L'ACTUALITE DU JOUR

* * * * NOUVEAU Lundi, 10 décembre 2018. Les rites de l'élévation au cours de la messe : FORMAT PDF ICI

* * * * NOUVEAU Lundi, 10 décembre 2018. La messe “de Paul VI” est-elle “protestante” ? VOIR ICI

* * * * NOUVEAU Lundi, 10 décembre 2018.
« Vous n’êtes pas de ce monde », disait Jésus à ses disciples.
« Vous ne devriez pas fréquenter de telles célébrations » (
cliquer ici) enseigne le bon sens aux catholiques qui veulent échapper à l’emprise de laïcs déphasés ou de célébrants dépersonnalisés.

* * * * Dimanche, 9 décembre 2018.
Pour écouter le chant d'entrée “Populus Sion” du IIe Dimanche de l'Avent, cliquer ici. Pour écouter l’antienne de communion “Ierusalem surge”, cliquer ici.

* * * * Dimanche, 9 décembre 2018. Peuple de Dieu, voici que le Seigneur va venir pour sauver tous les hommes.
Ce sont les premières paroles de cette Messe du deuxième dimanche de l’Avent, dans l’Introït.
C’est un désir et une attente joyeuse : le Seigneur fera retentir sa parole pour la joie de votre cœur poursuit le texte tiré du prophète Isaïe (30, 19 ; 30). Joie qui parsème les textes de la Messe, notamment dans la première, la troisième et la quatrième strophe du psaume d’aujourd'hui (Ps. 125) qui évoque le retour des exilés à Jérusalem : « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie... Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie... Il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. »
Cette joie qui fleurit, déjà, de la Croix ! L'exhortation que saint Paul adresse aux Philippiens (1, 4 et sq - IIème lecture), le Seigneur pourrait nous l’adresser aujourd’hui et c’est le même Esprit : « Celui qui a commencé en vous un si beau travail - pour l’annonce, le progrès de l’Evangile - en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour où viendra le Christ Jésus. »
Cette annonce, ce témoignage, cet apostolat, ce ne sont pas seulement ceux d’une Parole, d’un enseignement, d’un Evangile, mais d’un Verbe qui S’est fait chair en nous pour nous transformer, nous convertir ! La lettre, le livre s’incarnent dans nos âmes et deviennent Vie ; non sans résistance et sans combats de notre part !
Et cette incarnation, cette Vie, devient un amour et un amour brûlant, impatient même ! Il doit brûler et consumer l’égoïsme, la tiédeur, la paresse, les peurs, les petitesses des petits calculs des petits esprits, le contraire de la magnanimité, du zèle pour le salut des âmes et le salut du monde qui est celui des vrais apôtres.
C’est l’amour de charité qui nous fait progresser de plus en plus dans la pleine connaissance de Dieu écrit saint Paul aux chrétiens de Philippe (Ph 1, 9).
Il faut connaître pour aimer, on ne peut aimer ce qu’on ne connaît pas, mais, également, l’amour obtenu nous livre Celui que nous cherchons. C’est « la Charité qui est la clef de notre vocation » selon les termes de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (lettre à Soeur Marie du Sacré-Coeur), et « que l’Amour seul (doit) faire agir les membres de l’Eglise », et « que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Ma vocation, c’est l'Amour ! »
Retrouvons notre vocation et profitons de ce Temps d'efforts et de certains sacrifices signifiés par la couleur violette et la disparition du Gloria dans la liturgie, pour retrouver la tendresse du Christ Jésus (v. 8) afin d’être purs et irréprochables jusqu’au jour du Christ (v. 10).
