L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Jeudi, 21 février 2019. Dieu a-t-il voulu les diverses religions ? Une réponse claire de Mgr Athanasius Schneider aux récents propos du pape François. A lire sur la page “Etudes” de notre site internet.

* * * * NOUVEAU Jeudi, 21 février 2019.
Dans la « Lettre au peuple de Dieu » que François avait publié le 20 août dernier, il était précisé que la rencontre des présidents de conférences épiscopales qui aura lieu du 21 au 24 février aura à traiter de « la protection des mineurs et des adultes vulnérables ».
Or, par la volonté de François lui-même les « adultes vulnérables » ont disparu du programme officiel de la rencontre. Comme a aussi disparu la question des abus « homosexuels » perpétrés sur des jeunes et des très jeunes hommes, bien qu’ils constituent statistiquement la plus grande partie des abus commis par le clergé.
Ces décisions prises par le pape poussent de plus en plus de fidèles a se demander si Jorge Mario Bergoglio n’aurait pas ou n’a pas des accointances - pour ne pas dire plus - avec certains milieux homosexuels au sein du clergé.
La protection qu’il accorde à ces milieux et le fait qu’il s’entoure sans vergogne de collaborateurs notoirement invertis ne trouve, pour l’instant, aucune autre explication.

* * * * NOUVEAU Jeudi, 21 février 2019. L’Eglise vit une très grave crise. En France, cette crise est rendue visible par la baisse dramatique des vocations sacerdotales, par la fermeture de nombreuses maisons religieuses, par l’obligation d’opérer des regroupement de paroisses dont les églises demeurent désespérément vides.
Cette crise était en germe avant le Concile ; elle a éclaté aussitôt après le Concile et s’est durablement enracinée dans le prolongement du Concile. Même si la question est sensible, dérangeante, il semble plus que jamais nécessaire de chercher à savoir ce qui fut à l’origine de cette crise et pourquoi elle a pu se développer avec une si étonnante facilité dans nos diocèses, dans nos paroisses.
Nos évêques ont pris l’habitude de couper court aux analyses qui cherchent à décrypter les raisons de la crise. Il s’agissait probablement, pour ces pasteurs diocésains, d’une tentative de dédouaner de toute responsabilité la génération de ceux qui eurent la responsabilité de mettre les décisions prises par Vatican II. Autrement dit, de fermer les yeux devant des problèmes bien réels dont nous subissons encore les conséquences malheureuses.
Il faut pourtant poser deux questions simples : comment se fait-il que nous en soyons arrivés là ? Quelles leçons doit-on tirer pour la conduite pastorale des diocèses français ? Il est nécessaire, en effet, de regarder la réalité et d’étudier cette période post-conciliaire dont nous payons aujourd’hui un prix fort qui s’évalue à partir d’une désertion massive : chute des vocations, fidèles moutonniers, parents et grands-parents d’enfants devenus soudain indifférents - et parfois hostiles - aux questions religieuses, baisse alarmante de la pratique dominicale... Attribuer cette situation aux seules difficultés du moment, bien réelles, n’explique pas tout : il y a bien d’autres facteurs internes à l’Eglise elle-même qu’il faut oser regarder. Car refuser d’établir un bilan, c’est refuser de trouver un remède à une crise qui se prolonge. Autrement dit, c’est refuser de remettre la pastorale actuelle sur les rails et c’est demeurer sourds aux appels de tant de fidèles réclamant des pasteurs enfin capables de mettre en oeuvre les richesses du concile Vatican II compris à la lumière de la Tradition.
Refuser d’établir un bilan, c’est demeurer obstinément dans les erreurs de tant de pasteurs, de religieux, de théologiens qui ont pris en mains les commandes de l’Eglise en France en se réclamant de Vatican II, tout en refusant de tenir compte de l’enseignement conciliaire réel. Car pour le plus grand nombre de ces managers ayant obtenu pignon sur rue à partir des années 70-80, le Concile - le vrai ! - ne correspondait ni à leurs schémas idéologiques, ni à leurs plannings pastoraux : suivre Vatican II comme le demandait l’Eglise, c’était déjà « trop tradi » (pensez donc : un Concile qui demande de maintenir le latin et le grégorien !), « trop rétro » (pensez-donc : un Concile qui précise que personne n’a le droit de modifier quoi que ce soit en liturgie !), « trop romain » (pensez donc : un Concile qui insiste sur la nécessité d’appliquer les textes magistériels !)...
Pour les idéologues des années 70, les textes conciliaires étaient déjà suspects et il devenait urgent de les remplacer par l’ « esprit du Concile ». Ce que firent de nombreux curés et ce qu’acceptèrent nos évêques. Vatican II fut donc purement et simplement occulté par les très nombreux responsables clercs ou laïcs qui s’en réclamaient.

