entendent.

* * * * NOUVEAU Lundi, 27 mars 2017. L’Histoire nous enseigne que lors de son élaboration progressive au cours des siècles, la liturgie a toujours préféré conserver les influences de ce qui était poli, discipliné et paré pour rejeter les influences de tout ce qui relevait du naturel, du spontané, du trop direct et du terre à terre.
De tout temps, l’Eglise s’est montrée fine pédagogue en préservant sa liturgie de tout ce qui risquait d’en estomper la sacralité, la dignité et le sens.
L’Eglise a ce même souci aujourd’hui, même quand ses mises en garde ou ses directives ne sont pas prises en compte par des prêtres et des évêques qui célèbrent l’Eucharistie sous des chapiteaux de cirques, dans des salles de spectacles ou par étapes au cours de randonnées en vélo. L’Eglise continue d’enseigner que pour réaliser pleinement la liturgie qui célèbre l’ “offrande du sacrifice à gloire de Dieu” (cf. Missel romain), il convient que le ministre de l’autel soit habillé de vêtements spécifiques et qu’on chante des mélodies qu’on n’entend pas en dehors du culte. L’Eglise rappelle que si se déplacer et faire des gestes, c’est bien - c’est humain -, se déplacer avec harmonie et donner de la distinction aux gestes, aux actions et aux attitudes, c’est sûrement bien mieux dans la mesure où c’est plus respectueux à la fois du discours oral et gestuel qui s’adresse à Dieu et des fidèles qui adressent ce discours par le ministère du prêtre.
Pour ne pas sombrer dans une imperfection qui traduirait notre carence spirituelle, la liturgie - acte sacré par excellence - exige que nous revêtions notre nature humaine afin de l’enrichir et de la prévenir contre toute désinvolture, contre tout ce qui pourrait rendre le culte divin indigent et pauvre, c’est-à-dire, en fin de compte, totalement infructueux.
Voilà pourquoi tous les acteurs de la liturgie, à commencer par les prêtres, doivent s’appliquer à être, messe après messe, de meilleurs célébrants : des “liturges” authentiques. En s’appliquant à connaître, à respecter, à accomplir avec une “digne aisance” la liturgie de l’Eglise, le prêtre ne sort aucunement de son rôle pastoral ; au contraire, c’est à ce moment-là qu’il apparaît le plus, aux yeux de tous - croyants ou incroyants - comme réalisant pleinement la spécificité de son ministère, comme accomplissant le plus haut degré de sa fonction sacerdotale. C’est alors seulement que, se laissant véritablement construire par les rites révélateurs de sa propre fonction, le célébrant authentifie la liturgie et la fait apparaître comme véritablement “sainte” - selon l’expression employée dans la Constitution “Sacrosanctum Concilium” - et comme étant l’âme de la vie de l’Eglise.
L’attitude requise par ceux qui sont chargés de mettre la liturgie en œuvre ne peut donc qu’être pénétrée de respect, de ce sens de stupeur qui vient du fait que l’homme se sait en présence de la Majesté divine. Aujourd’hui plus que jamais, le peuple de Dieu a besoin de voir dans ses prêtres et ses diacres ce comportement plein de révérence et de dignité, ce comportement capable d’aider tout “chercheur de Dieu” à pénétrer les choses invisibles avec un minimum de paroles et d’explications. (Cf. S. Jean-Paul II, allocution du 21 septembre 2001.)
C’est donc au prix d’un effort permanent pour se contrôler eux-mêmes et laisser de côté leurs façons personnelles de concevoir la liturgie que les acteurs de la liturgie pourront se structurer sur le plan spirituel et ainsi (re)devenir crédibles aux yeux des fidèles.
Une telle redécouverte de la crédibilité est de première importance tant pour l’équilibre spirituel des ministres de l’autel que pour la paix spirituelle des fidèles dans le cœur desquels il est urgent de faire naître et croître une “nostalgie de l’avenir”, c’est-à-dire une envie d’entrer dans le Royaume pour participer à la liturgie de tous les temps en compagnie des créatures célestes.


* * * * Dimanche, 26 mars 2017. « La liturgie n’est pas l’invention du prêtre célébrant ou d’un groupe de spécialistes ; la liturgie (le “rite”) a grandi selon un processus organique au cours des siècles : elle porte en elle le fruit de l’expérience de foi de toutes les générations précédentes. Même si les participants ne comprennent probablement pas toutes les paroles, ils perçoivent leur signification profonde, la présence du mystère qui transcende toutes les paroles. Le centre de l'action liturgique n’est pas le célébrant ; le célébrant n’est pas devant le peuple en son nom propre ; il ne parle pas de lui-même et pour lui-même, mais “in persona Christi”. » Cardinal Joseph Ratzinger.

* * * * Dimanche, 26 mars 2017. Le chant d'entrée de la Messe "Laetare” chanté par les moines bénédictins de Sao Paulo (Brésil) : cliquer ici.

