L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Samedi, 21 avril 2018. Très belle sonnerie de cloches à l’église de Hochstatt, village d’un peu plus de 2100 habitants où notre association avait son assemblée générale en septembre 2017 (certains participants se souviennent encore des “Flaischschnaka”...) et aussi où notre trésorier est organiste. C’est à écouter ici.

* * * * NOUVEAU Samedi, 21 avril 2018. En France, la concélébration est devenue une sorte d’habitude. Il y a concélébration pour un oui ou un non : dès qu’un prêtre est de passage dans une paroisse, dès que la télévision est là pour diffuser la messe dominicale... etc. On est donc dans une banalisation de la concélébration qui devient une solution de facilité qui se justifie encore moins quand on sait qu’en tel endroit plusieurs prêtres sont autour de l’autel alors que dans les paroisses voisines il n’y a pas de messe... faute de prêtre.

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Que dit l’Eglise au sujet de la concélébration ? Les textes du concile Vatican II sont très clairs :
La faculté de concélébrer concerne les cas suivants (cf. Const. “Sacrosanctum Concilium”, n°57) :
- le Jeudi saint, tant à la messe chrismale qu’à la messe du soir ;
- aux messes célébrées dans les conciles, les assemblées épiscopales et les synodes ;
- les messes conventuelles et la messe principale dans les églises, « lorsque le bien spirituel des fidèles ne requiert pas que tous les prêtres présents célèbrent individuellement » ;
- les messes des assemblées de prêtres de tout genre, aussi bien séculiers que religieux.
On voit donc que la concélébration ne devrait être qu’exceptionnelle, réservée à quelques moments très particuliers en dehors des messes conventuelles.

* * * * Vendredi, 20 avril 2018. Un internaute m'envoie deux photos montrant ce qu'on trouve dans l'église paroissiale de Beaune, en Côte d'Or :

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En voyant cet innommable bric-à-brac, je me suis souvenu de l'émission que j'ai regardée à la télévision ce jeudi soir. On y voyait la formation que reçoivent les jeunes, filles et garçons, qui rêvent d'être embauchés dans les plus grands palaces : il leur fallait perdre leurs vieilles habitudes et apprendre la façon de se tenir, de servir, de parler, de se déplacer, de laisser toujours tout dans un état de propreté impeccable, d'être irréprochable pour servir le client qui, comme on sait, est toujours roi.
Pourquoi n'exige-t-on pas la même chose de ceux qui servent le Roi des rois à l'autel et sont chargés de veiller à la beauté de sa demeure ? Pourquoi admet-on dans les églises ce laisser-aller, ce fourbi et ce décor de carnaval - ou de gaypride - qu'on n'admettrait jamais dans un hôtel ou un restaurant ?
Tant que les prêtres n'auront pas conscience du bazar qu'ils ont dans les églises dont ils ont la charge, il est certain qu'on ne pourra pas espérer d'eux qu'ils soignent et respectent la liturgie à travers laquelle ils entendent servir le Seigneur.


D.C. pdt

* * * * Vendredi, 20 avril 2018. Pro Liturgia, Eglise, liturgie, avenir... L’analyse d’un jeune internaute :

« Le rôle de notre association “Pro Liturgia” n’est pas simple. Notre “ligne” suscite de l’intérêt mais, en même temps, il est évident qu’il y a une grande passivité chez les fidèles sur la question liturgique, surtout chez ceux qui, justement, n’ont aucune intention de l’instrumentaliser comme le font encore les bataillons sur le déclin de “laïcs engagés”. Il est vrai également que c’est une question compliquée qui nécessite une approche très subtile, et il est difficile pour le fidèle moyen, forcément peu ou mal formé, d’avoir une vraie compréhension des enjeux de la question liturgique sans tomber dans le mouvement de certains “tradis”. C’est déjà visiblement très compliqué pour le clergé... Quand on ajoute à cela les ennuis familiaux, économiques, sociaux des uns et des autres, on en arrive très vite à une situation dans laquelle un seul est obligé de tout faire tout seul, ou presque.
Evidemment, ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’un nouveau mouvement liturgique qui soit capable de reprendre l’ancien pour le continuer en allant cette fois la bonne direction. Benoit XVI l’avait appelé de ses vœux ; beaucoup sont conscients que c’est une nécessité, une urgence, mais honnêtement, pour l’instant - en Europe occidentale en tout cas - rien ne bouge. Et ce n’est pas le néo-conservatisme des quelques rares jeunes prêtres qui reste qui va permettre de relancer un tel mouvement : il n’y a souvent chez eux que des tâtonnements, souvent bien maladroits ; et de toute façon, ils sont dépendants des évêques qui, eux, vivent sur une autre planète.
Disons-le : il n’y aura pas d’amélioration réelle de la situation avant un moment et peut-être même que le pire est devant nous :
- poursuite du processus de sécularisation (déjà bien avancé en France) avec baisse continue du nombre de prêtres, de pratiquants, etc. A la clé, liquidation (probablement avant 10 ans) d’un certain nombre de diocèses. Dans des régions entières, il n’y aura bientôt plus un seul prêtre.
- au niveau de l’Eglise universelle, accélération de la décomposition en cours du tissu catholique, sous l'effet de la politique de François : une politique néo-luthérienne, qui vise à transformer l’Eglise en une sorte de vague fédération de communautés locales, régionales ou nationales, ayant chacune sa propre doctrine, sa propre liturgie, etc. Pour peu que l'actuel pontificat soit plus long que prévu, ou que le successeur du pape actuel poursuive la même politique (ce qui est possible, vu que désormais un grand nombre de cardinaux ont été nommés par François), on peut être sûr que d’ici une vingtaine d’années il ne restera plus grand-chose du catholicisme romain tel qu’il subsiste encore aujourd’hui en de rares endroits. Quand on voit que même des catholiques modérés, voire des cathos de gauche, commencent à être inquiets, on se dit que décidément, ça commence furieusement à sentir le roussi...
- comme cette pastorale partout mise en œuvre est suicidaire, l’Eglise va commencer à plonger à la vitesse grand V dans les pays où elle a encore un certain poids (Malte, l’Irlande, l’Italie, l’Allemagne...). Nous allons rentrer dans une période de vrai chaos : des évêques, voire des conférences épiscopales entières, vont faire sécession et il y aura probablement des schismes en série. Tout ce qui reste de l’Eglise institutionnelle d’autrefois (bureaucraties diocésaines improductives, structures paroissiales vides...) va disparaître. Enfin, l’Eglise va se couper des peuples et de ses fidèles. Il ne restera que quelques communautés chrétiennes traditionnelles et ferventes, réduites à des tailles groupusculaires, au milieu d’un océan sécularisé. La foi des fidèles sera mise à rude épreuve : les baptisés devront conserver la foi catholique sans le soutien de Rome, sans même le soutien des épiscopats. Toute la question est de savoir si ces îlots vont se scléroser et finalement eux-mêmes disparaître, ou si ces petites communautés vont réussir à devenir des “minorités créatrices” (cf. Benoit XVI), capables de rayonner, de diffuser la foi chrétienne autour d’elles et donc de constituer des pôles capables d’enfanter quelque chose de nouveau (un peu comme les premières abbayes bénédictines durant la période de chaos que fut l’effondrement de l’Empire romain, abbayes qui - quoique involontairement - jetèrent les bases de la civilisation européenne).
On aura remarqué que le cardinal Sarah parle peu mais voyage beaucoup, surtout en France : il se rend à Lagrasse, à Solesmes, au Barroux, à Fontgombault, à Vézelay... Il donne des conférences, se rend en Vendée... Il célèbrera la messe de la Pentecôte au pèlerinage de Chartres organisé par des mouvements “traditionalistes”. Pendant un moment on a pu se demander comment tous ses voyages peuvent être compatibles avec l’exercice de la charge de préfet d’une des congrégations les plus importantes de la Curie. Il n’est pas interdit de penser que puisqu’il a plus ou moins les pieds et les poings liés par François, il prend du temps pour visiter les “forces vives” de l’Eglise, celles qui ont le plus d’avenir, car il sait qu’elles seront précieuses lors de l’affrontement qui s'annonce. Il s’avère que ces forces vives, très diverses, parfois ou souvent imparfaites, se trouvent en grande partie en France. Le cardinal sait que, comme elle l’a fait dans le passé, la France jouera un rôle majeur dans la perpétuation de la foi chrétienne dans les graves difficultés qui s’annoncent. Attendons de voir ce que tout cela donnera et continuons d’agir à notre niveau... »