Messe débile
Aujourd’hui encore, une majorité d’évêques français en poste continuent, exactement comme dans les années post-soixantehuitardes, à s’opposer aux fidèles qui, dans les paroisses, demandent la mise en oeuvre fidèle de ce qui a été décidé par Vatican II. Ces évêques, qui mettent une chape de silence sur tous les documents venant de Rome, préfèrent s’épuiser en rencontres, en réunions stériles, en synodes diocésains au cours desquelles on tente de sauver les apparences en réorganisant interminablement les structures d’Eglises locales complètement sinistrées.
Parallèlement, nombre de fidèles continuent à « ronronner » comme si un retour au véritable enseignement conciliaire n’était ni nécessaire ni urgent. Il est tellement plus réconfortant pour eux de continuer à disserter à perte de vue sur des problématiques éculées ! Un exemple très récent illustre cette situation : dans une grande ville de province, on a organisé un regroupement des paroisses. Les six clochers ainsi réunis sont sous la coupe d’une équipe d’ « animateurs pastoraux » qui organisent la vie liturgique d’une façon quasi stalinienne. Dans cinq paroisses qui suivent docilement les décisions de l’équipe en question, des messes dominicales célébrées de façon aléatoire et laide n’attirent qu’une poignée de fidèles sexagénaires au nombre desquels, bien sûr, se trouvent deux ou trois religieuses en civil très à la pointe de ce qui passait pour le « must liturgique » dans les années 70. La seule paroisse qui attire les fidèles - et surtout des jeunes - est celle où le curé a maintenu (malgré les pressions d’une poignée de fidèles venus des cinq autres paroisses) une liturgie digne avec du chant grégorien. Résultat ? Dans les cinq paroisses liturgiquement farfelues, on organise des réunions au cours desquelles on se demande comment faire pour que le curé de la sixième paroisse entre dans le rang et cesse de faire des messes « trop tradis » qui attirent les gens... Triste pratique de la réunionnite stérile qui témoigne d’un conservatisme caractéristique qu’on trouve chez ceux-là même qui, il y a 50 ans, passaient pour l’avant-garde permanente de l’Eglise.
Bien entendu, on peut comprendre ceux qui redoutent les résultats d’une analyse objective de la situation qui risquerait de révéler que les responsables de la crise furent en grande partie les évêques eux-mêmes. Pour autant, faut-il se voiler la face et continuer à faire comme si de rien n’était ? Ne serait-il pas plus courageux de débattre sérieusement sur l’origine du « naufrage pastoral » et reconnaître la part de responsabilité directe de l’épiscopat français, comme l’avait d’ailleurs fait courageusement, entre autres, feu Mgr Gaidon, qui fut évêque de Cahors ?
L’inefficacité de la pastorale actuelle ne vient-elle pas aussi de ce que l’on n’ose pas dire ce qui n’allait pas, de ce qui ne va plus, de ce qui ne va toujours pas?
De nombreuses voix reconnaissent aujourd’hui que beaucoup de pasteurs diocésains, au moment où il s’agissait de mettre Vatican II en oeuvre, ont manqué de lucidité, de courage, et surtout de fidélité à la ligne tracée par l’Eglise. Au lieu d’appliquer le Concile et de tenir compte des rappels à l’ordre de Paul VI, en bien des espaces ecclésiaux de France, on a laissé faire toutes les expériences qui contredisaient ouvertement l’enseignement des pères conciliaires et allaient mener à la déroute qu’on sait. Oui, les expériences liturgiques et catéchétiques imaginées par des états-majors diocésains mis en place par les évêques de France contredisaient ouvertement le Concile ou, plus habilement, l’ignoraient superbement. Oui, dans les séminaires diocésains ont été nommés, par les évêques de l’époque, des Supérieurs qui interdisaient aux futurs prêtres de se montrer fidèles à l’enseignement de l’Eglise. Oui, dans ces mêmes séminaires diocésains, il était interdit de célébrer l’Eucharistie en respectant les normes liturgiques. Oui, dans les paroisses, on a interdit à des curés de célébrer la messe en respectant le missel romain et d’enseigner un catéchisme plus solide que celui qui était imposé à travers les « parcours catéchétiques » élaborés dans les commissions diocésaines. Oui, l’essentiel, en ce temps-là, ne devait plus être de servir l’Eglise mais d’imposer partout des pratiques pastorales imaginées par des commissions où ne siégeaient qu’une « nomenklatura » contestant systématiquement le Magistère. Ceux qui refusaient cette pagaille organisée étaient priés d’aller voir ailleurs : on a ainsi dissout des chorales, licencié des organistes, interdit à des prêtres fidèles aux enseignement conciliaires de célébrer la messe en public. Quant à ceux qui voulaient échapper à ce marasme, ils ont dû chercher asile hors de France, auprès d’évêques et de cardinaux qui ne se résignaient pas à accepter l’inacceptable.
L’épiscopat français - hormis des hommes courageux mais très isolés - se montrait incapable, faute d’avoir été solidement formé et faute d’avoir un solide « sensus ecclesiae », de prendre de la hauteur pour apporter des réponses claires et solides à un monde profane et laïciste qui faisait largement sentir son influence dans les rangs du clergé d’alors. Durant de longues années, on vit donc dans notre épiscopat beaucoup de difficultés à délivrer et à assumer à temps et contretemps une parole libre, vraie, puissante et prophétique. Au lendemain du Concile, les évêques de France se montraient incapables de tracer les voies d’un renouveau évangélique et ecclésial indispensable.
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Comment, aujourd’hui, ne pas nous interroger en voyant que de nombreux catholiques - clercs et laïcs - encore très imprégnés de concepts pastoraux dépassés et stériles sont gagnés par l’amertume ou la déprime ? Certes, une telle amertume est compréhensible chez ceux qui, pendant tant d’années à dépenser leur énergie, constatent à présent ce qu’il convient d’appeler une déroute pastorale. Mais le plus inquiétant est de constater que cette déroute se poursuit en bien des secteurs de l’Eglise, même si c’est à vitesse réduite. Et elle se poursuit dans la mesure où personne ne semble vouloir prendre le temps d’étudier les composantes du catholicisme français.
Pourtant, c’est la prise en compte de ces composantes qui devrait servir de base à une pastorale cohérente. Nous distinguerons trois grandes « familles » de fidèles, dont l’existence est comme le résultat des errances de la pastorale mise en place au siècle dernier, errances qui ont conduit à la dispersion des pratiquants en de multiples chapelles dont les intérêts ponctuels contrecarrent souvent la mission fondamentale de l’Eglise.
Premièrement, on trouve des jeunes. Ils sont peu nombreux dans nos paroisses, il est vrai, mais ils existent... Ces jeunes ne s’intéressent pas aux débats qui ont secoué l’Eglise dans les années 70 ; ils ne comprennent pas qu’on ait pu se battre pour des histoires de latin et de dentelles à la messe. Mais ce qu’ils comprennent encore bien moins, c’est que des évêques en postes au moment de Vatican II aient pu priver les fidèles de la vraie liturgie et du vrai catéchisme ou que d’autres évêques, aujourd’hui, gardent le silence quand il faudrait parler et dénoncer les pratiques liturgiques et catéchétiques déviantes. Pour ce qui est strictement de la liturgie, ces jeunes-là préfèrent cent fois le « style » liturgique qui découle directement du respect des décisions conciliaires et qu’ils découvrent dans certains monastères que le « style » décousu des messes paroissiales supposées plaire au peuple.
Deuxièmement, on trouve aussi, parmi les pratiquants, des jeunes ménages. Souvent désignés comme « cathos BCBG », ils ne fréquentent guère les paroisses « ordinaires » mais préfèrent des assemblées où, semble-t-il, ils se sentent plus à l’aise pour afficher leur appartenance à une classe sociale qui leur est commune. Si ces jeunes ménages se font un point d’honneur de ne jamais critiquer un pape - le must étant de pouvoir assister à l’une de ses audiences -, on constate que, paradoxalement, les questions liturgiques sont pour eux totalement secondaires. Pour beaucoup, il s’agit d’accepter la façon de célébrer du prêtre, même si elle est déviante, afin de ne pas déranger : comme il existe un « politiquement correct », il existe ici un « liturgiquement correct » qui se vit en communauté d’appartenance. Il y a sans nul doute beaucoup de grandes et vraies valeurs chrétiennes au sein de cette génération de fidèles. Mais il y a aussi un grand risque : celui de finir par n’apprécier plus que des piétés « en kit » qui, à la longue, rendent le fidèle perméable à des pratiques liturgiques dont les variétés, procédant de la subjectivité des assemblées, ne sont pas toujours en accord avec la célébration de la foi catholique.
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Troisièmement, on trouve les pratiquants d’un certain âge qui acceptent avec une désarmante bienveillance (ou octination) des célébrations liturgiques d’une désolante platitude. Cette génération, qui est aujourd’hui celle de la majorité de nos prêtres, ne semble pas pouvoir comprendre que c’est son acceptation des excentricités liturgiques qui a largement contribué à vider les églises. Cette génération a tout accepté (parfois à contrecoeur) : l’abandon du latin, la célébration face au peuple, la désacralisation, l’interdiction de chanter du grégorien, les messes bavardes et improvisées, la communion dans la main, les absolutions collectives, la suppression des processions, les messes dominicales « anticipées » du samedi soir, les ADAP, les bénitiers à sec, le curé qui se faisait appeler par son prénom et qui demandait qu’on le tutoie, les prêtres en civil, les évêques en civil qui voulaient qu’on les appelle « père » au lieu de « monseigneur », les regroupements de paroisses, les stages d’animation liturgique... Tout : cette génération a tout accepté ! Et on lui dit à présent qu’il faudrait abandonner tout ça parce que ça ne mène à rien. Il est incontestable que cette génération de fidèles, qui a été habituée à la désobéissance des clercs, ne peut plus comprendre un discours qui, chez les jeunes catholiques, commence par : « Le Concile demande de... » ou « Vatican II a dit que... ».
Ceci dit, qu’il y ait débat sur toutes ces questions et que la trop brève analyse présentée ici soit elle-même partielle ou critiquable - elle est forcément très incomplète -, nous le comprenons et nous l’acceptons. Mais l’important ne serait-il pas de susciter un débat au lieu de le refuser ? L’important ne serait-il pas de prendre en compte la situation actuelle, telle qu’elle est véritablement et non telle qu’on la voit quand on met des lunettes roses ? L’urgent n’est-il pas d’avoir la volonté de débarrasser la liturgie de l’Eglise des scories que nos évêques trop timorés ont laissé s’accumuler tout en faisant croire aux fidèles qu’ils suivaient l’enseignement de Vatican II ?