* * * * Dimanche, 26 mars 2017.
Aujourd’hui, 26 mars, nous fêtons l’élection du pape Etienne II en 752. La rencontre du Souverain Pontife avec Pépin-le-Bref à Ponthion (Marne) va donner naissance au chant qui sera appelé plus tard “grégorien”. (Voir la page “grégorien” sur notre site).

* * * * Dimanche, 26 mars 2017. A Monza (I), François a célébré la messe devant plus de 700.000 personnes. Il est permis de ce demander si, dans un tel contexte, une célébration a encore un sens “liturgiquement” parlant.
Le Pape Benoît XVI avait abordé cette question des “célébrations façon woodstock” :
« Un grand problème, c’est celui des liturgies auxquelles participent des masses de personnes. Pour moi, je dois le dire, cela reste un problème, parce que la communion concrète dans la célébration est fondamentale, et je ne trouve pas en conséquence que la réponse définitive ait été réellement trouvée. (...) J’ai fait poser aussi une autre question sur la concélébration en masse : parce que, si mille prêtres concélèbrent, par exemple, on ne sait pas si c’est encore la structure voulue par le Seigneur. »
Et c’est sans compter avec les hosties que l’on retrouve à terre ou que les gens emportent chez eux en souvenir après chaque célébration de ce genre...

* * * * Samedi, 25 mars 2017. Au cours d’une homélie donnée cette semaine à Washington (E.U.), le Cardinal Burke a déclaré que si le pape François persistait à ne pas répondre aux questions qui lui ont été posées au sujet des ambiguïtés d’ “Amoris laetitia”, ce seront les cardinaux eux-mêmes qui apporteront très prochainement les corrections nécessaires.

* * * * Samedi, 25 mars 2017. Jésus a fondé son Eglise. Il lui a donné les structures de base qui lui permettraient d’assurer sa mission au cours des siècles : le collège des évêques, le sacerdoce ministériel, la vie sacramentelle... Et aussi la liturgie dont le pivot est la célébration eucharistique. Tous ces éléments composent ce qu’il est convenu d’appeler la “Tradition” - qu’il ne faut pas confondre avec les traditions, les usages, les coutumes ou encore les habitudes -.
Par contre, l’Eglise n’a pas reçu du Seigneur le pouvoir de modifier la Tradition : elle ne peut ni réécrire le Credo, ni célébrer l’Eucharistie à sa guise. Elle est la gardienne de la Tradition et doit étudier, expliciter, approfondir la Vérité qu’elle contient afin de pouvoir inviter tous les hommes à y adhérer par la foi.
Si, dans l’enseignement de l’Eglise, le lien de la Tradition vient à être rompu (comme ce fut par exemple le cas lors de la Réforme luthérienne ou encore lors du schisme des Vieux Catholiques), alors apparaît la dictature du relativisme ou du scepticisme. Les fidèles en arrivent à se contenter d’opinions subjectives et fluctuantes : il n’y a plus de référence à la Vérité, ni à l’autorité de l’Eglise qui la garantit et, les repères ayant disparu, c'est la transgression qui finit par devenir partout la norme.
C’est ce phénomène de rupture avec la Tradition qui touche actuellement la liturgie : les normes qui la régissent ayant été laissées de côté, c’est la transgression systématique qui est devenue la règle et qui permet à des groupes d’inventer “leurs” liturgies, si tant est qu’on puisse encore leur donner ce nom. Ce n’est plus l’Eglise qui détermine les règles liturgiques mais le célébrant devenu législateur et juge : il cultivera nécessairement l’art de déboussoler les fidèles puisque pour lui le souci de se référer à la “lex credendi” révélée et accessible à la raison perd son intérêt. Il ne s’intéressera qu’aux liturgies “acceptables”, “possibles”, “envisageables” qui lui permettront de souffler tantôt le chaud, tantôt le froid, tantôt le pour et tantôt le contre en fonction des circonstances et de contextes: “Je n'ai rien contre le chant grégorien”, disait un évêque qui ajoutait immédiatement : “... mais uniquement quand je suis à l'abbaye de S., pas en paroisse !” Le résultat obtenu sera la confusion des thèses, la duplicité, la double ou triple vérité, les affirmations contradictoires par l'usage permanent d'un “novlangue” pastoral. Un exemple éclairant de cette confusion nous est donné par le Cardinal Ricard. En 2006, alors qu'il était Président de la Conférence des évêques de France, il déclarait lors de l’assemblée à Lourdes qu’ “une Eglise où chacun construirait sa chapelle à partir de ses goûts personnels, de sa sensibilité, de son choix de liturgie ou de ses opinions politiques ne saurait être encore l’Eglise du Christ.” Or nous savons bien que les évêques eux-mêmes sont les premiers à encourager la création de “chapelles” à partir des “choix de liturgie”.
Quand les règles liturgiques s’effacent pour être remplacée par le souci d’imaginer des célébrations qui plaisent - ou sont censées plaire - alors on joue sur les compromis permettant d’accommoder les célébrations à la satisfaction des passions humaines. Pour plaire, le célébrant devra corriger ou abroger les règles objectives de la liturgie transmise par la Tradition et qui sont en lien avec la Vérité. Respecter la “lex orandi” ne fera plus partie de son rôle de ministre de l’autel ; il cherchera d’abord à captiver, à charmer, à présenter une célébration facilitant la participation des fidèles qui n'aspirent qu'à “se faire chatouiller les oreilles” (cf. 2 Tim 4, 3).
Le rejet de la Tradition par lequel s’effectue le remplacement de la liturgie de l’Eglise par des célébrations “new look” fait que nous sommes aujourd’hui dans un contexte ecclésial où il n’y a plus de rites à transmettre et, partant, plus de Révélation à accueillir : “Le vrai, c’est le neuf !” Le neuf et l’original - ou parfois même le farfelu - sont les nouveau labels de vérité. Le fidèle qui souhaite encore pratiquer doit accepter, dimanche après dimanche, de faire du passé table rase.
Finalement, ce qui caractérise le plus les célébrations aléatoires qui se font dans une majorité d’églises, c’est qu’on y pousse les fidèles à se désintéresser de la recherche de la Vérité et qu’on les invite à ne faire attention qu’aux circonstances transitoires et aux modes passagères. Dans l’un de ses ouvrages, Mgr Nicola Bux se demandait comment garder la foi quand on va à la messe. La question est bien posée quand on sait que là où la liturgie n’est plus reçue dans le respect de la Tradition, l’obsession de célébrations complaisantes conduit inévitablement les pratiquants à retourner à la nature : celle qui a conduit au péché originel.