Même quand on souffre, même lorsqu’on est dans l’obscurité, l’espérance de la délivrance et de la lumière dilatent notre coeur.
Quitte ta robe de deuil et de tristesse, Jérusalem, revêts-toi pour toujours de la gloire de Dieu… Lève-toi, tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’Orient (comme à la Messe)… Dieu conduira Israël dans la joie à la lumière de sa gloire, sa miséricorde et sa justice lui feront escorte. (Livre de Baruch 5 ; 1, 5, 9 – Ière lecture).
Et ce Sauveur qui va venir (et qui est venu) abaissera les montagnes et les collines - c’est-à-dire la hauteur de nos difficultés, grandes et petites - le sol sera aplani pour qu’Israël marche d'un pas sûr... Comme Dieu a conduit Son peuple, le peuple juif, Il nous conduit maintenant en Son Eglise avec la même sûreté dans et vers Dieu dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice… (vv. 7, 9 et Lc 3, 5 - Evangile).
Pour reconnaître et pour recevoir Celui qui viendra à notre secours, il est nécessaire de se préparer, de se purifier. Voilà pourquoi, Dieu a suscité Jean, fils de Zacharie et d’Elisabeth, cousine de la Vierge Marie, pour préparer les voies à l’Agneau de Dieu qu’il désignera en Jésus de Nazareth lorsqu'Il apparaîtra sur les bords du Jourdain (Cf. Jn 1, 29). Il proclamait un baptême de conversion (de repentir : Osty ; de pénitence : Crampon) pour la rémission des péchés (Lc 3, 3).
Fortifiez les mains défaillantes, prenez courage et dites : « Voici notre Dieu : Il vient nous sauver, alleluia. » (1ère antienne des laudes de ce dimanche)
Le Seigneur est notre Juge, le Seigneur est notre Roi. C’est Lui qui vient nous sauver. (3ème antienne) C’est le moment, l’heure est venue de sortir de notre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l'époque où nous sommes devenus croyants. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière. (Romains 13, 11-12 ; Lecture brève)
Nous devons désirer et aimer la Lumière ! Nous devons nous éloigner fortement des ténèbres qui nous plongent dans l’erreur : nous ne faisons pas les bons choix et nous tombons dans le péché qui nous mine, nous détruit, nous remplit d’amertume, d’insatisfaction et de tristesse. Nous devons désirer et aimer la Lumière qui luit dans les ténèbres comme une aurore bienfaisante : c’est Jésus, le Messie, le Sauveur, qui a vaincu et vaincra encore aujourd’hui la nuit du Mal.
Nous devons désirer et aimer la Lumière, oui, et nous devons la revêtir pour la porter au monde qui en a tant besoin et qui l’attend de nous, même s’il ne le sait pas, même s'il ne le manifeste pas !
Nous devons désirer et aimer ce Jésus que nous tend Marie sa mère en cet Avent de nos vies où tout est encore et toujours possible, où rien, jamais, n’est perdu malgré les apparences et les propos menteurs...
« Nous croyons que le Fils de Dieu est venu dans ce monde et nous attendons le jour où il viendra de nouveau » – dirons-nous à la fin de cette messe dans la bénédiction solennelle – « A la clarté de cette lumière qui lève, que Dieu son Père nous guide dans toutes nos démarches et multiplie sur nous ses bénédictions... »
Dans cette Espérance, demandons à Dieu de ne pas laisser le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de son Fils (Collecte) et de nous apprendre le vrai sens des choses de ce monde et l’amour des biens éternels (Prière après la communion).