* * * * Mercredi, 20 février 2019. Lettre des cardinaux Brandmüller et Burke aux présidents des conférences épiscopales réunis au Vatican pour aborder la question des abus sexuels dans l’Eglise :

Chers Confrères, Présidents des conférences épiscopales,

Nous nous adressons à vous avec une grande tristesse.
Le monde catholique est désorienté et se demande avec angoisse : où va l’Eglise ?
Face à la dérive en cours, il semble que le problème se réduise à celui des abus sur les mineurs : un crime horrible, tout particulièrement quand il est commis par un prêtre, mais qui n’est qu’un élément d’une crise bien plus vaste.
Telle une plaie, la cause homosexuelle se répand dans l’Eglise, promue par des réseaux organisés et protégée par un climat de complicité et d’omertà.
Les racines de ce phénomène se trouvent évidemment dans ce mélange de matérialisme, de relativisme et d’hédonisme qui refuse absolument l’existence d’une loi morale absolue, c’est-à-dire qui ne souffre pas d’exceptions.

On accuse le cléricalisme d’être responsable des abus sexuels ; mais la première et principale responsabilité du clergé n’est pas dans l’abus de pouvoir, mais dans le fait de s’être éloigné de la vérité de l’Evangile.
La négation, y compris publique, dans les paroles comme dans les actes, de la loi divine et naturelle, est à la racine du mal qui corrompt certains secteurs de l’Église.

Face à cette situation, cardinaux et évêques se taisent.
Vous tairez-vous également lors de la réunion convoquée ce 21 février au Vatican ?
Nous sommes de ceux qui ont interpellé le Saint-Père en 2016 sur les “dubia” qui divisaient l’Eglise à l’issue des conclusions du Synode sur la famille. Aujourd’hui, ces “dubia” non seulement n’ont pas reçu de réponse mais s’inscrivent dans une crise de la foi bien plus générale. Nous voulons par conséquent vous encourager à faire entendre votre voix et à proclamer l’intégrité de la doctrine de l’Eglise.

Nous invoquons le Saint-Esprit pour qu’il assiste l’Eglise et éclaire les pasteurs qui la guident.
Un acte décisif est aujourd’hui urgent et nécessaire. Nous mettons notre confiance dans le Seigneur qui a promis : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Walter Card. Brandmüller
Raymond Leo Card. Burke

* * * * Mercredi, 20 février 2019. Sous l’expression « trouble exquis » on désigne un plaisir dont l’équivocité est provoquée par l’engagement dans une activité utilisée pour compenser la perte d’un objet réel ou symbolique. Cet objet est assez souvent celui du « premier amour », au sens d’attachement fusionnel, qui inclut un lien plus captatif qu’oblatif.
Ne nous berçons pas d’illusions : actuellement, dans de très nombreux cas, le fait d’assurer un ministère extraordinaire dans la liturgie représente une compensation de ce genre.
C’est peut-être ce qui explique qu’au nombre des personnes engagées dans l’animation pastorale ou l’animation liturgique, on trouve un nombre important de femmes (parfois veuves ou divorcées) ainsi que d’anciens séminaristes. Les uns et les autres semblent ne pas être parvenus à assumer la perte de l’objet de leur « premier amour » - conjoint(e) ou vocations inabouties - et tentent, par une sorte de compensation, de se lancer dans l’animation liturgique à travers laquelle ils tenteront de se montrer bienveillants, gentils, altruistes... mais jamais réellement eux-mêmes, c’est-à-dire naturels.
Le danger vient de ce que, dans la liturgie, des conduites fausses, artificielles, peuvent empêcher des fidèles pouvant être eux-mêmes fragilisés de faire la conquête de leur propre personnalité, de leur propre équilibre.
Nombre de célébrations deviennent alors quelque chose de faux : on y « dorlote » des névroses par le biais d’une altération des rites (on ajoute du pathos, de l’émotionnel) ou de pratiques inventées (rondes autour de l’autel) qui permettent de jouer des rôles factices.
Une liturgie qui entend demeurer authentique n’a jamais à être subvertie par celles et pas ceux qui cherchent, consciemment ou inconsciemment, à utiliser les célébrations pour satisfaire leurs besoins de « troubles exquis ».
Accepter de se laisser entraîner par ceux qui subvertissent la liturgie, c’est aussi accepter de n’être plus tout à fait soi-même et finir par ne jouer que le jeu truqué et ambigu qu’impose une personne à laquelle une autorité qui manque souvent de la plus élémentaire lucidité fait jouer un rôle factice.
Au contraire, une liturgie correctement célébrée par des prêtres dont la vocation sacerdotale est pleinement assumée et réalisée selon les rites éprouvés par la Tradition vivante reconnus par l’Eglise, permet au fidèle de se structurer : elle lui indique sa vraie place en lui donnant à la fois son statut individuel et social au sein de la communauté, de l’ « Ecclesia ». Une telle liturgie met le fidèle à l’abri des éventuelles composantes pathologiques du groupe dans lequel il s’est intégré pour participer à la louange divine. Elle le protège des éventuelles failles psychologiques du célébrant lui-même (cf. Mgr Aillet). Elle canalise et domine le courant qui emporte le fidèle, afin le mettre à l’abri des composantes par trop humaines et le placer face aux réalités spirituelles.
Il y a donc de grands risques pour l’équilibre spirituel - et simplement humain - à vouloir confier des rôles à certaines personnes et, en même temps, de s’affranchir des rites donnés par l’Eglise : risques d’exacerber les « troubles exquis » par lesquels des fidèles risquent d’être livrés au désordre de l’esprit, à la déstabilisation de la foi, au vagabondage ou à la paralysie de l’intelligence.