* * * * Vendredi, 24 mars 2017. « (...) Dans la célébration eucharistique, les normes liturgiques (...) sont une expression concrète du caractère ecclésial authentique de l’Eucharistie ; tel est leur sens le plus profond.
La liturgie n’est jamais la propriété privée de quelqu’un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés. L’Apôtre Paul dut adresser des paroles virulentes à la communauté de Corinthe pour dénoncer les manquements graves à la célébration eucharistique, manquements qui avaient conduit à des divisions (schísmata) et à la formation de factions (airéseis) (cf. 1 Co 11, 17-34). A notre époque aussi, l’obéissance aux normes liturgiques devrait être redécouverte et mise en valeur comme un reflet et un témoignage de l’Eglise une et universelle, qui est rendue présente en toute célébration de l’Eucharistie.
Le prêtre qui célèbre fidèlement la Messe selon les normes liturgiques et la communauté qui s’y conforme manifestent, de manière silencieuse mais éloquente, leur amour pour l’Eglise. (...) Il n’est permis à personne de sous-évaluer le Mystère remis entre nos mains : il est trop grand pour que quelqu’un puisse se permettre de le traiter à sa guise, ne respectant ni son caractère sacré ni sa dimension universelle. » (S. Jean-Paul II, Lettre encyclique “Ecclesia de Eucharistia”, avril 2007.)

On sait que l’obéissance n’est pas la vertu première de ceux qui se réclament sans cesse du Concile et disent l'appliquer dans les diocèses et les paroisses...

* * * * Vendredi, 24 mars 2017. Au cours d’une récente rencontre avec des Anglicans, le pape François a déclaré que si les fidèles catholiques n’avaient pas la possibilité d’aller à une messe, ils pouvaient, s’ils en avaient l’occasion, aller à un office anglican. Par ailleurs, dans son discours François a parlé d’ “Eglise” et d’ “Eglises” sans jamais rappeler que l’unique Eglise voulue par le Christ était l’Eglise catholique (cf. Vatican I, const. Pastor aeternus) et que les communautés issues de la Réforme ne pouvaient pas être considérées comme des “Eglises” (cf. Benoît XVI).
Ces maladresses de langage sont-elles calculées pour signifier qu’il faut désormais officialiser une sorte d’indifférentisme liturgique qui servira de socle au relativisme doctrinal ? On ne sait pas. On ne sait plus.