* * * * Vendredi, 20 avril 2018.
D’un fidèle : « Dimanche dernier, il y avait les premières communions dans ma paroisse du diocèse de Strasbourg. Ce jeudi après-midi, je suis allé à l’église et j’ai découvert les restes de la “liturgie festive” : panneaux, slogans, arbre... Tout un bric-à-brac que les “mamies bigoudis” locales s’étaient employées à mettre en place avec une ardeur prouvant leur ignorance abyssale de la liturgie. Il y a de cela un certain temps déjà, j’étais allé à la messe dans ma paroisse. Je ne peux pas dire que la célébration était belle ou laide, bien ou pas bien : elle était vide. En revenant à l’église ce jeudi après-midi et en voyant le décorum qui encombrait l’affreux podium installé pour que le célébrant puisse être face au peuple, je me suis dit que puisque les célébrations sont tellement désacralisées, tellement vides, elles sont devenues incapables de subjuguer qui que ce soit. Les adultes pas plus que les enfants qui font leur communion. Alors, pour éviter que les gens - qui n’en ont strictement rien à faire de se que fait et dit le célébrant - ne s’ennuient et finissent par s’envoyer discrètement des SMS d’un banc à l’autre, on les occupe à faire des machins qui n’ont de rapports ni avec la liturgie, ni avec la communion eucharistique, ni avec la foi. Comme en beaucoup d’endroits, on demande aux gamins d’accrocher des petites phrases aux branches d’un arbuste aussi dénudé que la messe et qu’on a placé à côté de l’autel moche.

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Cette activité a au moins un avantage : elle permet aux parents qui, comme les jeunes communiants, ne mettent jamais les pieds à l'église et se moquent bien de ce qui s'y fait, de prendre des photos de leur rejeton qui viennent accrocher leurs petites fleurs sous le regard attendri d'une armada de catéchistes qui sont allées chez le coiffeur pour l'occasion. C'est chou, non ?
Ce jeudi après-midi, donc, j’ai profité de ce qu’il n’y avait personne à l’église - en dehors du Bon Dieu - pour aller lire les petites phrases écrites sur les fleurs en papier et accrochées à l'arbre sec. C’était des bonnes résolutions. Je vous en livre quelques unes :
- préparer le petit déjeuner à mes parents ;
- ne plus faire de bêtises ;
- ne plus détruire les Légo de mon frère...
Deux questions me sont venues à l’esprit :
1. Quel intérêt de faire sa communion si ce n’est que pour écrire des petites phrases sans aucun rapport avec la foi chrétienne ?
2. Pourquoi notre curé et son équipe de mamans-catéchistes persistent-ils depuis tant d’années à faire faire aux gamins de telles niaiseries qu’on peut qualifier de totalement stériles puisque pas un seul de ceux qui font leur communion ne remettra les pieds à la messe avant bien longtemps ?
Il fut un temps où les célébrations liturgiques étaient créatrices d’une ambiance qui subjuguait les fidèles au point de donner à certains d’entre eux l’envie de revenir à l’église. Le silence, les chants, la dignité du célébrant, l’encens, la beauté des objets et des ornements liturgiques y étaient pour beaucoup. Aujourd’hui, nombre de messes - comme celle des communions dans ma paroisses - sont organisées de telle sorte que quand on en sort, on dit : « Ouf, enfin ! » Et l’on s’interroge : « C’est qui le prochain de la famille qui doit faire sa communion ? » Si aucun nom ne vient à l’esprit, on repart soulagé. Plus besoin d'aller à l'église avant longtemps : une corvée de moins... »

* * * * Jeudi, 19 avril 2018. PAUL VI ET LA REFORME LITURGIQUE. IL L’A APPROUVEE MAIS ELLE NE LUI PLAISAIT GUERE.