* * * * Mardi, 19 février 2019. C’est à partir du XIIIe siècle - au crépuscule du Moyen-Âge - qu’interviennent des modifications dans l’art et le culte qui en réalité sont des manifestations d’un début de crise de la spiritualité. Même les mélodies grégoriennes datant de cette époque portent la marque de ce changement : alors qu’à l’origine, elles étaient pures de toute forme de complaisance avec la sensibilité subjective, progressivement elles expriment davantage des passions qui, en utilisant l’ornementation mélodique centrée sur la satisfaction du “moi”, conduisent à l’oubli de l’amour du vrai Dieu tout en prétendant le servir. Pour s’en rendre compte, il suffit de jeter un œil sur les pièces de l’Ordinaire et de comparer la pureté des Kyrie des messes XIII, XIV et XV à d’autres plus tardifs, ou encore de comparer les versions A et B du Kyrie de la messe XI ou les versions des Kyrie des messes IX et X. Bien entendu, il y a des pièces anciennes très ornées comme, par exemple, le “Haec dies” de Pâques ; mais les mélismes qu’on trouve là ne sont pas faits pour la “délectation” ou l’agrément ; ils sont là pour exprimer l’indicible et, à ce titre, doivent conserver toute leur fluidité : on ne s’y arrête pas.
Ce même phénomène d’ornementation se trouve en architecture lorsqu’au XIIIe siècle toujours, le gothique, de plus en plus “prétentieux” jusqu’à arriver au flamboyant, remplace progressivement la sobriété et la pureté des lignes romanes.
Plus tard, avec les styles classiques et baroques, puis rococo, et enfin néo-quelque chose, on arrive au paroxysme de cette décadence spirituelle.
Un autre fait intéressant doit être souligné : jusqu’au XIIe siècle, la spiritualité est dominée par l’idéal monastique et la figure du moine, c’est-à-dire par un modèle purement contemplatif. A partir du XIIIe siècle, apparaissent les “ordres mendiants”, mi-contemplatifs, mi-apostoliques (Franciscains et Dominicains). Puis à partir de la réforme tridentine, on a l’apparition des Jésuites, ordre essentiellement activiste et militant (saint Ignace était militaire...), qui réduisent la contemplation à portion congrue au bénéfice de l’action, et qui donc relèguent la liturgie à un niveau secondaire. C’est l’ordre moderne par excellence (dont est issu le pape François).
Bien évidemment, il ne s’agit pas de critiquer ces différents ordres religieux (tous légitimes et qui tous ont eu de remarquables figures), mais reconnaissons qu’il y a là des évolutions de la vie religieuse qui semblent bien refléter une évolution de la spiritualité typiquement occidentale.
Dans le monde orthodoxe, malgré le faste de l’ornementation (qui ne se comprend que dans un contexte mental typiquement oriental), c’est le modèle monastique purement contemplatif (il n’y a pas d’ordres religieux apostoliques, même si certains moines ont de fait un ministère paroissial) qui domine la spiritualité jusqu’à aujourd’hui : dans ce contexte, c’est l’ascèse qui est la base sur laquelle repose toute la spiritualité et donc la liturgie (longueur des offices, station debout, jeûnes plus ou moins sévères, etc).
Ceci étant, un moine faisait remarquer que le monde orthodoxe contemporain est en passe de vivre “son XIIIe siècle” : peu à peu, la dimension ascétique cesse de servir de marche-pied à la contemplation des vérités mystiques.
Ce qui signifierait que les orientaux sont peut-être en train d’emprunter les chemins qui ont mené l’Eglise d’Occident au désastre actuel. Comme quoi personne n’est à l’abri...

* * * * Mardi, 19 février 2019. Message de Mgr Andreas Laun, évêque émérite de Salzbourg (AU) : « Si tu écris, sois bref et tu seras lu. Sois clair et tu seras compris. Ecris lisiblement et on se souviendra de toi. Ce sont les conseils que donnait Pullitzer. Je voudrais en ajouter un autre : écris quelque chose d’important pour les personnes auxquelles tu t’adresses, afin que ta lettre ait un sens.
Aujourd’hui, je ne veux pas livrer un long texte mais simplement dire que je signe sans la moindre réserve tout ce que le cardinal Müller a écrit dans son “manifeste pour la foi” et tout que Mgr Athanasius, évêque auxiliaire au Kazakhstan, précise au sujet de “la seule vraie religion”. Je veux signer sans réserve et ainsi me sentir uni avec beaucoup de mes proches déjà décédés, avec mes parents, bien sûr, mais aussi avec mes enseignants et mes amis parmi lesquels Dietrich von Hildebrand, Joseph Pieper, l’archevêque John Dyba, l’archevêque de Salzbourg Georg Eder, Mgr Josef Koukl de Litomerice, les cardinaux Joachim Meisner de Cologne et Carlo Caffarra de Bologne, Otto von Habsbourg et son épouse, le diacre Gyula Molnar de Budapest et tant d’autres. »

Source : Kathnet


* * * * Lundi, 18 février 2019.
Du cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin :
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« Je suis heureux d’annoncer la sortie en France - le 20 mars prochain - de mon nouveau livre réalisé avec Nicolas Diat et dont le titre sera : “Le soir approche et déjà le jour baisse”. Mon analyse portera sur la profonde crise spirituelle, morale et politique du monde contemporain. Après “Dieu ou rien”, et “La force du silence”, “Le soir approche et déjà le jour baisse” est le dernier tome du triptyque que j’ai voulu écrire avec Nicolas Diat.
Ce livre sera le plus important. Car je considère que la décadence de notre époque a tous les visages d’un péril mortel. »

* * * * Lundi, 18 février 2019. Magnifique reportage sur l’abbaye Saint-Pierre de Solesmes où la liturgie vraiment voulue par la Constitution “Sacrosanctum Concilium” de Vatican II est célébrée de façon exemplaire.
Après avoir partagé quelques moments de la vie de prière et de silence des moines, Frank Ferrand nous fait part de son expérience et nous parle de la liturgie latine et grégorienne en tant que “rapport directe à Dieu”...
C’est à voir ici.
Frank Ferrand a compris l'essentiel, cet essentiel dont nous sommes si privés dans nos paroisses !

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* * * * Lundi, 18 février 2019. C’est toujours très curieux - pour ne pas dire incongru - de voir que lorsqu’un évêque fait une oraison qui, par nature, s’adresse à Dieu, il y a toujours quelqu’un qui se met tout à côté de lui pour tenir un micro. Dieu serait-il devenu à ce point sourd qu’il faille amplifier le son pour qu’il entende ce qu’on lui demande par la voix de son Eglise ?
A moins que le micro ne serve, au fond, qu’à permettre aux fidèles d’entendre la prière que l’évêque adresse au Seigneur ?
Mais dans ce cas, les fidèles ne finissent-ils pas par apparaître, d’une certaine façon, comme les principaux protagonistes de la liturgie et comme les interlocuteurs privilégiés du célébrant ? Encore un effort et dans quelques temps, au lieu que ce soit le célébrant qui dise aux fidèles « prions le Seigneur », ce sera l’assemblée qui dira au ministre de l’autel « priez le Seigneur ».
Cette façon d’utiliser systématiquement un micro pour rendre la liturgie audible de A à Z est une nouvelle preuve des déviations que l’on fait subir à la liturgie : perdant peu à peu toutes les marques de son théocentrisme, elle se réduit à n’être plus qu’une accumulation de leçons à vision anthropocentrique. Les oraisons se transforment en péroraisons, sortes d’harangues adressées au peuple qui n’ont rien à voir avec la liturgie.

* * * * Lundi, 18 février 2019. Dans une interview accordée à « EWTN », le cardinal Rainer Maria Woelki, archevêque de Cologne (D), a formulé des critiques claires à propos de récents commentaires de ses collègues évêques qui sèment le trouble chez les fidèles en diffusant des messages confus.

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Le cardinal Woelki a, entre autres choses, déclaré : « Certaines voix pensent maintenant qu’il est temps de jeter tout le passé de l’Eglise par-dessus bord. (...) Ce n’est pourtant pas à nous d’inventer une nouvelle Eglise. » Et d’ajouter : « L’Eglise doit demeurer fidèle à ce qu’elle a reçu et à ce qu’elle est ; par conséquent elle ne doit ni abolir le célibat des prêtres ni permettre aux femmes d’exercer la prêtrise. Cela n’apporterait pas la solution. (...) Les évêques ont comme première responsabilité particulière de préserver la foi de l’Eglise, ce qui signifie enseigner la doctrine de la foi pour nous et pour les générations à venir après nous. (...) Il ne suffit pas de dire que nous avons besoin d’une nouvelle morale sexuelle : l’Evangile était, est et reste la norme. »
Selon le cardinal Woelki, « la plus grande tâche de l’Eglise consiste aujourd’hui à conserver vivante la question de Dieu dans nos sociétés en rappelant sans cesse que Dieu est Dieu et qu’il est à l’origine de tout. »

* * * * Lundi, 18 février 2019. Le cardinal Farrell tente de nous faire croire qu’il ne savait rien des inconduites - le mot est faible - de l’ex-cardinal McCarrick alors que dans le milieu clérical, tout le monde était au courant.
Est-ce parce que le cardinal Farrell n’a rien dit, a protégé McCarrick dont l’influence a permis l’élection de Mgr Bergoglio au pontificat suprême, qu’aujourd’hui le pape François le nomme camerlingue, l’un des postes les plus importants du Vatican ?
Et pourquoi McCarrick n’est-il pas en prison ? De quels appuis bénéficient ces prêtres-prédateurs qui font qu’ils comparaissent que très rarement devant un tribunal ?
Pour de nombreux fidèles, le « cas de McCarrick / Farrell » montre clairement que la dissimulation des faits se poursuit avec l’appui des plus hautes autorités de l’Eglise.
Les plus hautes autorités ? Lesquelles et pour quelles raisons ?