* * * * Jeudi, 23 mars 2017. Au cours des travaux de restauration du saint sépulcre du Christ à Jérusalem en octobre dernier, la double plaque de marbre qui recouvrait le tombeau proprement dit a été retirée et ce pour la première fois depuis plusieurs siècles : un événement qui a eu un formidable retentissement dans toute la presse mondiale.
L’essentiel, dans cette affaire, est que cette opération confirme ce qu’on croyait savoir à Jérusalem depuis 1700 ans et dont la véracité est à présent confirmée. A savoir que c’est ici, à un jet de pierre de la colline du Golgotha, dans un vieux jardin, sous ces plaques de marbre, que se trouve la niche qu’avait fait creuser Joseph d’Arimathie à l’origine pour son propre usage et qui a été mise ensuite à la disposition de l’Histoire pour accueillir le corps de Jésus de Nazareth.
Les chrétiens de Jérusalem en sont intimement convaincus depuis toujours : c’est ici, que reposa le corps crucifié du Christ jusqu’à sa résurrection des morts au bout de trois jours. En l’an 325, l’empereur Constantin avait fait construire une première basilique au-dessus du tombeau. Puis, très rapidement, les patriarches de Jérusalem ont été obligés de protéger le lieu en le recouvrant de plaques de marbre afin que les pèlerins, à force de piété, ne le transforment en un vrai gruyère en s’emparant de mottes de terre pour en faire des reliques.
Les travaux récents (2016) ont été suivis d’une restauration complète de l’ancienne structure du tombeau du Christ recouvert de ses plaques de marbre, et on peut aujourd’hui le visiter comme auparavant. De plus, la chapelle funéraire (l’édicule), construite en 1801 dans un style baroque ottoman a été soigneusement nettoyée et délivrée du corset d’acier qu’avaient posé les Britanniques en 1948 pour éviter que toute la structure ne s’effondre. Mais les restaurateurs ont introduit une nouveauté plus sensationnelle encore : ils ont pratiqué dans une plaque de marbre, à gauche, juste en face du lit funéraire (c’est-à-dire dans la partie sud de la pièce), une ouverture, un genre de fenêtre, derrière laquelle on peut voir à présent la roche dans laquelle fut creusé à l’origine le tombeau du Christ.
L’histoire de la chapelle du sépulcre fut très mouvementée. En 614, la chapelle, que les grecs désignaient sous le nom d’ “Anastasis”, c’est-à-dire “Résurrection”, avait été incendiée par les Perses sous le règne de Chosroes II. Le 28 septembre 1009, dans un mouvement de folie, le Calife Hakim a détruit tout le site et déclenché ainsi la première croisade des nations européennes. L’église, telle qu’on peut encore la voir aujourd’hui, avait été magnifiquement reconstruite par les croisés ; mais une fois encore, le 15 juillet 1244, elle fut ruinée par des tribus mongoles (Ayyubid). Suivirent plusieurs incendies, et quelques tremblements de terre, tel celui de Jéricho en 1927.
Mais de tout cela gardons l’essentiel : ce rocher, broyé, fragmenté, redécouvert à Jérusalem, constitue pour nous aujourd’hui un témoignage silencieux du fait que, le 16 Nissan (le 9 avril) de l’an 30, Jésus-Christ est passé ici de la mort à la vie, et que ce n’est pas là une simple idée sortie tardivement de l’esprit des théologiens et des prédicateurs.

Source : d'après Paul Badde (trad. MH/APL)

* * * * Jeudi, 23 mars 2017. Au cours d’une conférence qu’il a donnée le 16 mars dernier à Limbourg (D), le vaticaniste Andreas Englisch, très attaché à la personne du pape Bergoglio - il convient de le préciser -, a révélé qu’entre François et Benoît XVI, les relations étaient loin d’être au beau fixe. On s’en serait douté puisque voilà belle lurette qu’on n’entend plus dire et clamer qu’entre les deux papes, c’est l’entente parfaite.
Selon Andreas English, le désaccord serait entretenu par le fait que François fait ce qu’il veut et comme il veut, sans toujours prendre le temps de la réflexion, ce qui le pousse à dire une chose un jour et son contraire le lendemain, tandis Benoît XVI demeure le théologien de référence qui, par ses enseignements clairs, sait donner un cap à l’Eglise.
Toujours selon le vaticaniste, Benoît XVI est désormais réduit, lors de ses apparitions publiques, à tenir un rôle de figurant que François fait entrer en scène uniquement quand il a besoin d’un faire-valoir.

Source :
Giuseppe Nardi.

* * * * Jeudi, 23 mars 2017. Le jésuite allemand Karl Rahner (1904-1984) a été une des figures marquantes de l’Eglise conciliaire ; il a notamment influencé la théologie dont se réclame aujourd’hui, au moins en partie, le pape François.
Quelle était la spécificité de son enseignement ? Selon Rahner il était nécessaire d’opérer une inversion de l’affirmation réaliste “nihil in intellectu nisi prius in sensu” (il n’y a rien dans l’intellect qui ne soit préalablement dans les sens). On a ainsi abouti à douter qu’un acte de foi raisonnable puisse être établi sur des signes réels. Les signes ne pouvaient trouver un sens que moyennant une foi préalable. On devine les conséquences d’une telle théologie sur l’Eucharistie : l’hostie de la messe n’est le Corps du Christ que pour le fidèle qui le croit. Tout n’est plus qu’affaire d’opinion : exit l’intelligence de la foi ; exit le dogme...
Rahner a ainsi introduit une pensée gnostique au sein-même de l’Eglise, conduisant à affirmer que la révélation du Christ n’a fait que rendre explicite ce qui se trouvait déjà implicitement dans l’homme. Dès lors, le salut ne se déroulait plus dans l’histoire humaine : c’est l’histoire humaine qui était porteuse de salut et qui, à ce titre, devait vénérée, adulée... Laudato Si’