Homélie de M. l’Abbé Christian LAFFARGUE.

* * * * Dimanche, 9 décembre 2018. Le Bienheureux cardinal John Henry Newman (1801-1890), passé de l’anglicanisme au catholicisme, était convaincu que dans le domaine de la liturgie, la « révérence » avait été d’une importance capitale tout au long de l’histoire de l’Eglise. Il allait même jusqu’à affirmer que l’attention portée à la « vertu de révérence » dans la liturgie était ce qui permettant de distinguer les vrais fidèles des faux chrétiens.
En des termes vigoureux, le cardinal Newman déclarait : « Bien que depuis les temps apostoliques, l’Eglise n’ait jamais cessé d’exister, il y a eu des hommes qui ont pu préférer un autre culte à celui de l’Eglise. Il y a donc eu des chrétiens membres de l’Eglise et des chrétiens non-membres de l’Eglise. Or ce qui a toujours caractérisé les chrétiens membres de l’Eglise, c’est le respect qu’ils portaient aux choses sacrées et ce qui a toujours caractérisé les chrétiens non-membres de l’Eglise, c’est leur irrespect des choses sacrées. Le manque de respect a pu être une caractéristique de certains chrétiens mais jamais de l’Eglise elle-même. »
Le cardinal avait remarqué qu’au cours de certaines messes, on se fait presque un devoir de renier la « vertu de révérence » qui pourtant est cet héritage de l’Eglise dont on devrait toujours éprouver le besoin.
Cette analyse semble toujours d’actualité. Au cours de nombreuses célébrations liturgiques paroissiales actuelles, il n’est pas facile de retrouver cette « vertu de révérence ». De nombreux prêtres ne s’aperçoivent même plus qu’elle fait défaut tant ils se sont habitués à la négligence. Leur faire remarquer que leurs comportements relâchés sont incompatibles avec la « vertu de révérence » devant fait corps avec la liturgie est inutile : ils ne comprennent plus l’ « esprit de la liturgie » et, partant, sont incapables de voir ce qu’ils font de travers.
Un peu partout, la façon dont est généralement mise en œuvre la liturgie romaine est entachée d’abus plus ou moins apparents mais toujours présents, de distorsions devenues comme immuables, d’arrangements illicites conduisant à l’incohérence ou à du rite, de familiarité qui n’a pas lieu d’être, de perte du sens du sacré... Bref, d’un ensemble d’altérations qui, même si elles demeurent souvent minimes, ajoutées les unes aux autres finissent par banaliser et dénaturer la célébration le sacrement.
Que dire de ces célébrations eucharistiques qui prennent l’allure d’un divertissement ne permettant que de se focaliser sur les acteurs du « show » qui se déroule dans le choeur ?
Comme l’explique encore le cardinal Newman, le mépris de la « vertu de révérence » dans la liturgie est la marque qu’un laïcisme profane est désormais à l’œuvre dans l’Eglise. En effet, ajoute-t-il, « le lien entre un esprit révérenciel adorant Dieu et la foi en Dieu est si naturel que tout fidèle devrait se demander comment on peut imaginer un instant avoir foi en Dieu tout en se permettant d’être irrévérencieux à son égard. Croire en Dieu, c’est croire en l’être et en la présence de Celui qui est le Saint, Tout-Puissant et le Miséricordieux. Même les religions païennes ont toujours considéré la foi et la révérence étaient comme comme identiques. Croire et ne pas vénérer, adorer à sa guise et à son aise, sont des anomalies que ne connaissent pas même des fausses religions. Pouvons-nous êtres crédibles si ces anomalies apparaissent dans ce que nous présentons comme la vraie religion ? Non seulement les religions juives et chrétiennes, qui proviennent directement de Dieu, inculquent l’esprit de révérence et de crainte de Dieu, mais les autres religions qui ont existé ou ont existé ont toujours inculqué les mêmes vertus. Le culte, les rites, les attitudes - telles s’agenouiller, se déchausser, garder le silence, s’habiller correctement, etc. - sont partout considérés comme nécessaires pour pouvoir s’approcher de Dieu d’une façon convenable. Le monde entier les hommes diffèrent sur bien des choses qui varient en fonction des croyances et des règles de vie ; toutefois, on s’accorde partout sur le fait que Dieu est notre Créateur et que, par conséquent, un certain abaissement de soi-même est le devoir de la créature dont le séjour sur cette terre n’est que transitoire. »
En liturgie, la présence ou l’absence de révérence relève d’une question de foi.
Croyons-nous que le Seigneur du ciel et de la terre nous est rendu présent dans la liturgie établie au moyen des rites, des paroles et des symboles transmis et prescrits par l’Eglise catholique ? Si notre réponse est « oui », le cardinal Newman répond : « Alors, il des sentiments que nous devrions vivre de façon intense si nous avons la certitude de la présence du Seigneur tous-puissant. Dans la mesure où nous croyons qu’Il est là, nous aurons ces sentiments ; ne pas les avoir, ne pas les manifester, c’est affirmer que nous ne nous rendons pas compte ou que nous ne croyons plus qu’Il est présent. »
Ces paroles de Newman expriment ce qui constitue l’essence de la « révérence liturgique » : si nous croyons profondément à l’efficacité de la liturgie de l’Eglise, nous devons avoir conscience que nous nous tenons devant la majesté ineffable du Dieu infini et nous devons agir en accord avec cette conviction.
C’est cette vertu de « révérence » qui doit actuellement être redécouverte dans la liturgie. Elle doit se manifester par le silence, par la tenue des ministres de l’autel, par le déroulement harmonieux - sans aspérité ni surprises - de la liturgie, par le fait que les chants doivent jaillir de la liturgie elle-même et non de nos goûts ou des modes ambiantes.
Ce sont là des marques de « convenance » permettant de savoir, lorsque nous participons à une messe, si nous sommes en train de célébrer la foi catholique en union avec toute l’Eglise catholique ou si nous sommes sous la coupe d’un célébrant qui n’a plus guère conscience ni de ce qu’est la liturgie ni des exigences du ministère qu’il entend exercer.

* * * * Samedi, 8 décembre 2018. Messe pour les fêtes de la Vierge Marie : écouter ici.