« C’est le pape qui le veut ». C’est ainsi que Mgr Annibale Bugnini (1912-1982), l’artisan de la réforme liturgique qui suivit le concile Vatican II, réduisait systématiquement au silence les experts qui contestaient l’une ou l’autre de ses innovations les plus inconsidérées.
Le pape en question, c’était Paul VI qui avait en effet confié à Bugnini le rôle de secrétaire et de factotum du conseil pour la réforme de la liturgie présidé par le cardinal Giacomo Lercaro. Bugnini jouissait d’une mauvaise réputation auprès de certains membres du conseil. « Scélérat et mielleux », « manipulateur », « dépourvu de culture comme d’honnêteté » : c’est ainsi que le grand théologien et liturgiste Louis Bouyer (1913-2004), que Paul VI estimait énormément, l’a décrit dans ses « Mémoires ».
En fin de compte, ce pape qui fut sur le point de créer Bouyer cardinal punit Bugnini en l’exilant comme nonce à Téhéran après s’être rendu compte des dégâts qu’il avait causés et de la fausseté de ce « c’est le pape qui le veut » derrière lequel cette canaille s’abritait.
Pourtant, au cours des décennies qui suivirent, les héritiers de Bugnini menèrent le jeu. Son secrétaire personnel, Piero Marini, fut l’organisateur des cérémonies pontificales de 1983 à 2007. Des livres viennent de sortir qui mettent en évidence le rôle de Bugnini.
Mais revenons à Paul VI. Comment a-t-il vécu l’affaire de la réforme liturgique ? Les défenseurs de la liturgie préconciliaire l’accusent d’être le responsable ultime de toutes les innovations. En réalité, entre Paul VI et la réforme qui prenait forme peu à peu, il n’y avait rien de cette harmonie que les critiques lui reprochèrent. Au contraire, Paul VI a souffert à de nombreuses reprises de ce qu’il voyait se dérouler et qui était aux antipodes de sa culture liturgique, de sa sensibilité et de l’esprit avec lequel il célébrait.
Un petit livre qui vient de sortir dernièrement apporte une nouvelle lumière précisément sur cette souffrance personnelle causée au pape Jean-Baptiste Montini par une réforme liturgique avec laquelle il ne partageait pas grand-chose.
Leonardo Sapienza, « Paolo VI. Una storia minima », éd. VivereIn, Monopoli, 2018.
Dans ce livre, Mgr Sapienza – qui est depuis 2012 régent de la préfecture de la maison pontificale – rassemble plusieurs pages des « carnets » rédigés par celui qui était le maître des cérémonies pontificales sous Paul VI, Virgilio Noè (1922-2011), qui a ensuite été créé cardinal en 1991. Avec ces « carnets », Noè perpétue une tradition qui remonte au « Liber notarum » du Strasbourgeois Johannes Burckhardt, cérémoniaire d’Alexandre VI. Dans le compte-rendu qu’il fait de chaque célébration, Noè notait également tout ce qui Paul IV lui avait dit avant ou après le rite, y compris ses commentaires à propos de certaines nouveautés de la réforme liturgique expérimentées pour la première fois à cette occasion. Par exemple, le 3 juin 1971, après la messe de commémoration de la mort de Jean XXIII, Paul VI a fait ce commentaire : « Comment se fait-il que dans la liturgie des défunts, on ne parle plus de péché ni n’expiation ? L’imploration à la miséricorde du Seigneur fait complètement défaut. Ce matin encore, à la messe célébrée dans les Grottes [du Vatican], malgré la grande beauté des textes, il leur manquait le sens du péché et le sens de la miséricorde. Est-ce qu’on avait besoin de ça ! Et quand ma dernière heure viendra, demandez la miséricorde du Seigneur pour moi parce que j’en ai grand besoin ! ».
Et à nouveau en 1975, après une messe en mémoire de Jean XXIII : « Certes, dans cette liturgie, il manque les grands thèmes de la mort, du jugement… » La référence n’est pas explicite mais Paul VI se plaignait alors, entre autre, de la disparition dans la liturgie des défunts de
la grandiose séquence « Dies irae » que l’on ne récite et que l’on ne chante plus à la messe et qui ne survit que dans les concerts, mise en musique par Mozart, Verdi entre autres compositeurs.
Une autre fois, le 10 avril 1971, à l’issue de la Veillée pascale réformée, Paul VI commenta : « C’est vrai que la nouvelle liturgie a beaucoup allégé la symbolique. Cependant, la simplification à outrance a ôté des éléments qui avaient autrefois une grande emprise sur l’âme des fidèles ». Et il demande à son cérémoniaire : « Cette liturgie de la veillée pascale est-elle définitive ? ». A quoi Noè répondit : « Oui, Saint-Père, à présent les livres liturgiques ont été imprimés ».
« Mais pourra-t-on encore changer quelque chose ? », insista le pape, de toute évidence non satisfait.
Une autre fois, le 24 septembre 1972, Paul VI répliqua à son propre secrétaire Pasquale Macchi qui se plaignait de la longueur du chant du Credo : « Mais il faut quand même bien un îlot sur lequel tous se retrouvent ensemble, par exemple le “Credo”, le “Pater noster” en grégorien… »
Le 18 mai 1975, après avoir remarqué à plusieurs reprises que pendant la distribution de la communion, dans la basilique ou sur la place Saint-Pierre, certains se passaient l’hostie consacrée de main en main, Paul VI commenta : « On ne peut pas traiter le pain eucharistique avec autant de désinvolture ! Les fidèles, dans ces cas-là, se comportent… comme des infidèles ! ».
Avant chaque messe, tandis qu’il revêtait les ornements sacrés, Paul VI continua à réciter les prières prévues dans l’ancien missel « cum sacerdos induitur sacerdotalibus paramentis » même après qu’elles aient été abolies. Et un jour, le 24 septembre 1972, il demanda en souriant à Noè : « Est-il interdit de réciter ces prières pendant qu’on met les ornements ? » « Non, Saint-Père, on peut les réciter, si on veut », lui répondit le cérémoniaire. Et le pape : « Mais on ne trouve plus ces prières dans aucun livre : même dans la sacristie, on a enlevé les cartons… Ainsi, elles finiront par se perdre ! »
Ce ne sont que de petites anecdotes mais elles sont cependant révélatrices de la sensibilité liturgique du Pape Montini et de son malaise face à une réforme qu’il voyait s’avancer hors de toute mesure, comme le même Noè l’a consigné dans ses « carnets » : « On a l’impression que le pape n’est pas complètement satisfait de ce qui s’est fait dans la réforme liturgique. […] Il ne connaît pas toujours tout ce qui a été fait pour la réforme liturgique. Peut-être l’une ou l’autre chose lui a-t-elle parfois échappé au moment de la préparation et de l’approbation. »
Il faudra aussi se rappeler cela de lui quand Paul VI sera proclamé saint l’automne prochain...