* * * * Mercredi, 22 mars 2017. Les concerts de musique classique attirent beaucoup de monde.
Que font ceux qui assistent à de tels concerts ? Ils se taisent et écoutent. Ils ne commentent pas les pièces exécutées, ne se permettent pas de donner des conseils ou des avis aux artistes qui, eux, ont travaillé les pièces et respectent la partition. Le fait que telle œuvre soit chantée en allemand, en anglais, en italien ou...
en latin ne dérange personne, ne choque pas les auditeurs et ne les empêche pas de “comprendre” le message musical qui leur est proposé.
Curieusement, ce comportement que l’on trouve normal au cours des concerts, certains le trouvent aberrant au cours d’une messe. Car à la messe, il semble qu’on ne puisse participer qu’en pérorant, qu’en se distrayant, qu’en refusant de suivre la “partition de la liturgie”, qu’en clamant haut et fort qu’on ne comprend rien si le célébrant emploie une langue autre que celle de tous les jours...
Les concerts qui se font dans les églises attirent généralement bien plus de gens que les messes qui s’y célèbrent. Cela ne devrait-il pas nous inciter à revoir de A à Z la façon dont nous concevons la “participation” à la liturgie ?

* * * * Mercredi, 22 mars 2017. Recevant les évêques du Chili en visites ad limina, le pape François leur a rappelé que les “divorcés-remariés” ne pouvaient pas être admis à la communion eucharistique.
Une précision façon volte-face qui arrive bien tard puisque certaines conférences épiscopales - celle d’Allemagne en particulier - ainsi que le Cardinal Coccopalmerio, Président du Conseil pontifical pour l'interprétation des textes législatifs, affirment le contraire et agissent en conséquence.

* * * * Mercredi, 22 mars 2017. « Quant au cours de réflexions sur la liturgie on se demande comment faire pour rendre les célébrations plus intéressantes, plus belles et plus attirantes alors, la partie est déjà perdue. » (Benoît XVI en visite au monastère d'Heiligenkreuz)
Contrairement à ce que l’on croit généralement, une liturgie vraie et belle en même temps - belle parce que vraie et vice versa - ne se “construit” pas avec une belle chasuble, un bel encensoir, une belle procession, de beaux chants grégoriens, des belles pièces d’orgue, etc.
En effet, la liturgie ne se réalise pas grâce à l’accumulation de “beaux” éléments, mais plutôt quand chacun de ces éléments - certes nécessaires pour donner du lustre à une célébration - finissent par se faire oublier pour se fondre dans un ensemble homogène, dans un “tout” sans aspérités qui constitue et caractérise toute liturgie authentique.
Se contenter de bien respecter les règles du Missel romain et d’ajouter de belles choses à de belles choses de ne suffira jamais à faire une célébration liturgique qui parle, attire, subjugue et transporte.
Il se peut très bien, en effet, qu’une messe où tout est bien à sa place ne parvienne pas à donner à la liturgie l’ “âme” qu’elle doit avoir et qui est l’essentiel de toute célébration. Que faire alors pour donner cette “âme” ? Il faut que ceux qui mettent la célébration en œuvre soient imprégnés du véritable “esprit liturgique” (ce “Geist der Liturgie” dont parle Benoit XVI) qui fait que tout et tous - le célébrant en premier - aient un sens aigu de l’harmonie de l’ensemble de la liturgie et se mette au diapason de cet ensemble.
Or l’ “esprit liturgique” ne s’acquiert qu’en réservant un temps important à la contemplation et au silence ce que, il faut bien le dire, peu de prêtres sont encore capables de faire tellement les réunions stériles occupent le plus clair de leur ministère.
Sans “esprit liturgique”, le célébrant même le mieux intentionné et respectueux des règles liturgiques risquera toujours de ne proposer aux fidèles que des messes fades et mornes. Alors, pour tâcher de remédier à ces célébrations qui peuvent rapidement devenir ennuyeuses, certains de ces fidèles voudront s’investir, dimanche après dimanche, dans le bricolage liturgique (animation, rondes, panneaux multicolores, exécution de chants tellement sucrés qu’on devient diabétique rien qu’en les entendant...) ce qui, au lieu d’améliorer les célébrations ne fera que porter un coup fatal à la liturgie.


* * * * Mardi, 21 mars 2017. On apprend de plusieurs sources que les “lefebvristes” seraient sur le point de signer un accord avec Rome.
Jusqu’à présent, il était demandé aux “lefebvristes”, pour qu’il puisse y avoir un accord, d’accepter tous les conciles, y compris Vatican II.
Cette clause concernant Vatican II ne serait-elle plus exigée ? Nous n’en savons rien. Mais si tel devait être le cas, on pourrait en conclure que le dernier Concile pourrait par la suite être considéré comme optionnel avec, comme corollaire la possibilité d’admettre toutes sortes de liturgies, depuis celle dite “de S. Pie V” à laquelle tiennent les “lefebvristes” jusqu’aux plus farfelues qui se célèbrent dans de nombreuses paroisses.
N’oublions pas que nous avons un pape admirateur de Luther qui a dit de lui-même qu’il était “un peu fourbe”...