* * * * Samedi, 8 décembre 2018. Le 8 décembre 1965, sur l’esplanade de la Basilique Saint-Pierre, le Pape Paul VI concluait solennellement le Concile Vatican II. Il avait été inauguré, selon la volonté de Jean XXIII, le 11 octobre 1962, qui était alors la fête de la Maternité de Marie, et il fut conclu le jour de l'Immaculée. Un cadre marial entoure le Concile.
En réalité, il s'agit de beaucoup plus qu’un cadre : c’est une orientation de tout son chemin. Il nous renvoie, comme il renvoyait alors les Pères du Concile, à l'image de la Vierge à l’écoute, qui vit dans la Parole de Dieu, qui conserve dans son coeur les paroles qui viennent de Dieu et, les rassemblant comme dans une mosaïque, apprend à les comprendre (cf. Lc 2, 19.51) ; il nous renvoie à la grande Croyante qui, pleine de confiance, se remet entre les mains de Dieu, s’abandonnant à sa volonté ; il nous renvoie à l’humble Mère qui, lorsque la mission de son Fils l’exige, s’efface et, dans le même temps, à la femme courageuse qui, alors que les disciples s’enfuient, demeure au pied de la croix.
Paul VI, dans son discours à l’occasion de la promulgation de la Constitution conciliaire sur l’Eglise, avait qualifié Marie de « tutrix huius Concilii » - « protectrice de ce Concile » (cf. Oecumenicum Concilium Vaticanum II, Constitutiones Decreta Declarationes, Cité du Vatican 1966, p. 983) et, à travers une allusion au récit de la Pentecôte rapporté par Luc (Ac 1, 12-14), il avait dit que les Pères s’étaient réunis dans la salle du Concile « cum Maria, Matre Iesu » et que, également en son nom, ils en seraient à présent sortis.
Dans ma mémoire demeure inscrit de manière indélébile le moment où, en entendant ses paroles : « Mariam Sanctissimam declaramus Matrem Ecclesiae » - « Nous déclarons la Très Sainte Vierge Marie Mère de l’Eglise » -, les Pères se levèrent spontanément de leurs chaises et applaudirent debout, rendant hommage à la Mère de Dieu, à notre Mère, à la Mère de l’Eglise. De fait, à travers ce titre, le Pape résumait la doctrine mariale du Concile et donnait la clef pour sa compréhension.
Marie n’a pas seulement un rapport singulier avec le Christ, le Fils de Dieu qui, comme homme, a voulu devenir son fils. Etant totalement unie au Christ, elle nous appartient également totalement. Oui, nous pouvons dire que Marie est proche de nous comme aucun autre être humain, car le Christ est homme pour les hommes et tout son être est une « présence pour nous ». Le Christ, disent les Pères, en tant que Tête, est inséparable de son Corps qui est l’Eglise, formant avec celle-ci, pour ainsi dire, un unique sujet vivant. La Mère du Chef est également la Mère de toute l’Eglise ; elle est, pour ainsi dire, totalement expropriée d’elle-même ; elle s’est entièrement donnée au Christ et, avec Lui, elle nous est donnée en don à tous. En effet, plus la personne humaine se donne, plus elle se trouve elle-même.
(...) Le Pape Paul VI, dans le contexte de la promulgation de la Constitution sur l’Eglise, a mis tout cela en lumière à travers un nouveau titre profondément enraciné dans la Tradition, précisément dans l’intention d’illuminer la structure intérieure de l’enseignement sur l’Eglise développé au cours du Concile. Le Concile Vatican II devait s’exprimer sur les composantes institutionnelles de l’Eglise : sur les Evêques et sur le Pontife, sur les prêtres, les laïcs et les religieux dans leur communion et dans leurs relations ; il devait décrire l’Eglise en chemin, « qui enferme des pécheurs dans son propre sein, et est donc à la fois sainte et appelée à se purifier... » (Lumen gentium, n. 8). Mais cet aspect « pétrinien » de l’Eglise est inclu dans l’aspect « marial ». En Marie, l’Immaculée, nous rencontrons l’essence de l’Eglise d’une manière qui n'est pas déformée. Nous devons apprendre d’elle à devenir nous-mêmes des « âmes ecclésiales », comme s’exprimaient les Pères, pour pouvoir nous aussi, selon la parole de saint Paul, nous présenter « immaculés » devant le Seigneur, tels qu’Il nous a voulus dès le commencement (Col 1, 321; Ep 1, 4).

Benoît XVI, homélie du 8 décembre 2005.