* * * * Lundi, 18 février 2019. Pourrait-on avoir le plus compétent des papes de l’Histoire, le meilleur des missels romains jamais publiés, les plus belles églises, les meilleurs théologiens... que les problèmes actuels ne seraient pas réglés pour autant.Parce qu’à la base de ces problèmes se trouve un problème capital dont on ne parle que très rarement : la désobéissance des clercs.
Certes, elle ne date pas d’aujourd’hui si l’on en croit l’Histoire. Mais aujourd’hui, à la différence d’hier, cette désobéissance a été érigée en norme au sein du clergé.
Pour nombre de prêtres, il est devenu obligatoire de désobéir. Et cette attitude s’appuie sur les principes d’une « pastorale » dont la stérilité n’est plus à démontrer et se fait avec l’appui d’évêques qui eux-mêmes ne sont plus fidèles aux vœux qu’ils ont fait soit lors de leur ordination sacerdotale, soit lors de leur sacre épiscopal.
Répétons-le, vraie maladie qui gangrène l’Eglise actuelle à tous les niveaux porte un nom : la désobéissance. Désobéissance au Catéchisme, désobéissance à la liturgie, désobéissance à la Tradition par laquelle s’exprime la doctrine de la foi...

* * * * Dimanche, 17 février 2019. Dans un entretien paru dans le magazine allemand « Der Spiegel », le cardinal Ludwig Müller insiste sur le fait que le pape François « est malheureusement entouré de gens qui ne comprennent pas grand-chose ni à la théologie ni à la doctrine sociale de l’Eglise, mais ne veulent pas abandonner une mentalité de courtisans vieille de plusieurs siècles. » Le cardinal poursuit : « Benoît XVI avait été accusé d’avoir une compréhension médiévale de la papauté. Mais les actuels courtisans du pape prennent chaque mot, chaque remarque de François comme des paroles divines. Et quiconque n’est pas comme eux est accusé de conspirer contre le pape.
S’agissant de la critique du « manifeste » du cardinal Müller faite par le cardinal Kasper, l’ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi a déclaré que cette réaction avait été « commandée » par un noyau qui met la théologie au second plan afin de préserver leurs bonnes places qu’ils occupent à l’ombre de François.
Quand le journaliste du « Spiegel » demande au cardinal Müller si le pape François est un hérétique, Müller répond sans hésiter que François est un authentique croyant. Mais - ajoute-t-il - il doit veiller à ne pas utiliser le groupe des « progressistes » contre le reste de l’Eglise ni à guider les catholiques selon les règles en vigueur chez les Jésuites.
Au sujet de la crise actuelle liée aux abus dans l’Eglise, le cardinal Müller explique qu’à la Congrégation pour la doctrine de la Foi on sait que « plus de 80% des victimes d’abus sexuels sur des jeunes [sont] des jeunes hommes d’âge adolescent et post-pubertaire ». Mais ces informations ne seront sans doute pas prises en compte lors du prochain sommet à Rome traitant de ce sujet. Et le cardinal de conclure que l’Eglise ne parviendra pas à régler ces problèmes d’homosexualité si elle se contente d’adresser des « mots gentils » aux victimes.


* * * * Samedi, 16 février 2019. Quand depuis des années on laisse faire n’importe quoi dans les églises (spectacles plus ou moins burlesques, concerts de musique profane, exposition d’œuvres peu en rapport avec la dignité des lieus...), quand depuis des années on laisse les prêtres célébrer la liturgie n’importe comment, quand depuis des années on confie la catéchèse des enfants à des laïcs sans formation, quand depuis des années on laisse les messes dominicales être « relookées » par des équipes de fidèles qui n’y connaissent strictement rien en liturgie, quand depuis des années on réduit la formation des séminaristes à quelques slogans creux et quelques vagues notions théologico-socialo-pastorales... alors il ne faut pas s’étonner de voir éclater une crise que les plus perspicaces voyaient arriver et qui, c’est certain, ne se règlera ni à coups de discussions ni à coups de créations de commissions.
Ce qu’il faut, c’est :
- revenir à une formation spirituelle et doctrinale nourrissante pour les prêtres et futurs prêtres, en plus d’exiger d’eux de la tenue et de la dignité dans quelque situation qu’ils puissent se trouver ;
- laisser ces prêtres bien formés faire correctement leur travail, ce qui implique de « dégager » tous les laïcs cléricalisés qui ne font jamais ce qu’il faut faire là où il faut le faire et quand il faut le faire ;
- écarter de toute fonction les fidèles qui, quel que soit leur âge, soit en raison de leur immaturité soit en raison de leurs parcours affectifs ou sociaux cahotiques, ne trouvent généralement de rôle à jouer ou de moyen de s’affirmer nulle part ailleurs que dans les églises.

* * * * Samedi, 16 février 2019. Comme cela avait été annoncé sur notre site « Pro Liturgia », la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rédigé le décret conclusif du procès pénal contre Theodore Edgar McCarrick, Archevêque émérite de Washington (Etats-Unis), par lequel l’accusé a été déclaré coupable des crimes qui lui étaient imputés.
En conséquence Theodore Edgar McCarrick a été renvoyé de l’état clérical. Le pape François a reconnu le caractère définitif de cette décision.
Cependant, le pape a nommé le cardinal Farrel camerlingue de la Sainte Eglise romaine. Il s’agit d’un poste important en cas de conclave pour l’élection d’un nouveau pape.
Or, le pape François n’ignore pas que le cardinal Farrell a partagé pendant 6 ans un appartement avec l’ex-cardinal McCarrick pendant que celui-ci « recevait » habituellement des séminaristes. De plus, le cardinal Farrell, a signé la préface du livre du P. James Martin faisant l’apologie des orientations lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) et avait invité le même P. James Martin à faire une conférence lors de la « Rencontre mondiale des familles en Irlande » ainsi qu’à concélébrer la messe de clôture de la dite Rencontre en compagnie de son diacre Ray Dever, lui-même militant LGBT et père d’un garçon qui se dit femme.
On en vient alors à se demander si le renvoi de l'état clérical de Theodore MacCarrick - aujourd’hui âgé de 88 ans, tout de même ! - n’est pas qu’une manoeuvre servant à faire diversion.
Quoi qu’il en soit, les fidèles sont de plus en plus désorientés par les décisions contradictoires et les propos flous du pape François. Comme le reconnaissent de plus en plus de prêtres fidèles à leur vocation, ce n’est sûrement pas servir la cause de l’Eglise que d’avoir une ligne de conduite aussi sinueuse.