Après cet excellent texte de Sandro Magister (
source ici), il conviendrait de rappeler encore deux choses :
1. Voyant la tournure que prenait la réforme liturgique voulue par le Concile, Paul VI avait personnellement écrit au Père Abbé de Solesmes, Dom Jean Prou, pour lui demander de veiller à ce que la célèbre abbaye bénédictine s’applique à mettre en œuvre les nouveaux livres liturgiques de façon exemplaire. Ce que les moines ont toujours fait et dans un contexte d’euphorie postconciliaire qui ne leur était pas toujours favorable.
2. Voulant conserver un minimum de pièces grégoriennes dans la liturgie restaurée, Paul VI avait envoyé aux évêques du monde entier un livret, le « Iubilate Deo », en leur demandant qu’il soit diffusé dans les paroisses. En France, les évêques ont superbement ignoré cet opuscule : non seulement il ne fut jamais diffusé mais en plus, les fidèles qui souhaitaient conserver le chant grégorien dans la liturgie actuelle furent taxés d’ “anti-conciliaire” et même d’ “intégristes”.

Aujourd’hui, très rares sont les paroisses où la liturgie “conciliaire” est correctement mise en œuvre et où les fidèles savent encore chanter l’intégralité d’un ordinaire grégorien. Tous les dimanches, la messe télévisée nous en donne la preuve... C’est d’ailleurs en raison affadissement programmé de la liturgie restaurée à la suite de Vatican II qu’a été fondée notre association « Pro Liturgia », avec les vifs encouragements de plusieurs hautes personnalités de l’Eglise dont le cardinal Ratzinger.

* * * * Jeudi, 19 avril 2018. A force de vouloir des célébrations eucharistiques sympathiques, conviviales, dont le sens est diminué afin de devenir accessible à tout un chacun, certains prêtres - évêques en tête avec leurs “célébrations festives” - font tomber la liturgie et le sacerdoce dans l’insignifiance. C’est ce qui explique en partie que les églises sont vides et que l’idée de prêtrise n’effleure plus guère les jeunes catholiques.
Qui pourrait avoir à gagner en fréquentant une Eglise qui ne sait plus que proposer des liturgies frivoles imaginées par des célébrants donnant l’impression de négliger eux-mêmes la dignité de leur ministère ?

* * * * Jeudi, 19 avril 2018. Une question mérite d’être posée dès qu’on assiste à certaines célébrations liturgiquement bricolées : qu’est-ce qui tient le plus à coeur au prêtre qui préside de telles Eucharisties ? Le salut de l’âme ou le bien-être psycho-physique et émotionnel des personnes présentes ?
Quand on vit dans l’illusion que la foi n’est qu’affaire de sensibilité (ce qui est l’erreur dominante à notre époque), et qu’elle ne repose que sur l’émotion et le “ressenti”, on ne peut que foncer droit dans le mur. Le sentimentalisme actuel qu’on retrouve au cours de tant de célébrations liturgiques (tons doucereux, cantiques sirupeux, attitudes affectées) est l’une des pires maladies qui ronge l’Eglise, et ce depuis plusieurs siècles déjà, mais qui prend une ampleur effrayante aujourd’hui, du bas en haut de la hiérarchie. Il est très difficile de le combattre tellement il imprègne les mentalités dans l’Eglise comme dans la société.
Le problème est encore plus inquiétant si l’on considère que nous avons actuellement un pontificat dont les ambiguïtés et les silences traduisent le souci de répondre favorablement à ce sentimentalisme corrupteur qui conduit à mettre la loi divine éternelle après les exigences de l’homme, la liberté chrétienne après l’abandon au libéralisme, les commandements de Dieu après la façon dont on pourrait y échapper.

* * * * Mercredi, 18 avril 2018. Rappel des principales normes liturgiques devant être respectées pour la célébration de l'Eucharistie : CLIQUER ICI

* * * * Mardi, 17 avril 2018.
Sur le site internet du diocèse d’Angoulême, on apprend que le samedi 5 mai, il y aura une messe unique pour tout le diocèse. Elle sera célébrée à 19h. par Mgr Gosselin. Au cours de cette célébration que l'on imagine déjà blablateuse, les fidèles recevront les orientations diocésaines 2018.
Tout le monde sait bien que la messe unique n’est qu’un moyen utilisé pour forcer les fidèles à s’y retrouver et donner ainsi l’impression du nombre. La messe unique est employée lorsqu’un évêque fait une visite pastorale dans un secteur paroissial : on ne garde qu’une seule messe dans la paroisse principale et on demande à tout le monde d’y participer.
Rappelons que la suppression des messes habituellement célébrées dans les paroisses, au profit d’une messe unique est une atteinte grave au droit des fidèles : « Le peuple chrétien a le droit d'obtenir que l’Eucharistie soit célébrée pour lui (...). Par
conséquent, s’il est difficile d’avoir la célébration de la Messe dominicale dans une paroisse (...), l’évêque diocésain doit chercher à remédier à cette situation,
en union avec son presbyterium. » (cf. Instruction “Redemptionis Sacramentum”.)
De toute évidence, le droit des fidèles à l’Eucharistie n’est pas dans la suppression des messes...
Quant aux orientations diocésaines, que faut-il en penser ? Réponse : rien dans la mesure où l’on n’a jamais vu de telles orientations produire quoi que ce soit dans un diocèse.