* * * * Vendredi, 7 décembre 2018. Lorsqu’un fidèle s’adresse à son évêque pour lui faire remarquer que dans sa paroisse, son curé ne respecte pas la liturgie ou qu’il n’a pas le courage de s’opposer à l’équipe liturgique locale (incompétente) qui oblige à ne pas respecter la liturgie, il s’entend généralement répondre : « Vous manquez de charité ». Ce qui signifie en clair : ne vous croyez pas mieux que les autres, soyez ouvert, soyez tolérant, ne perdez pas votre temps à observer les détails de la liturgie... etc.
Dans la bouche de nombreux clercs, le mot « tolérance » est devenu un mantra : un truc qu’on répète quand on ne sait plus ni quoi dire ni quoi répondre.
Si le fidèle écrit à son curé ou à son évêque pour se plaindre des distorsions liturgiques généralisées dans les paroisses, il obtiendra (dans le meilleur des cas) une réponse dilatoire qui n’abordera jamais le fond du problème soulevé, mais qui se terminera inévitablement par une citation biblique, généralement tirée de la première Epître aux Corinthiens, qui lui rappellera les principes de la charité chrétienne. Curieux, non ? Quand on pose aujourd’hui une question claire qui appelle une réponse précise, on obtient une citation de l’Ecriture... Pratique très utilisée dans certaines sectes qui ont toujours le bon verset biblique à vous mettre en pleine figure pour vous clouer le bec.
Savoir faire preuve de charité ? Oui, certainement. Mais la charité chrétienne dont il convient de faire preuve à l’égard du prochain - qu’on soit laïc ou clerc - ne saurait être séparée de la Vérité. A son sujet, Saint Paul nous dit clairement qu’elle est à chercher dans la parole de vérité (cf. 2Co 6, 6-7).
Voici encore ce qu’écrit le pape Pie IX à ce sujet : « Jésus-Christ lui-même, notre Dieu, qui est charité (cf. 1Jn 4, 8) a clairement ordonné de considérer comme païens et comme publicains ceux qui n’écouteraient pas l’Eglise (cf. Mt 18, 17). » Et le Souverain Pontife d’en tirer une conclusion qui demeure d’une grande actualité : « Du reste, notre prédécesseur S. Gélase répondait à Euphème, Evêque de Constrantinople (...) : “C’est au troupeau de suivre le pasteur lorsque celui-ci veut le ramener aux pâturages salutaires, et non point au pasteur de suivre le troupeau à travers les sentiers égarés” (cf. Epist. I ad Euphem., n.15). Il faut, en effet, instruire le peuple et non pas le suivre ; et notre devoir est de lui faire connaître, s’il l’ignore, ce qui est permis ou ce qui ne l’est pas, et non point de nous rendre à ses volontés. » (Pie IX, Enc. Quartus supra, du 6 janvier 1873).
Il s’ensuit qu’on ne peut pas invoquer la tolérance ou la charité dès lors qu’il s’agit de capituler devant un célébrant ou une équipe liturgique qui ne respecte pas le missel romain, c’est-à-dire qui ne respecte pas la « vérité de la liturgie » transmise par l’Eglise. C’est d’ailleurs ce qu’a enseigné en d’autres termes, Saint Jean-Paul II lorsqu’il a invité « tous les fidèles catholiques [à] réfléchir sincèrement sur leur propre fidélité à la Tradition de l’Eglise, authentiquement interprétée par le Magistère ecclésiastique, ordinaire et extraordinaire, spécialement dans les Conciles oecuméniques, depuis Nicée jusqu’à Vatican II. De cette réflexion - a ajouté le pape - tous doivent retirer une conviction renouvelée et effective de la nécessité d'approfondir encore leur fidélité à cette Tradition en refusant toutes les interprétations erronées et les applications arbitraires et abusives en matière doctrinale, liturgique et disciplinaire. » (cf. Motu proprio Ecclesia Dei adflicta)
Comment pourrait-il être question de charité s’il s’agit d’admettre l’arbitraire en liturgie, c’est-à-dire ce qui, par définition, s’oppose à la vérité ?

* * * * Vendredi, 7 décembre 2018. On constate que nos évêques - du moins certains d’entre eux - savent prendre la plume et utiliser les réseaux sociaux lorsqu’il s’agit de parler de la « société en crise » et des « gilets jaunes ». On les entend beaucoup moins (et même pas du tout) lorsqu’il s'agit d'aborder des questions relatives à leurs diocèses en crise, à la catéchèse en crise, à la liturgie en crise... Des thèmes qui, pourtant, relèvent directement de leur responsabilité. Il y aurait pourtant tellement à dire sur ces sujets !

* * * * Mercredi, 5 décembre 2018.
Merci aux membres du « New Liturgical Movement » d’avoir traduit en anglais le message que S.Em. le Cardinal Robert Sarah nous avait adressé à l’occasion du 30e anniversaire de notre association « Pro Liturgia » fêté à Villars-les-Dombes. Cliquer ici.
Cet intérêt porté à ce que fait notre Association montre que la cause que nous défendons sur la base des enseignements de l’Eglise - et d’eux seuls - est loin d’être perdue, même si les fruits tardent à mûrir.