* * * * Mardi, 21 mars 2017. Dans l’ex-URSS communiste, quand on faisait remarquer à des dirigeants que la politique ne donnait pas les fruits attendus, ceux-ci répondaient que c’était parce qu’il n’y avait pas assez de bons communistes dans le pays. La faute au peuple, pas aux dirigeants, ni au système.
Aujourd’hui, dans l’Eglise, ce ne sont pas les affirmations ambigües contenues dans “Amoris laetitia” qui posent problème et sèment la division chez les catholiques mais ceux qui demandent au pape François davantage de clarté. C’est ce qu’affirme Mgr Bruno Forte.
On a déjà tenu un raisonnement identique sur d'autres sujets : si les églises sont vides, ce n'est pas parce que des célébrants démolissent la liturgie mais parce que le peuple n'est pas suffisamment impliqué dans la pastorale destructrice.

* * * * Mardi, 21 mars 2017.
D’un internaute alsacien : « Mgr Grallet, Archevêque de Strasbourg, s’apprête à prendre sa retraite. Pour marquer son prochain départ, il a célébré une messe à la cathédrale à l’issue de laquelle, dit la presse locale, il été chaleureusement applaudi pour son action dans le diocèse. Petit hic : quand on demande aux fidèles catholiques ce qu’a fait d’exceptionnel Mgr Grallet pour lui valoir de tels applaudissements, personne n'arrive à donner de réponse... »

* * * * Mardi, 21 mars 2017. La question de la musique sacrée et du chant liturgique. Retour sur les directives données par S. Jean-Paul II, le 22 novembre 2003 :
« L’attention particulière qui doit être portée à la musique sacrée, rappelle [S. Pie X dans son Motu proprio “Tra le sollicitudine”], découle du fait que celle-ci, “en tant que partie intégrante de la liturgie solennelle, participe à son objectif général, qui est la gloire de Dieu ainsi que la sanctification et l’édification des fidèles”. En interprétant et en exprimant le sens profond du texte sacré auquel elle est intimement liée, elle est capable de “renforcer l'efficacité du texte lui-même, afin que les fidèles [...] soient mieux préparés à accueillir en eux-mêmes les fruits de la grâce, qui sont le propre des célébrations des sacro-saints mystères”.