* * * * Mardi, 17 avril 2018. Le « synode des évêques » sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » qui doit se tenir en octobre 2018 à Rome a franchi une étape avec la publication, fin mars, du document pré-synodal rédigé par certains jeunes pour dessiner les contours des discussions à venir et informer les évêques des attentes des jeunes.
Opération de démocratie dans l’Eglise ? Non. Si l’on en croit les organisateurs du synode, il s’agit plutôt de refléter l’état et les attentes de la jeunesse actuelle.
Les attentes de la jeunesse actuelle ? Il suffit de voir les questions posées pour deviner qu’on voulait obtenir certaines réponses de la part des jeunes consultés.
Le résultat est à la hauteur des espérances des responsables du synode : les jeunes souhaitent une foi light s’appuyant sur une doctrine aussi brumeuse que possible.
Le document pré-synodal est en quelque sorte une feuille de route pour nos évêques toujours à la recherche de ce qui pourrait faire avancer l’Eglise. Il invite à laisser de côté la question du rôle spécifique de l’Eglise comme instrument du salut et dépositaire d’une foi immuable célébrée par les liturgies sacramentelles : ce n’est de loin pas l’essentiel du document.
Dans le domaine liturgique, les jeunes plaident pour une « créativité » à laquelle ils pourraient prendre part : « Nous voulons être une présence joyeuse, enthousiaste et missionnaire au sein de l’Eglise. Nous exprimons également le souhait d’être une voix créatrice dans l’Eglise. Cette créativité se retrouve dans la musique, la liturgie et les arts. Actuellement, il s’agit d’un potentiel inexploité, la créativité étant souvent dominée par des membres plus âgés. »
A l’évidence, les jeunes ne savent pas que la liturgie, expression de la foi catholique, est une rencontre avec Dieu et non la mise en scène de sentiments partagés avec les copains et les copines. Et on ne leur a jamais dit que les liturgies évolutives fruits de la créativité n’ont réussi qu’à vider les églises.
Au lieu d’exiger que l’Eglise demande pardon pour ses erreurs du passé, ne devrait-on pas souhaiter qu’elle demande pardon pour les erreurs de certains fidèles qui, aujourd’hui encore, persistent dans cette créativité qui fait perdre son sens à la liturgie ?

* * * * Mardi, 17 avril 2018. Il y a quelques semaines, au cours des audiences générales, le pape François s’était lancé dans une série d’explications de la messe ou, si l’on préfère une expression plus courante, de la “célébration eucharistique”.
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Qu’a-t-on appris ? Rien. Ou plus exactement rien qui ne soit déjà explicité dans la Présentation générale du Missel romain. On en conclura que la liturgie n’est pas la tasse de thé de l’actuel pontife, grand amateur de célébrations minimalistes. Elle ne semble pas même être sa priorité pastorale alors que le Concile avait déclaré qu’elle est la source et le sommet de la vie de l’Eglise.

* * * * Mardi, 17 avril 2018. A ceux qui disent qu’on ne comprend pas la messe lorsqu’elle est célébrée en latin, il faut répondre que dans ce cas, à quoi bon vouloir assister à la messe du matin que célèbre François à Sainte-Marthe si l’on ne maîtrise pas l’italien ?
Et éventuellement ajouter qu’aucun catholique ne peut prétendre que la liturgie célébrée en latin est infructueuse ou illégitime (cf. Présentation générale du Missel romain, n°12).

* * * * Mardi, 17 avril 2018. LES VASES SACRES ET LEUR UTILISATION DANS LA LITURGIE

Les vases sacrés, destinés à recevoir le Corps et le Sang du Seigneur, doivent être faits en respectant strictement les normes de la tradition et des livres liturgiques.
Au jugement des Conférences des évêques, auxquelles a été donnée cette faculté, moyennant la confirmation de leurs actes par le Saint-Siège, il peut être opportun de réaliser les vases sacrés en utilisant diverses matières, pourvu que celles-ci soient solides et considérées comme nobles par tout un chacun.
Ainsi, le fait de célébrer la Messe avec n’importe quel vase d’usage quotidien ou plus commun, est expressément réprouvé, en particulier s’il s’agit d’objets dépourvus de toute qualité artistique ou de simples corbeilles, ou encore de récipients en verre, en argile, en terre cuite ou en d’autres matières, qui se brisent facilement.

Avant leur utilisation, les vases sacrés doivent être bénis par le prêtre, selon les rites prescrits par les livres liturgiques. Il est louable que cette bénédiction soit faite par l’évêque diocésain qui peut ainsi évaluer si les vases sacrés sont bien conformes à l’usage auquel ils sont destinés.

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Lorsqu'il est posé sur la crédence ou sur le côté de l'autel avant et après son utilisation, le calice doit être recouvert d'un voile de la couleur liturgique du jour. Si l'on ne dispose pas d'un voile ayant la couleur demandée, on peut utiliser un voile blanc.

Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre, se tenant debout à l’autel ou à la crédence, purifie la patène ou le ciboire au-dessus du calice, selon les prescriptions du Missel, puis il essuie le calice avec le purificatoire.

Si un diacre est présent, il revient à l’autel avec le prêtre après la communion et il purifie les vases sacrés.
Toutefois, les vases sont nombreux, il est permis de les laisser à purifier sur le corporal, sur l’autel ou sur la crédence. Dans ce cas, il faut les couvrir correctement. Après la messe, lorsque les fidèles sont partis, le prêtre ou le diacre les purifie. L’acolyte institué aide le prêtre ou le diacre à purifier les vases sacrés, soit à l’autel, soit à la crédence, puis à les remettre à leur place.
En l’absence du diacre, l’acolyte institué porte les vases sacrés à la crédence et c’est à cet endroit que, selon l’usage habituel, il les purifie et les essuie avant de les ranger

Les pasteurs doivent veiller à ce que les linges sacrés utilisés en liturgie soient constamment propres. Ils doivent donc être lavés très fréquemment en suivant les coutumes fidèlement transmises. Ainsi, il est louable, qu’après un premier lavage à la main, l’eau qui a été utilisée, soit répandue dans la piscine de la sacristie ou directement sur le sol dans un endroit convenable. Puis, on peut procéder à un nouveau lavage selon la manière habituelle.

Sources : Instruction “Redemptionis Sacramentum” et Présentation générale du Missel romain.

* * * * Lundi, 16 avril 2018. Le pape émérite Benoît XVI fête ses 91 ans. Très bon anniversaire et meilleurs vœux, Saint Père !
Cliquer ici pour voir quelques images retraçant le parcours de Joseph Ratzinger.
Et quand la Bavière s'invite au Vatican,
ça donne cela...