* * * * Samedi, 16 février 2019.
Au cours d’une conférence publiée par le « National Catholic Register » Mgr Carlo Viganò, ancien nonce aux Etats-Unis, a déclaré : « Bien que je prie pour le succès du sommet devant aborder la question des abus sexuels dans l’Eglise, différentes questions montrent qu’il n’y a pas vraiment de volonté de s’attaquer aux véritables causes de la situation actuelle. »
Mgr Viganò a ensuite précisé les « différentes questions » :
« 1) Pourquoi la réunion se concentre-t-elle uniquement sur la maltraitance des mineurs ? Ces crimes sont certes les plus terribles, mais ce qui s’est passé aux Etats-Unis et au Chili, et qui a largement provoqué le sommet à venir, a pour objet la maltraitance de jeunes adultes, y compris de séminaristes, et pas seulement des mineurs. Or, presque rien n’a été dit sur l’inconduite sexuelle chez les adultes, qui est en elle-même un grave abus d’autorité pastorale, que la relation soit ou non « consentie ».
2) Pourquoi le mot « homosexualité » n’apparaît-il jamais dans les derniers documents officiels du Saint-Siège ? Bien que la plupart des homosexuels ne soient en aucun cas des “abuseurs”, il est un fait que la grande majorité des victimes d’abus commis par des religieux homosexuels sont des adolescents et des post-adolescents. Croire que pour condamner les abus il suffit d’affirmer qu’on a de la compassion pour les victimes relève de l’hypocrisie. Une revitalisation spirituelle du clergé est certes nécessaire, mais elle ne sera inefficace tant que la question de l’homosexualité n’est pas franchement abordée.
3) Pourquoi le pape François garde-t-il des homosexuels notoires parmi ses proches collaborateurs, voire les nomme-t-il lui-même à ses côtés ? Pourquoi a-t-il refusé de répondre à des questions légitimes et sincères sur cette question ? Sa réelle volonté de réformer la Curie et de lutter contre la corruption risque de lui faire perdre toute sa crédibilité. »
Et Mgr Viganò de conclure : « J’ai demandé au Saint-Père de reprendre les engagements qu’il avait lui-même pris lorsqu’il a pris ses fonctions de successeur de Pierre. J’ai souligné qu’il s’était donné pour mission de renforcer ses frères et de guider toutes les âmes à suivre le Christ sur le chemin de la croix. Je l’ai mis au défi - et maintenant je le prie à nouveau - de dire la vérité, de se repentir, de montrer sa volonté de suivre la mission confiée à Pierre de confirmer ses frères dans la foi (Lc 22, 32).
Je prie pour que les évêques rassemblés à Rome se souviennent du Saint-Esprit qu’ils ont donné aux prêtres par imposition des mains et pour qu’ils s’acquittent de leur responsabilité en faisant pression pour que les questions posées ci-dessus puissent avoir des réponses claires. Je prie pour qu’ils ne rentrent pas dans leurs pays sans des réponses adéquates à ces questions ; car sans ces réponses, ils abandonneraient leurs troupeaux aux loups et infligeraient des conséquences terribles à l’ensemble de l’Eglise.
Je garde espoir car je sais que le Seigneur n’abandonnera jamais son Eglise. »

* * * * Samedi, 16 février 2019. Extraits du discours adressé par le pape François aux membres de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements.
« (...) Cinquante ans sont passés depuis que, le 8 mai 1969, saint Paul VI a voulu instituer ce qui était alors la “Congregatio pro Cultu Divino”, afin de donner forme au renouveau voulu par Vatican II. Il s’agissait de publier les livres liturgiques selon les critères et les décisions des pères conciliaires, en vue de favoriser, dans le peuple de Dieu, la participation “active, consciente et pieuse” aux mystères du Christ (cf. Const. Sacrosanctum Concilium, 48). La tradition de la prière de l’Église avait besoin d’expressions renouvelées, sans rien perdre de sa richesse millénaire, mais en redécouvrant au contraire les trésors des origines.
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(...) Nous savons qu’il ne suffit pas de changer les livres liturgiques pour améliorer la qualité de la liturgie. Ne faire que cela serait une erreur. (Mt 22, 32). (...) Le point de départ, au contraire, est de reconnaître la réalité de la sainte liturgie, trésor vivant qui ne peut être réduit à des goûts, des recettes et des courants, mais qui doit être accueilli avec docilité et encouragé avec amour, comme une nourriture irremplaçable pour la croissance organique du peuple de Dieu. La liturgie n’est pas du “domaine du bricolage”, mais l’épiphanie de la communion ecclésiale. C’est pourquoi, dans les prières et dans les gestes, résonne le “nous” et non le “je”, la communauté réelle [l’Eglise - n.d.l.t.- ], et non le sujet idéal.
(...) La tâche qui nous incombe est (...) essentiellement de diffuser parmi le peuple de Dieu la splendeur du mystère vivant du Seigneur, qui se manifeste dans la liturgie.
Parler de formation liturgique du peuple de Dieu signifie avant tout prendre conscience du rôle irremplaçable que revêt la liturgie dans l’Eglise et pour l’Eglise. Et cela peut aider concrètement le peuple de Dieu à mieux intérioriser la prière de l’Église, à l’aider comme une expérience de rencontre avec le Seigneur et avec nos frères et, dans cette lumière, à en redécouvrir les contenus et en observer les rites.
En effet, la liturgie étant une expérience tendue vers la conversion de la vie, à travers l’assimilation de la façon de penser et de se comporter du Seigneur, la formation liturgique ne peut se limiter à offrir simplement des connaissances – c’est une erreur – même si elles sont nécessaires, sur les livres liturgiques, et encore moins à préserver l’accomplissement nécessaire des disciplines rituelles. Pour que la liturgie puisse réaliser sa fonction formatrice et transformatrice, il convient que les pasteurs et les laïcs soient introduits pour en saisir la signification et le langage symbolique, y compris l’art, le chant et la musique au service du mystère célébré, ainsi que le silence.
Le Catéchisme de l’Eglise catholique adopte la vie mystagogique pour illustrer la liturgie, en en valorisant les prières et les signes. La mystagogie : voilà une voie appropriée pour entrer dans le mystère de la liturgie, dans la rencontre vivante avec le Seigneur crucifié et ressuscité. Mystagogie signifie découvrir la vie nouvelle que nous avons reçue dans le peuple de Dieu par les sacrements, et redécouvrir continuellement la beauté de la renouveler.
Quant aux étapes de la formation, nous savons d’expérience qu’outre la formation initiale, il faut cultiver la formation permanente des clercs et des laïcs, surtout de ceux qui sont engagés dans les ministères au service de la liturgie. La formation ne se fait pas une fois, mais de façon permanente. Pour les ministres ordonnés, en vue d’un sain “ars celebrandi”, le rappel du Concile vaut encore : “Il est absolument nécessaire de donner la première place à la formation liturgique des clercs” (Const. Sacrosanctum Concilium,14). La première place.
(...) Chers frères et sœurs, nous sommes tous appelés à approfondir et à raviver notre formation liturgique. La liturgie, en effet, est la voie maîtresse à travers laquelle passe la vie chrétienne à toutes les étapes de sa croissance. Vous avez donc devant vous une grande et belle tâche : travailler pour que le peuple de Dieu redécouvre la beauté de la rencontre avec le Seigneur dans la célébration de ses mystères et qu’en le rencontrant, il ait la vie en son nom. (...) »

* * * * Vendredi, 15 février 2019. L’hommage rendu au dessinateur alsacien Tomi Ungerer (protestant) à la cathédrale de Strasbourg est proprement scandaleux.
Dans ce diocèse de Strasbourg, si un « simple » fidèle décède, on lui refuse la liturgie des défunts sur ordre de la responsable en pastorale de service... sauf si, par chance, on tombe sur un curé plus ou moins accommodant qui fera un « mix » de ce qui se fait ordinairement et de quelques pièces grégoriennes.
Mais s’il s’agit d’investir une cathédrale pour participer à une sorte de canonisation civile de quelqu’un qui avait su se faire un nom et qui n'allait jamais à la messe, là ça ne fait aucune difficulté.
Et que des gens aient trouvé cet « hommage » « bien » ou « beau » ou « émouvant » n’arrange rien à l’affaire. C’est tout au plus la preuve manifeste que, premièrement, la glorification d’un homme peut avantageusement remplacer la célébration de la foi catholique dans la maison du Seigneur et que, deuxièmement, du haut en bas de l’Eglise catholique, on marche cul par-dessus tête.