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Cette perspective a été reprise par le Concile œcuménique Vatican II dans le chapitre VI de la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte Liturgie, où est rappelée avec clarté la fonction ecclésiale de la musique sacrée : “La tradition musicale de l’Eglise universelle a créé un trésor d'une valeur inestimable qui l’emporte sur les autres arts, du fait surtout que, chant sacré lié aux paroles, il fait partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle”. Le Concile rappelle par ailleurs que “le chant sacré a été exalté tant par la Sainte Ecriture, que par les Pères, et par les Pontifes romains ; ceux-ci à une époque récente, à la suite de saint Pie X, ont mis en lumière de façon plus précise la fonction ministérielle de la musique sacrée dans le service divin”.
En effet, en poursuivant l’ancienne tradition biblique qu’ont observée le Seigneur lui-même ainsi que les Apôtres (cf. Mt 26, 30 ; Ep 5, 19 ; Col 3, 16), l’Eglise a, tout au long de son histoire, favorisé le chant dans les célébrations liturgiques, en produisant selon la créativité de chaque culture, de superbes exemples de commentaire mélodique des textes sacrés dans les rites de l’Occident comme de l’Orient.
De plus, l’attention de mes Prédécesseurs a été constante dans ce domaine délicat, dont ils ont rappelé les principes fondamentaux, qui doivent présider à la composition de la musique sacrée, en particulier si elle est destinée à la Liturgie. [...] Les Pères du Concile Vatican II n’ont pas manqué de rappeler ces principes, en vue de leur application aux nouvelles situations de l’époque. Ils y ont consacré un chapitre spécifique, le sixième chapitre de la Constitution Sacrosanctum Concilium. [...] Il faut constamment revenir à ces principes d’inspiration conciliaire pour promouvoir, en conformité avec les exigences de la réforme liturgique, un développement qui soit, dans ce domaine également, à la hauteur de la tradition musicale liturgique de l’Eglise. Le texte de la Constitution Sacrosanctum Concilium dans lequel il est affirmé que l’Eglise “approuve toutes les formes d’art véritable, si elles sont dotées des qualités requises”, trouve ses justes critères d’application aux nn. 50-53 de l’Instruction Musicam sacram (1).
En diverses occasions, j’ai moi-même rappelé la fonction précieuse et la grande importance de la musique et du chant pour une participation plus active et intense aux célébrations liturgiques et j’ai souligné la nécessité de purifier le culte d’erreurs de style, de formes d’expression médiocres, de musiques et de textes plats, peu adaptés à la grandeur de l’acte que l’on célèbre, pour assurer la dignité et la beauté des formes de la musique liturgique.
Dans cette perspective, à la lumière du magistère de saint Pie X et de mes autres Prédécesseurs, et en tenant compte en particulier des orientations du Concile Vatican II, je souhaite reproposer certains principes fondamentaux dans ce domaine si important de la vie de l’Eglise, afin que la musique liturgique réponde toujours davantage à sa fonction spécifique.
Dans le sillage des enseignements de saint Pie X et du Concile Vatican II, il faut tout d'abord souligner que la musique destinée aux rites sacrés doit avoir comme point de référence la sainteté : de fait, celle-ci sera d’autant plus sainte qu’elle sera en connexion plus étroite avec l’action liturgique. C’est précisément pour cette raison que “non sans indistinction, tout ce qui est hors du temple (pro-fanum) est capable d’en dépasser le seuil” affirmait avec sagesse mon vénéré Prédécesseur Paul VI, en commentant un décret du Concile de Trente ; et il précisait que “si elle ne possède pas à la fois le sens de la prière, de la dignité et de la beauté, la musique instrumentale et vocale se barre elle-même l’accès dans la sphère du sacré et du religieux”. D’autre part, la catégorie même de “musique sacrée” connaît aujourd’hui un élargissement de sa signification allant jusqu’à inclure des répertoires qui ne peuvent pas entrer dans la célébration sans violer l’esprit et les normes de la Liturgie elle-même.
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La réforme opérée par saint Pie X visait spécifiquement à purifier la musique d’Eglise de toute contamination de la musique profane destinée à la scène qui, dans de nombreux pays, avait entaché le répertoire et la pratique musicale liturgique. A notre époque également, il faut considérer avec attention, comme je l’ai mis en évidence dans l’Encyclique Ecclesia de Eucharistia, que toutes les expressions des arts figuratifs et de la musique ne sont pas en mesure d’exprimer de manière adéquate le Mystère accueilli dans la plénitude de la foi de l’Eglise. Par conséquent, toutes les formes musicales ne peuvent pas être considérées comme adaptées pour les célébrations liturgiques.
Un autre principe énoncé par saint Pie X dans le Motu proprio Tra le sollicitudine, un principe qui est d'ailleurs intimement lié au précédent, est celui de la beauté formelle. Il ne peut y avoir de musique destinée à la célébration des rites sacrés qui ne soit d’abord de l’ “art véritable”, capable de posséder cette efficacité que l’Eglise souhaite obtenir en réservant une place dans sa liturgie à l’art musical.
Mais cette qualité, toutefois, ne suffit pas en elle-même. La musique liturgique doit en effet répondre à certaines conditions spécifiques : l’adhésion totale aux textes qu’elle présente, l’harmonie avec le temps et le moment liturgique auquel elle est destinée, la juste correspondance avec les gestes proposés par le rite. Les divers moments liturgiques exigent en effet une expression musicale qui leur soit propre, visant à chaque fois à faire apparaître la nature propre d’un rite déterminé, soit qu’il proclame les merveilles de Dieu, soit qu’il manifeste des sentiments de louange, de supplication voire de tristesse pour l’expérience de la douleur humaine, une expérience que la foi ouvre toutefois à la perspective de l’espérance chrétienne.
Le chant et la musique requis par la réforme liturgique - il est bon de le souligner - doivent également répondre aux exigences légitimes de l’adaptation et de l’inculturation. Il est toutefois clair que toute innovation dans cette matière délicate doit respecter des critères précis, tels que la recherche d’expressions musicales qui répondent au besoin d'impliquer l’assemblée tout entière dans la célébration et qui évitent, dans le même temps, de céder à la légèreté et à la superficialité. [...]
En ce sens, saint Pie X indiquait - en recourant au terme universalité - une exigence supplémentaire pour la musique destinée au culte : “Même s’il est permis à chaque nation - notait-il - d’admettre dans les compositions d’Eglise certaines formes caractéristiques qui constituent en un certain sens le caractère spécifique de la musique qui leur est propre, celles-ci doivent toutefois être soumises aux caractères généraux de la musique sacrée de manière à ce qu’une personne d’une autre nation qui les entende ne puisse pas éprouver de mauvais sentiments”. En d'autres termes, le cadre sacré de la célébration liturgique ne doit jamais devenir un laboratoire d’expérimentations et de pratiques de composition et d’exécution introduites sans avoir été attentivement étudiées.
Parmi les expressions musicales qui répondent le mieux aux qualités requises par la notion de musique sacrée, en particulier la musique liturgique, le chant grégorien occupe une place particulière. Le Concile Vatican II le reconnaît comme le “chant propre à la liturgie romaine” auquel doit être réservée, à condition égale, la première place dans les actions liturgiques chantées qui sont célébrées en langue latine. Saint Pie X soulignait que l’Eglise l’a “hérité des pères antiques”, l’a “jalousement conservé au cours des siècles dans ses codes liturgiques” et encore aujourd’hui le “propose aux fidèles” comme une forme qui lui est propre, en le considérant “comme le modèle suprême de la musique sacrée”. Le chant grégorien continue donc d’être aujourd’hui encore un élément d’unité de la liturgie romaine.
Comme saint Pie X en son temps, le Concile Vatican II reconnaît que les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus des offices divins. Il faut par conséquent veiller avec beaucoup de soin aux nouveaux langages musicaux, pour tenter de les amener à exprimer eux aussi les richesses inépuisables du Mystère présenté dans la Liturgie et favoriser ainsi la participation active des fidèles aux célébrations.
L'importance de conserver et d’enrichir le patrimoine séculaire de l’Eglise conduit à porter une attention particulière à une exhortation spécifique de la Constitution Sacrosanctum Concilium : “Les Scholae cantorum seront assidûment développées”. L’Instruction Musicam sacram précise à son tour la tâche ministérielle de la schola [...]. Sa fonction a pris encore plus d’importance et de poids par suite des dispositions du Concile concernant le renouveau liturgique. Il lui revient en effet d'assurer la juste exécution des parties qui lui sont propres, selon les divers genres de chant, et d’aider la participation active des fidèles dans le chant. En conséquence : [...] On aura une chorale, ou des chapelles, ou des Scholae cantorum et on les développera sérieusement, surtout dans les cathédrales et les autres églises majeures, dans les séminaires et les maisons d’études de religieux.
[...] De la bonne coordination de tous - le prêtre célébrant et le diacre, les servants de Messe, les officiants, les lecteurs, le psalmiste, la schola cantorum, les musiciens, le maître de chant, l’assemblée - naît ce juste climat spirituel qui rend la célébration liturgique véritablement intense, vécue et fructueuse. L’aspect musical des célébrations liturgiques ne peut donc être laissé ni à l’improvisation, ni à l'arbitraire des individus, mais doit être confié à une direction bien concertée dans le respect des normes et des compétences, fruit significatif d’une bonne formation liturgique.
Dans ce domaine également se fait donc jour l’urgence de promouvoir une solide formation à la fois des pasteurs et des fidèles laïcs. Saint Pie X insistait particulièrement sur la formation musicale des clercs. Un rappel dans ce sens a également été fait par le Concile Vatican II : “On accordera une grande importance à l’enseignement et à la pratique de la musique dans les séminaires, les noviciats de religieux des deux sexes et leurs maisons d’études, et aussi dans les autres institutions et écoles catholiques”. Cette orientation doit être pleinement mise en œuvre. Il me semble donc opportun de la rappeler, afin que les futurs pasteurs puissent acquérir une sensibilité nécessaire également dans ce domaine.
[...] Concernant les compositions musicales liturgiques, je fais mienne la “loi générale”, que saint Pie X formulait en ces termes : “Une composition pour église est d’autant plus sacrée et liturgique qu’elle s’approche de la mélodie grégorienne du point de vue du rythme, de l’inspiration et du goût ; mais plus on perçoit qu’elle est éloignée des formes de ce modèle suprême, moins elle est digne du temple”. Il ne s'agit pas, bien évidemment, de copier le chant grégorien, mais plutôt de faire en sorte que les nouvelles compositions soient imprégnées du même esprit qui suscita et, au fur à mesure, modela ce chant. Seul un artiste profondément pénétré du “sensus ecclesiae” peut tenter de percevoir et de traduire en mélodie la vérité du Mystère qui est célébré dans la Liturgie. [...] »