* * * * Lundi, 16 avril 2018. En 2013, alors qu’il était archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr André Léonard avait créé une Fraternité sacerdotale inspirée du charisme du prêtre français Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Elle devait rapidement compter 23 séminaristes et 6 prêtres, ce qui était remarquable dans la capitale belge très fortement déchristianisée.
Alors qu’il atteignait ses 75 ans, Mgr Léonard fut mis à la retraite et immédiatement remplacé par Mgr Joseph De Kesel, grand protégé du très controversé cardinal Danneels, membre de la “Maffia de Saint-Gall” et impliqué dans une sinistre affaire d’abus sexuels pour avoir protégé un évêque coupable.
Un de ses premiers actes de gouvernement de Mgr De Kesel fut la décision de ne plus accueillir la Fraternité puis de procéder à sa dissolution au motif que beaucoup de séminaristes étant français, il valait mieux qu’ils retournent dans leurs diocèses respectifs pour des raisons de solidarité épiscopale. A aucun moment on ne s’est demandé pourquoi les jeunes français préféraient la formation de la Fraternité sacerdotale à celle donné dans les séminaires diocésains ou interdiocésains.
Dernier épisode : François, pape de l'écoute, du dialogue, de la justice et de la joie, a signé du jour au lendemain le décret de dissolution de la Fraternité qui suscitait des vocations. Ite missa est.

* * * * Lundi, 16 avril 2018. LE VÊTEMENT LITURGIQUE

L’emploi de couleurs diverses pour les vêtements liturgiques vise à exprimer efficacement et visiblement ce qui caractérise les mystères de foi que l’on célèbre et, par suite, le sens de la vie chrétienne qui progresse à travers le déroulement de l’année liturgique ». En vérité, la diversité « des fonctions dans la célébration de la sainte Eucharistie se manifeste extérieurement par la diversité des vêtements liturgiques ». En effet, « il faut que ces vêtements contribuent aussi à la beauté de l’action liturgique ».

L’aube est serrée autour des reins par le cordon, à moins qu’elle ne soit confectionnée de telle manière qu’elle puisse s’ajuster même sans cordon. On doit mettre un amict avant de revêtir l’aube si celle-ci ne recouvre pas parfaitement l’habit commun autour du cou »

Le vêtement propre au prêtre célébrant, pour la Messe et pour les autres actions sacrées en liaison immédiate avec la Messe, est la chasuble, à moins que ne soit prévu un autre vêtement à revêtir par-dessus l’aube et l’étole ». De même, lorsque, conformément aux rubriques, le prêtre revêt la chasuble, il ne doit pas omettre de porter l’étole. Tous les Ordinaires doivent veiller à ce que tout usage contraire soit supprimé.

A l’exception du célébrant principal, qui doit toujours porter la chasuble selon la couleur prescrite, le Missel Romain donne la faculté aux prêtres qui concélèbrent la Messe, de ne pas revêtir de chasuble, en prenant l’étole sur l’aube en présence d’une juste cause, comme par exemple, le nombre plutôt élevé des concélébrants et le manque d’ornements. Cependant, si on peut prévoir une situation de ce genre, on doit, autant que possible, pourvoir à ce manque d’ornements. A l’exception du célébrant principal, les concélébrants peuvent même revêtir, en cas de nécessité, une chasuble de couleur blanche. Pour le reste, ils doivent observer les autres normes des livres liturgiques

Le vêtement liturgique propre du diacre est la dalmatique qu’il doit revêtir sur l’aube et l’étole. Afin de respecter une noble tradition de l’Eglise, il est louable de ne pas faire usage de la faculté d’omettre la dalmatique.

Il faut réprouver expressément l’abus suivant, qui est contraire aux prescriptions des livres liturgiques : même avec la participation d’un seul assistant, il n’est pas permis aux ministres sacrés de célébrer la sainte Messe sans revêtir les vêtements liturgiques, ou de porter seulement l’étole sur la coule monastique ou sur l’habit commun religieux, ou encore sur un vêtement civil.
Les Ordinaires (i.e. évêques diocésains entre autres) sont tenus de corriger dans les plus brefs délais des abus de ce genre, et ils doivent veiller à pourvoir toutes les églises et tous les oratoires dépendant de leur juridiction, d’un nombre suffisant de vêtements liturgiques, confectionnés selon les normes.

Dans les livres liturgiques, une faculté spéciale est accordée pour utiliser, aux jours les plus solennels, des vêtements liturgiques plus festifs ou particulièrement beaux, même s’ils ne sont pas de la couleur du jour. Toutefois, cette faculté, qui concerne d’une manière spécifique les vêtements liturgiques très anciens, dans le but de conserver le patrimoine de l’Eglise, est étendue abusivement à des innovations ; de ce fait, en laissant de côté les usages traditionnels, on adopte des formes et des couleurs, en se basant sur des critères subjectifs, et on affaiblit ainsi le sens d’une telle norme, au détriment de la tradition.
Les jours de fête, les ornements sacrés de couleur or ou argent peuvent se substituer, selon l’opportunité, aux différentes autres couleurs liturgiques, à l’exception du violet et du noir.

La sainte Messe et les autres célébrations liturgiques, qui sont des actions du Christ et du peuple de Dieu organisé hiérarchiquement, sont réglées de telle sorte que les ministres sacrés et les fidèles laïcs peuvent y participer clairement, selon leur propre condition. Ainsi, il est préférable que les prêtres présents à la célébration de l’Eucharistie, exercent d’ordinaire le ministère de leur Ordre propre, sauf si une juste cause les en excuse, et par conséquent qu’ils y participent comme concélébrants, revêtus des vêtements liturgiques. Sauf dans des cas exceptionnels justifiés par l’existence d’une juste cause, il ne leur est pas permis de participer à la Messe, quant à l’aspect extérieur, comme s’il étaient des fidèles laïcs.

Source : Instruction “Redemptionis Sacramentum” (citée par le diocèse de Paris.)