* * * * Vendredi, 15 février 2019. Excellente nouvelle : lors d’une visite faite par un évêque de l’Est de la France dans un secteur interparoissial, la « responsable de l’animation pastorale » a avoué qu’elle ne trouvait plus personne pour la remplacer. Personne n’a semblé s’en plaindre.
Subsidiairement, il faut bien dire que la « responsable » en question était incapable de dire à quoi elle servait et quels résultats elle avait obtenu depuis les années où elle était à la tâche.
D’ailleurs, par politesse ou par prudence, l’évêque s’est bien gardé de le lui demander.

* * * * Vendredi, 15 février 2019. Message envoyé par un internaute de Strasbourg : « Tomi Ungerer, le caricaturiste alsacien (Bas-Rhinois serait plus juste) à la morale ambiguë et à la religion indéfinie, a eu droit, pour fêter son décès ou lui rendre hommage - on ne sait plus très bien - à un grand tralala à la cathédrale de Strasbourg. Il faut bien que nos cathédrales soient encore utiles à quelque chose : à défaut d’y célébrer le Seigneur, on y célèbre l’ego des personnalités locales.
Paradoxalement, quand le simple catholique de base ne demande qu’une messe de funérailles célébrée selon les rites de l’Eglise, ça lui est refusé.
Il faut bien avouer une chose : notre pauvre clergé opportuniste et de moins en moins soucieux de la foi catholique se décrédibilise totalement. »

* * * * Vendredi, 15 février 2019. L’église de Novo-Tikhvinsky du couvent orthodoxe d’Ekaterinbourg a été nouvellement restaurée. On est là dans une magnificence « classique » qui évoque la Jérusalem céleste que, dans la liturgie romaine, nous chantons dans l’hymne « Urbs Ierusalem ».
Allez sur le site en
cliquant ici, puis cliquez sur la première photo et faites défiler les vues : on voit l’église avant et après la restauration.
C’est du grand art : celui qui servit de modèle à Cluny et à tout notre art roman.
C’est là notre bien commun, celui de toute la chrétienté tant orientale qu’occidentale qui sont « les deux poumons de l’Eglise », comme le faisait remarquer Saint Jean-Paul II.
Combien nous aimerions trouver une telle beauté dans nos églises ! Elle existait dans la plus petite de nos paroisses avant qu’un clergé iconoclaste ne vienne tout détruire ou déstructurer en se prévalant abusivement de Vatican II.

* * * * Jeudi, 14 février 2019. Dans un texte de paru sur le site “LifeSiteNews” et repris par “Kathnet”, Mgr Athanasius Schneider affirme que le “manifeste pour la foi” du Cardinal Müller est une consolation et un encouragement :
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« Le “manifeste pour la foi” du cardinal Gerhard Ludwig Müller est une initiative nécessaire et parfaitement actuelle qui consolide notre foi et apporte une lumière bienfaisante dans l’immense confusion spirituelle qui règne depuis un certain temps dans la vie de l’Eglise et qui atteint en ces jours une intensité inattendue.
Cette initiative signifie pour beaucoup de croyants : consolation et encouragement. Ce manifeste, venant de la bouche même d’un éminent représentant de la Hiérarchie de l’Eglise, est une confession de foi publique et sans équivoque de la foi catholique immuable. Cette confession de foi aborde avant tout ces vérités de la foi et de la pratique des sacrements qui sont actuellement les plus défigurées et dont les altérations sont, par une interprétation fallacieuse et gnostique, présentées comme le résultat d’une herméneutique, d’un développement “dans la continuité”.
Une telle confession de foi sans équivoque des vérités révélées par Dieu n’est plus tolérée aujourd’hui dans la vie de l’Eglise ; elle est souvent même ressentie comme une provocation, comme on a pu le voir par exemple lors de la réaction rapide, intolérante et étonnamment agressive du cardinal Kasper rejetant ce texte lumineux. Les arguments de ce dernier contre le “manifeste pour la foi” n’ont fait qu’apporter la preuve que lui-même ne se situe plus dans la vraie foi reçue des Apôtres et de l’Eglise de tous les temps, mais au contraire représente un christianisme qui, à l’instar d’une gnose, s’est construit un monde autour d’une “foi” obéissant à ses propres désirs ou dominée par l’esprit du temps propre à chaque époque.
L’initiative du Cardinal Müller mérite notre pleine reconnaissance : elle constitue un point d’appui majeur dans la lutte contre la vague de christianisme néo-gothique qui menace d’engloutir l’Eglise catholique.
Nous devons garder espoir, et prier pour qu’au sein même de l’Eglise se multiplient des voix concordantes s’exprimant en faveur de la vraie foi, que retentisse “una vox verae fidei” constituée par tous les membres du Corps Mystique du Christ, des membres issus aussi bien du Magistère que des rangs des fidèles.
Que dans leur confession de foi, ils ne se laissent pas troubler, ni intimider par personne - pas même par un Cardinal Kasper -, car avec Saint Paul, ils peuvent affirmer calmement et avec conviction : “scio, Cui credidi !” (2 Tim. 1, 12). »