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Le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine doit, toutes choses égales d'ailleurs, occuper la première place. On emploiera pour cela, dans la mesure des possibilités, les mélodies qui se trouvent dans les éditions typiques.
Il convient aussi que l’on prépare une édition contenant des mélodies plus simples à l’usage des petites églises.
Les autres compositions musicales écrites à une ou plusieurs voix, qu’elles soient tirées du répertoire traditionnel ou qu’il s'agisse d’œuvres nouvelles, seront traitées avec honneur, favorisées, et employées selon les possibilités.
En tenant compte des conditions locales, de l'avantage pastoral des fidèles et du génie de chaque langue, les pasteurs d'âmes jugeront si les pièces du répertoire de musique sacrée composées dans le passé pour des textes latins, en plus de leur emploi dans les actions liturgiques célébrées en latin, peuvent sans inconvénient être utilisées également dans celles qui se font dans la langue du pays.
Pour conserver le répertoire de musique sacrée et promouvoir comme il faut de nouvelles créations [...] on doit pousser avant tout l’étude et la pratique du chant grégorien qui reste, en raison de ses qualités propres, une base de haute valeur pour la culture en musique sacrée.
En ce qui concerne le répertoire traditionnel, on mettra d’abord en relief les pièces qui répondent aux exigences de la restauration liturgique. Ensuite les experts particulièrement compétents en ce domaine étudieront attentivement si d’autres pièces peuvent s’adapter à ces mêmes exigences. Quant aux pièces qui ne correspondent pas à la nature de la liturgie ou à la célébration pastorale d’une action liturgique, elles seront avantageusement transférées dans les pia exercitia, et mieux encore dans les célébrations de la parole de Dieu.