* * * * Lundi, 16 avril 2018. Contrairement à ce qu’on croit parfois, les enfants ne sont pas naïfs. Ainsi, quand on leur fait faire quelque chose, ils font, souvent avec une étonnante docilité. Mais ils jugent aussi : ils jugent les personnes (pardon, il aurait fallu écrire “cellezéceux”) qui sont à l’origine de ce qu’on leur fait faire. Ainsi, quand des enfants prennent part à un “flash-mob” organisé par des adultes, ils se demandent avec raison si ces adultes en question sont vraiment... des adultes et si la foi dont ils se veulent les promoteurs n’est pas tout simplement un divertissement dominical sans fondement ni but.
Pas étonnant alors que ces jeunes qui participent à un “flash mob” comme celui qui a été organisé à Flers, à la sortie de la messe (messe ?), -
cliquer ici - choisiront dès qu’ils le pourront de ne plus mettre les pieds dans une église avant longtemps.
Le cardinal Sarah a publié un livre dont le titre est “Dieu ou rien”. A Flers, le choix semble clair : c’est rien.

* * * * Dimanche, 15 avril 2018. Pour écouter le chant d'entrée de la messe du IIIe dimanche après Pâques, cliquer ici.

* * * * Dimanche, 15 avril 2018. LE RENOUVEAU LITURGIQUE ET LA DISPOSITION DES EGLISES SELON VATICAN II


1. La restauration de la liturgie

Il est bien évident que la réforme liturgique voulue par Vatican II ne peut se limiter à quelques changements dans la teneur des textes lus par les ministres, ou dans les gestes des célébrants. Elle a pour but premier de faciliter la participation active, consciente et communautaire des fidèles à l’action liturgique. Elle répartit de façon nouvelle - quoique profondément traditionnelle - les fonctions respectives du célébrant, des ministres, de la schola, du peuple.
Il s’ensuit qu’elle appelle une disposition des lieux de la célébration assez différente de ce qu’elle était jusqu’ici. Cette question est très complexe lorsqu’il s’agit d’églises existantes, plus ou moins anciennes et plus ou moins belles.
Ici, il ne faut pas vouloir faire du neuf à tout prix, “adapter” coûte que coûte des sanctuaires à des fonctions auxquelles leurs constructeurs n’avaient jamais songé.

2. La question pastorale

Selon l’Instruction Inter Oecumenici, il est nécessaire en premier lieu que tous comprennent bien que le propos de la Constitution liturgique du Concile n’est pas seulement de changer les formes et les textes liturgiques (ajoutons et la disposition matérielle des églises), mais plutôt de susciter une formation des fidèles et une pratique pastorale qui envisagent la liturgie comme leur sommet et leur source. Elle donne donc la primauté aux changements de mentalité, obtenus par l’éducation pastorale, sur les transformations extérieures.
On risque en effet de déconcerter, d’attrister, voire de scandaliser une communauté, si on la met en face du fait accompli sans s’être soucié de l’éduquer et de la préparer.

3. Fidélité aux principes de la Constitution “De sacra Liturgia”

- Les [évêques] veilleront avec zèle à ce que le mobilier sacré ou les oeuvres de prix, en tant qu’ornements de la maison de Dieu, ne soient pas aliénés ou détruits.
- Les évêques par eux-mêmes ou par des prêtres capables, doués de compétence et d’amour de l’art, s’occuperont des artistes pour les imprégner de l’esprit de l’art sacré et de la liturgie.
Le curé n’est pas propriétaire de son église, ni du mobilier de celle-ci. Il n’en est que le gardien et le gestionnaire. Les édifices et leur mobilier appartiennent, au moins moralement, à la communauté paroissiale. Le curé ou l’administrateur d’une paroisse ne sont donc nullement libres de les modifier à leur gré ; encore moins de les aliéner, fût ce pour se procurer des ressources.
Le curé doit se rappeler en tout cas que l’église et son mobilier sont au service de la communauté ; que celle-ci existait avant son arrivée et subsistera après son départ ; qu’il n’a donc pas le droit d’agir comme s’il en était le maître unique et définitif.
Certaines suppressions, certains renouvellements, certaines améliorations pastoralement souhaitables semblent faciles à réaliser immédiatement. Mais leur accomplissement irréfléchi peut détruire irrémédiablement une harmonie, un équilibre voulus par le constructeur ou réalisés peu à peu dans la patience et la continuité par tous ceux qui, jadis, ont entretenu et embelli un sanctuaire.
Certains de nos prédécesseurs ont pu, dans un passé plus ou moins lointain, commettre des actes de “vandalisme”, par exemple en n’observant pas les lois fondamentales de proportion et d’harmonie. Ce n’est pas une raison pour en faire autant, le plus souvent avec de moindres garanties de qualité.
On ne saurait trop mettre en garde contre une hantise de nudité, ou contre une volonté intempérante de pauvreté évangélique. Surtout dans les églises anciennes, une certaine exubérance décorative contribue au bien-être et à la joie des fidèles, sans insulter nécessairement à leur pauvreté. Certaines églises finissent, à force de simplifications et de suppression, par ressembler à des salles de conférences et par perdre complètement cette chaleur, cette ambiance de splendeur et de gloire qui évoque la Jérusalem céleste, préfigurée par nos églises.