* * * * Mercredi, 5 décembre 2018. Et Dieu là dedans ?
Cela se passait à Vienne, en Autriche, le 1er décembre dernier. Lors d’un événement caritatif organisé dans le cadre de la lutte contre le Sida, les organisateurs du « Life Ball » et l’Eglise catholique ont fait appel au comédien Philipp Hochmair avec sa troupe pour assurer une adaptation dans le style rock de la pièce de théâtre « Jedermann » de Hugo von Hofmansthal, à l’intérieur de la cathédrale de Vienne, en présence du Cardinal Schönborn. Les images qui nous parviennent de cette soirée (voir ci-dessous) ont de quoi faire frémir…

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Voici la réaction d’un prêtre du diocèse de Vienne, le Père Johannes Maria Schwarz, parue sur le site Kathnet :
« Je n’y étais pas. J’étais assis dans mon petit chalet à l’autre bout des Alpes et je disais les Vêpres du premier dimanche de l’Avent, pendant que dans la cathédrale de Vienne un comédien se tenait debout sur le banc de communion, une bouteille de bière et un micro à la main. Il faisait cela avec toute la fougue et le talent théâtral qu’exigeait son métier. Il faisait cela pour redonner vie au plus connu des héros de Hoffmannsthal. Il le faisait pour la bonne cause. Après tout, les bénéfices de la représentation, commandée par le Cardinal Schönborn, l’Ordre de Malte et Gery Keszler de LIFE+, devaient servir à soutenir une bien belle entreprise. A la veille de la Journée mondiale contre le SIDA, on avait récolté 68 448 euros rien que par la vente des billets d’entrée, et cette somme était revenue au Père Gerhard Lagleder, connu pour son extraordinaire engagement auprès des malades du SIDA dans un hôpital d’Afrique du Sud.
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Je n’y étais pas. Pourquoi ce commentaire alors ? Parce que, grâce à la technologie de notre temps, les distances sont abolies. J’ai fait défiler les photos et les vidéos disponibles sur internet, et je me suis posé une question : les meilleures intentions conduisent-elle à toujours bien faire ? N’y avait-il pas un autre endroit possible pour un tel événement que le cœur même de la Vienne catholique ? Le pieux « catholique païen » ordinaire de notre temps - qu’il porte ou non un col romain - n’a rien trouvé à redire à ce spectacle donné sous les voûtes gothiques de la cathédrale. Après tout, les églises n’ont-elles pas été construites pour que les fidèles restent au sec pour prier en cas de pluie ? Mais certains, dotés d’une autre vision des choses, réagissent différemment.
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Pour eux, une église est le lieu sacré où se déroule une action divine. Et le plus sacré d’entre les lieux sacrés dans une église est l’autel.
Avec l’évaporation de la foi, qui est avant tout le résultat de nos péchés à nous, hommes d’Eglises, de nos lâchetés et de nos trahisons envers l’Evangile, peu nombreux sont ceux qui sont encore conscients du fait que le banc de communion n’est pas un vestiaire où l’on dépose ses affaires, ni une avant-scène où s’exhibent les comédiens. Il est une extension de l’autel ! Il est le lieu de la rencontre avec Dieu pour celui qui s’agenouille là et reçoit le Christ dans son Saint Sacrement.
Ce n’est pas par hasard qu’on a orné le banc de communion d’un tissu de lin qui figure le linceul du Christ. Depuis que l’Eglise avance joyeusement vers son prétendu « nouveau printemps », on a, en bien des endroits, littéralement arraché cette table de communion vers laquelle les croyants s’avançaient à la rencontre du Christ. On n’en a plus besoin, ont décrété les clercs !
Et sur ce ton de commandement dont seule use la caste des clercs, des prêtres ont sommé les fidèles de se montrer désormais « modernes », sans préciser d’ailleurs ce que cela pouvait bien signifier. A-t-on donc vraiment oublié ce que représente le banc de communion ? Même à la cathédrale Saint-Etienne de Vienne ? C’est-à-dire même là où, malgré tout, au cours de chaque messe, des croyants reçoivent le Dieu Vivant en s’approchant de cette extension de l’autel qu’est le banc de communion ? Il semblerait bien que oui.
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La cathédrale de Vienne est aujourd’hui une salle polyvalente, un lieu où l’on peut se mettre au sec, certes pas bien chauffé, mais parfait pour créer une « ambiance ». Bien sûr, n’importe qui ne peut pas se permettre de louer ces hautes travées ; mais pour les gestionnaires des lieux, il s’agit apparemment de les utiliser au maximum. Et qui pourrait avoir intérêt à contester un événement caritatif aussi utile que louable ? Qui pourrait trouver à y redire, même si par hasard, il arrivait que quelqu’un se mette à danser sur le banc de communion ?
Moi, j’ai une objection !
Je ne suis qu’un prêtre, un simple prêtre sans importance. Mais je le déclare publiquement : j’ai honte devant Dieu pour mon Eglise, dans cette affaire et sur bien d’autres sujets aussi. Nous n’avons plus aucun respect devant le Tout-Puissant ! Nous avons perdu tout sens du sacré ! Nous foulons aux pieds ces âmes qui nous sont confiées ! N’avons-nous vraiment pas d’autres initiatives à prendre dans notre Eglise pour soutenir l’excellent travail du Père Lagleder au profit des malades du SIDA ? Peut-être pas… Mais dans ce cas, la mise en scène de la pièce « Jedermann » à l’intérieur de la cathédrale Saint-Etienne de Vienne n’est plus seulement l’histoire de la mort de l’homme riche : elle est l’histoire de la mort d’une Eglise qui capitule.
Que reste-t-il de ce spectacle en dehors d’un arrière-goût amer et d’un appel à la pénitence ? Il reste cette proposition : le tarif d’entrée le plus élevé pour assister au spectacle dans la cathédrale de Vienne est de 93 euros. J’ai viré à l’instant cette même somme directement à l’oeuvre du Père Lagleder. J’espère que beaucoup feront de même. Car il doit bien y avoir une possibilité de soutenir cette action, sans littéralement fouler aux pieds, profaner, ce que nous avons de plus sacré. »