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

* * * * Jeudi, 14 février 2019. Certains prêtres célèbrent la liturgie en prenant des libertés au motif que le Missel romain actuel ne détaille pas toujours la façon de faire tel geste. Est-ce à dire que chaque célébrant est libre de faire comme il veut ? Est-ce à dire que Vatican II a ouvert en grand les portes de la liberté des ministres de l’autel et de l’improvisation liturgique ?
Pour répondre à cette question, il faut rappeler avant toute chose que la liturgie est par excellence le domaine de la « tradition », c’est-à-dire de ce qui est reçu avec respect et qu’on ne modifie pas en fonction des désirs des uns et des envies des autres. Or dans la Constitution conciliaire « Sacrosanctum Concilium » de Vatican II, les mots « tradition » et « traditionnel » apparaissent près de 25 fois ; et plus de 30 fois dans l’actuelle « Présentation générale du Missel Romain ».
Il n’y a pas besoin d’avoir fait de grandes études pour comprendre que certains éléments qui composent la liturgie, qui lui donnent sa forme et son sens, relèvent au premier chef de la « tradition ». Et relevant de la « tradition », ils sont supposés connus au point que l’Eglise n’a pas jugé nécessaire de les détailler et de les rappeler dans les nouveaux livres liturgiques officiels.
Rien de plus normal après tout : le christianisme n’étant pas une « religion du livre » à proprement parler, il n’y a aucune raison que les chrétiens soient conduits à pratiquer une « liturgie du livre » stricto sensu.
La majorité des célébrants - et des laïcs dits « en responsabilité » - oublient que les raisons de l’absence de précision à propos de certains rites sont clairement expliquées dans la « Présentation du Missel Romain ». Au n°42, on lit en effet que « les gestes et les attitudes du corps, tant ceux du prêtre, du diacre ou des ministres, que ceux du peuple doivent viser à ce que toute la célébration manifeste une belle et noble simplicité, que soit perçue toute la vraie signification de ses diverses parties et que soit favorisée la participation de tous. »
On voit que si l’Eglise se refuse à codifier strictement les « gestes » et les « attitudes », c’est parce qu’elle compte sur le bon goût et le bon sens qu’elle est en droit d’attendre de la part des fidèles, et plus spécialement encore des prêtres qui, en principe, ont étudié longuement la liturgie avant d’être ordonnés. En principe...
Dans le paragraphe qui suit immédiatement le n°42, le Missel romain poursuit : « On devra donc être attentif aux normes de cette Présentation générale et à la pratique reçue du rite romain ainsi qu’au bien commun spirituel du peuple de Dieu, plutôt qu’à ses goûts personnels et à son propre jugement. »
Autrement dit, à la culture du « bon goût » et du « bon sens » doit s’ajouter l’ « attention aux normes » données par le Missel romain ainsi que l’attachement à la « pratique reçue » du rite romain.
Les « normes » et la « pratique reçue » - poursuit le texte de la « Présentation Générale du Missel Romain » - favorisent des attitudes communes qui « sont un signe de l’unité des membres de la communauté chrétienne rassemblée dans la sainte Liturgie [et qui] expriment et développent tant l’esprit que la sensibilité des participants. »
Est aussi énoncé le principe liturgique selon lequel ces « normes » et la « pratique reçue » peuvent être « adaptées » lorsque - et seulement lorsque - par la force des choses, il devient impossible de les respecter telles quelles.
Mais en liturgie, « adapter » - rappelons-le une fois de plus - ne consiste ni à oublier, ni à démolir, ni à abroger, ni à prendre des libertés, ni à laisser libre cours à de quelconques fantaisies, mais à « mettre en accord », à « s’efforcer de parvenir à... »
Il est donc évident que pour réaliser la liturgie dans un respect réfléchi de ce que l’Eglise demande de faire, il est impératif d’assujettir les célébrations actuelles à un principe de continuité et non de rupture, comme l’a rappelé Benoît XVI dans le Motu Proprio « Summorum pontificum ».
Le Missel romain actuel (dit « de Paul VI »), pas davantage que le Missel romain ancien (dit « de S. Pie V »), ne peut être considéré comme une création à partir de rien, même si ces deux missels portent chacun une date indiquant à partir de quand ils entrent officiellement en service. Les deux ouvrages sont à ancrer dans le développement harmonieux de la liturgie par lequel s’exprime la continuité, à travers les siècles, du rite romain comme expression de la foi de l’Eglise et comme outil de transmission de cette même foi.
Avec le concile Vatican II, l’Eglise et ses ministres sont entrés dans une nouvelle approche de la liturgie et plus encore dans une nouvelle « conscience liturgique » qui induit et impose une redécouverte du rapport que les fidèles - et particulièrement les prêtres - doivent entretenir avec les rites reçus de l’Eglise. Ce rapport doit nécessairement engager cet « art de célébrer » dont parle l’Exhortation post Synodale « Sacramentum Caritatis » du 22 février 2007 : « L’ “ars celebrandi” doit favoriser le sens du sacré et l’utilisation des formes extérieures qui éduquent à un tel sens, comme par exemple l’harmonie du rite, des vêtements liturgiques, de l’ameublement et du lieu sacré. (...) La simplicité des gestes et la sobriété des signes, effectués dans l’ordre et dans les moments prévus, communiquent et impliquent plus que le caractère artificiel d’ajouts inopportuns. L’attention et l’obéissance à la structure propre du rite, tout en exprimant la reconnaissance du caractère de don de l’Eucharistie, manifestent la volonté du ministre d’accueillir, avec une docile gratitude, ce don ineffable. »
Il est donc évident que les liturgies actuelles où prédominent les goûts de tel célébrant ou de tels fidèles sont à situer hors de l’authentique Tradition liturgique, laquelle n’autorise aucune fantaisie, aucune improvisation, mais impose que « les pasteurs soient profondément imprégnés de l’esprit et de la vertu de la liturgie » (Cf. Sacosanctum Concilium, n.14).

* * * * Jeudi, 14 février 2019. « L’humanité a cru qu’en professant la divinité du Christ, elle était dispensée de prendre au sérieux ses paroles. On a arrangé certains textes évangéliques de manière à en tirer tout ce qu’on voulait et on a fait la conspiration du silence contre d’autres textes qui ne se prêtaient pas aux arrangements. On répétait sans cesse le commandement : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » pour sanctionner un ordre de choses qui donnait tout à César tout et rien à Dieu.
Par la parole : « Mon Royaume n’est pas de ce monde », on tâchait de justifier et de confirmer le caractère païen de notre vie sociale et politique, comme si la société chrétienne dût fatalement appartenir à ce monde et non pas au Royaume du Christ. Quant aux paroles : « Tout pouvoir m’est donné dans les cieux et sur la terre », on ne les citait pas. On acceptait le Christ comme sacrificateur et comme victime expiatoire, mais on ne voulait pas de Christ-Roi. Sa dignité royale fut remplacée par toutes les tyrannies païennes, et des peuples chrétiens ont répété le cri de la plèbe juive : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! » Ainsi l’histoire a vu - et nous voyons encore - le phénomène étrange d’une société qui professe le christianisme comme sa religion et qui reste païenne non pas dans sa vie seulement mais aussi quant à la loi de sa vie. »

Vladimir SOLOVIEV

* * * * Jeudi, 14 février 2019. Une belle photo montrant l’évêque de Tournai (Belgique) entouré de son plus jeune clergé (si, si, l’évêque est bien là : cherchez bien...) et de quelques (indispensables) assistantes en pastorale... Cette Eglise-là, avec ses “célébrations-qui-plaisent” imaginées par des laïcs en responsabilité dûment sélectionnés pour leur incompétence annonce que la fin est proche.

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Témoignage d’un fidèle qui en dit long à ce sujet : « De passage dans le diocèse de Namur, je cherche une messe. Impossible d’un trouver une le dimanche après avoir consulté les panneaux d’affichage de trois secteurs paroissiaux. Finalement, j’en trouve une le samedi soir. J’arrive un quart d’heure avant l’Eucharistie. Aucun signe de vie à proximité de l’église. Quelques minutes avant la célébration, une cloche se met à sonner... mais aucun mouvement de foule.
J’entre dans l’église. Combien de personnes à “la messe” ? A part moi, une dame de plus ou moins 75 ans. Point.
Il y avait un organiste. Il quittait son instrument pour faire les lectures. Le célébrant était un africain. A la sortie, j’ai dit mon étonnement à ce dernier. Réponse : “Nous allons nous replier sur des lieux de vie, comme la maison de retraite car là il y a toujours du monde.”
En fait ce prêtre m’a donné l’impression qu’il était là plus pour son salaire que pour servir l’Eglise et la paroisse. Au cours de son homélie, il avait déclaré : “On a dit hors de l’Eglise point de salut et pourtant Dieu est là où nous sommes...” J’ai donc supposé que Dieu était dans les cafés bondés qui sont autour de la place... »

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