4. L’autel

L’autel fait partie d’un ensemble. Donc pour changer son implantation et son orientation, on calculera toutes les incidences de ce changement, on étudiera corrélativement la place, la disposition, les proportions de l’autel où l’on garde la Sainte Réserve, du lieu de la Parole, du siège des célébrants et des ministres, de la table de communion, et aussi de l’ensemble du sanctuaire [i.e. le chœur] qui risque de devenir un lieu vide et mort.
Il serait inconvenant, par exemple, de dresser face au peuple une légère table à tréteaux et de l’utiliser en permanence, tandis que l’autel consacré, monumental, semblerait voué à l’abandon.
L’autel sera le centre vers lequel se tournera l’attention de l’assemblée. La notion de centre, que propose l’Instruction, est d’ordre psychologique et non géométrique. L’autel doit s’imposer à l’attention des fidèles. Il le fera s’il n’est pas trop éloigné d’eux et s’il est bien visible. Les deux conditions doivent être réunies. Il arrive qu’un autel, surélevé au fond du sanctuaire soit parfaitement visible.
La visibilité de l’autel sera habituellement accrue, si on le rapproche à l’entrée du sanctuaire. Mais la visibilité de l’autel est également fonction de son éclairage et de son élévation : l’autel doit être suffisamment élevé pour être bien visible. Trop élevé, il risquerait de paraître isolé de l’assemblée. Il doit être bien éclairé, par des lampes dirigées sur lui, et non pas chargé d’illuminations éblouissantes.
On n’oubliera pas que tout autel requiert au moins un marchepied qui n’a pas seulement pour but de rendre l’autel visible, mais de le séparer du sanctuaire : dans un lieu saint, les abords immédiats de l’autel constituent un lieu encore plus sacré. Seul le prêtre demeure en permanence sur le marchepied de l’autel durant la liturgie eucharistique ; ses ministres ne doivent y accéder que pour remplir un ministère et en descendre aussitôt.
Dans le déplacement de l’autel pour le rapprocher de la nef, le problème de sa visibilité n’est d’ailleurs pas le seul. On doit tenir le plus grand compte du caractère propre de l’édifice et du rôle fonctionnel du sanctuaire. Il ne conviendrait pas de placer l’autel à la croisée du transept en avant d’un sanctuaire profond qui demeurerait vide. Mais il ne s’agit pas non plus de placer les fidèles (adultes ou enfants) à l’ancienne place de l’autel. Ce serait oublier d’abord que le sanctuaire est réservé, durant la célébration, au clergé et aux laïcs qui remplissent des fonctions liturgiques. Le sanctuaire a été conçu par l’architecte comme le lieu dans lequel se déroulent les rites et non comme une nef annexe.
L’autel sera érigé de façon à permettre la célébration face au peuple. Si le prêtre doit pouvoir célébrer face au peuple, il n’est pas indispensable qu’il le fasse tous les jours. Aussi convient-il de prévoir des deux côtés de l’autel un marchepied assez vaste pour qu’on puisse célébrer dans les deux positions.
L’autel est à la fois la pierre du sacrifice et la table du Seigneur. L’autel majeur sera normalement rectangulaire ou carré. Si l’on ne peut s’opposer à un autel rond ou ovale au nom des lois liturgiques, il ne semble pas que ces formes soient indiquées pour l’autel majeur.
Le Code de Droit canon veut que l’autel soit de pierre. La table de l’autel fixe et la pierre sacrée doivent être une seule pierre naturelle, entière et non friable. Le Code ajoute que la table d’un autel fixe doit « couvrir toute la superficie de l’autel et adhérer solidement à la base, qui sera elle-même en pierre, au moins sur les côtés, ou constituée par des colonnes de pierre et supportant réellement la table.
La croix et les chandeliers, qui sont requis sur l’autel pour chaque action liturgique, peuvent aussi, au jugement de l’évêque du lieu, être placés en dehors de l’autel.
Le code des rubriques prescrit que pour la célébration de la messe il y ait sur l’autel au milieu une croix assez grande avec le Crucifié et le Cérémonial des évêques précise que l’image du Crucifié doit être tournée vers la table de l’autel.
Comme la disposition de la croix face au célébrant peut gêner la visibilité des fidèles, spécialement au moment de l’élévation et au Per Ipsum, l’évêque du lieu peut permettre que la croix soit désormais placée non plus sur l’autel, mais en dehors, soit que son pied repose sur le dallage du sanctuaire, soit qu’on la suspende.
Le nombre des cierges requis pour la célébration de la messe est fixé par le Cérémonial des évêques. Deux de ces cierges pourront être apportés par les acolytes dans la procession d’entré : deux suffisent pour la messe lue d’un prêtre en toute circonstance, et même pour la messe solennelle des féries per annum. Quatre sont requis pour la messe solennelle des dimanches ; il en faut six pour la messe solennelle des fêtes majeures.
La séparation entre la nef et le sanctuaire peut être marquée en outre de diverses façons, par exemple, par des degrés, ou encore par une légère clôture. La balustrade (ou cancel), sans être absolument nécessaire, demeure traditionnelle. Là où elle existe, et surtout si elle est ancienne ou de qualité, on ne s’empressera pas de la supprimer. Elle est souvent utile comme appui pour permettre aux personnes âgées ou infirmes de s’agenouiller et de se relever plus commodément.

5. L’éclairage

On n’éclaire pas une liturgie comme au théâtre où la lumière est là pour faire entrer dans l’imaginaire ; la lumière de l’église, elle, au contraire, est là pour révéler le réel, faire entrer dans le réel, le lieu de communion de la créature avec le créateur.
Outre les nécessités fonctionnelles, le but de l’éclairage d’une église est de favoriser la joie, la communion, le recueillement, de dire quelque chose du mystère du lieu, du mystère de l’Eglise.
L’éclairage doit servir l’usage et les qualités du lieu dans le but défini par la liturgie qui s’y déroule : la manifestation du mystère de l’Eglise, en ce lieu, pour ce temps, pour ce peuple rassemblé.
On peut tout faire, aujourd’hui, avec l’éclairage électrique. Pourtant, il est essentiel de respecter aussi la lumière naturelle :
- La lumière du jour, qui dépend du temps et de la météo, mais qui a toujours fait l’objet d’un traitement spécifique de la part des concepteurs des édifices.
- La lumière du feu, de la flamme vive, (cierges, des bougies et des veilleuses), à cause du symbolisme des gestes de la liturgie et de la dévotion, qui y sont attachés, dans une optique pastorale, pour le bien spirituel des personnes.
Il convient de mettre au point avec les concepteurs et techniciens concernés un vrai cahier des charges qui définit :
- le principe d’éclairage et la hiérarchie des éclairements.
- la modulation des éclairages selon les temps et lieux : éclairage de fêtes, éclairage réduit, éclairage courant de sécurité (penser aux seuils, marches, obstacles divers), d’ambiance, de circulation, d’accueil, d’information...
Cette mise en lumière doit tenir compte des liturgies des différentes célébrations qui se déroulent au long de l’année dans l’ensemble de l’édifice, y compris les chapelles et la crypte, le cas échéant.
Il est nécessaire...
- de révéler discrètement les espaces, l’architecture et les œuvres en évitant des écarts de luminances trop importants ;
- d’éviter les luminances excessives qui détournent l’attention ;
- créer une ambiance chaude, calme - et non spectaculaire - qui respecte les rendus de couleurs ;
- d’accentuer exceptionnellement quelques éléments majeurs (tabernacle, ostensoir…)
- libérer du champs de vision les appareils qui peuvent occulter des éléments majeurs (vitraux, mosaïques, œuvres d’art, lieux de dévotion…).

Source : Document élaboré par la Commission Episcopale de Liturgie, le 20 juillet 1965, en vue de l’application des décisions conciliaires.

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