Source : Kathnet (Trad. MH/APL)

* * * * Mercredi, 5 décembre 2018. La dictature du sentimentalisme est, il faut le répéter, l’un des maux principaux qui ravagent l’Eglise et sa liturgie aujourd’hui.
En dehors des messes actuelles où « ce qui plaît » aux fidèles gagnés par l’affectivité est devenu le critère d’une liturgie « réussie », l’une de expressions les plus spectaculaires de ce sentimentalisme est le phénomène charismatique. Ce dernier a été l’occasion d’introduire dans l’Eglise catholique une spiritualité et des pratiques prétendument « liturgiques » totalement étrangères à l’esprit de la spiritualité chrétienne telle qu’elle est vécue depuis les origines. Il est important - sans excès et avec sérénité - de mettre en garde les fidèles qui pourraient être tentés par ce type de pratiques et d’expliquer en quoi cette « spiritualité » charismatique constitue une dégradation très grave de l’authentique spiritualité chrétienne pouvant conduire à adhérer à des doctrines erronées.
CHARISMATISME
Certes, il ne s’agit pas de remettre en au cause la bonne foi, ni de juger les croyants qui appartiennent à ce type de mouvements : on peut trouver parmi eux de très nombreux chrétiens exemplaires et pleinement investis dans leur vie de foi ; nous ne remettons pas en cause leur sincérité. Par ailleurs, les autorités ecclésiastiques ont fait le choix, depuis plusieurs décennies déjà, d’accorder - moyennant le jugement prudentiel des évêques - une place à ces mouvements au sein de l'Eglise universelle. Jamais, pourtant, elles n’ont affirmé que les formes de prière charismatiques pouvaient être mises sur le même pied que la liturgie officielle de l’Eglise. On ne souvient même que le pape Benoît avait demandé (en vain) que les groupes charismatiques comme le Néocatéchuménat cessent d’inventer leurs liturgies pour s’en tenir exclusivement au missel romain.
Depuis les temps immémoriaux, (et comme le rappelle cette vidéo en anglais), la spiritualité chrétienne se caractérise par une quête de la Vérité : vérité sur la création, vérité sur Dieu, vérité sur soi-même. Cette quête d’une vérité objective se traduit dans la liturgie par une attitude personnelle marquée par la sobriété de l’attitude, le recueillement et le silence intérieur, et ce afin d’aboutir à cette paix de l’âme que tous les grands maîtres spirituels, tant en Orient qu’en Occident, ont enseigné être indispensable à la rencontre avec le Dieu vivant. Comme le rappelle le cardinal Sarah dans son ouvrage « La force du silence », par lequel il ne fait que s'inscrire dans une longue tradition spirituelle remontant aux Pères des premiers siècles, Dieu parle dans le silence : dans ce silence intérieur qui ne peut s’acquérir que par une ascèse visant à « sculpter » cet homme intérieur dont parle saint Paul dans ses Epîtres. Même le chant liturgique traditionnel - le grégorien - est un chant qui jaillit du silence pour mener naturellement au silence.
MESSE NOCTURNE
La vie spirituelle n’est donc pas, comme on essaie de le faire croire, « un long fleuve tranquille », ni un chemin en permanence agréable qui ne serait constitué que d’une succession d’extases bruyantes et de satisfactions pseudo-mystiques. Elle prend souvent, au contraire, l’aspect d’un long et difficile chemin, au cours duquel les quelques moments où l’on « ressent » quelque chose sont souvent éphémères et vite remplacés par des moments plus âpres - et souvent bien plus longs - où l’on ne « ressent » rien, où l’esprit se met à vagabonder ; or c’est précisément dans ces moments-là que le mot « foi » prend toute sa signification et toute sa profondeur. Les Anciens et tous les Maîtres spirituels tendent plutôt à se méfier de ces moments de « satisfaction » ou de « ressenti », bien souvent trompeurs et très superficiels.
Dans cette optique, la stabilité et la permanence qu’offre l’authentique rituel liturgique dont peut s’imprègner l’esprit et le coeur permet à la vie intérieure de ne pas se contenter d’émotions passagères mais d’inscrire sa démarche spirituelle dans un cheminement sur le long terme, seul moyen efficace pour progresser dans la voie de l’union à Dieu. Le rite permet en outre de fonder sa démarche de foi non sur la subjectivité du ressenti, en lui-même incapable d’atteindre le réel et la Vérité, mais sur l’objectivité de la Vérité chrétienne telle qu’elle nous est dévoilée par la Révélation et telle qu’elle s’exprime à travers la liturgie.
Hélas, cette sage et réaliste démarche spirituelle léguée par les Anciens est aujourd’hui remise en cause par l’approche « charismatique » ou « sentimentaliste » de la foi. Au nom de cette approche, les notions de rationalité de la foi et d’objectivité de la Vérité passent au second plan, voire disparaissent totalement de la vie du croyant. Dès lors, une seule chose compte : l’émotion que telle ou telle célébration procure, le « ressenti » que l’on a vis à vis de tel chant extatique, etc. Ce qui est privilégié désormais, c'est la « spontanéité » du croyant, comme si cette spontanéité était en elle-même capable de le faire progresser dans sa vie spirituelle. « C’était une belle messe », entend-on souvent dire à l’issue d’une célébration qui, pourtant, n’avait plus grand-chose de catholique stricto sensu.
Dans les célébrations « charismatiques » au sens large du terme, les notions de culte, de rituel et même de « liturgie » disparaissent : dès lors, l’ensemble de la célébration ne peut être qu’englouti dans le micmac d’un sentimentalisme irénique et mièvre. Ce qu’il y a de plus grave, c’est sans doute que cette démarche spirituelle cesse d’être une quête de la Vérité, pour se réduire à une sorte de recherche exclusive d’un « plaisir » spirituel. Non pas que ce plaisir spirituel soit condamnable ou mauvais en lui-même ; mais il ne peut pas prendre une importance telle qu’elle viendrait effacer tout le reste et orienter toute la démarche religieuse.
C’est bien la quête de la Vérité objective qui doit être l’objet de la vie spirituelle ; et elle n’est rendue possible que si l’on intègre la notion de rite objectif et de rationalité de la foi au sein de la démarche du croyant.
On ne peut qu’être perplexe et dubitatif, en outre, face à la facilité déconcertante qu’ont les adeptes de ces mouvances « charismatiques » à attribuer à l’Esprit Saint n’importe quel phénomène extatique, n’importe quel refrain, dont les fondements doctrinaux apparaissent souvent bien peu clairs, voire, dans certains cas, carrément douteux.


* * * * Mercredi, 5 décembre :
Pourquoi l'Eglise n’ordonne-t-elle pas prêtres les femmes ? La réponse est ici.

* * * * Mardi, 4 décembre 2018. A l’occasion d’une cérémonie marquant le dixième anniversaire de l’ « Institut Benoît XVI » fondé à Ratisbonne par le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ce dernier a déclaré que « le pape Benoît XVI avait un rang très spécial ; car non seulement il est un théologien au sens habituel du mot mais de plus, il est un théologien à mettre au rang des Pères de l’Eglise ».
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Mgr Müller avait fondé l’Institut à l’époque où il était évêque de Ratisbonne. Puis Benoît XVI, qui était alors pape, l’a nommé préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi. Mais - rapporte une nouvelle fois le cardinal Müller - le pape François a jugé bon de l’écarter de ce poste sans lui donner la moindre explication. A la suite de quoi, l’idée a lentement germé de faire du diocèse de Ratisbonne le lieu idéal pour conserver et publier les travaux de Joseph Ratzinger. L’actuel directeur de l’Institut, Christian Schaller, a précisé que 30 000 lettres du cardinal Ratzinger/Benoît XVI étaient encore en attente de publication : « Elles constituent un trésor qui devra être exploité. »

* * * * Mardi, 4 décembre 2018. « Lorsque vous verrez l’abomination de la désolation installée dans le Lieu saint, comme l’a dit le prophète Daniel – que le lecteur comprenne ! –... » (Mt, 24, 15).
Voici ce qui s’est déroulé à la cathédrale de Vienne (AU) avec la complaisance - sinon la bénédiction - du très patelin et très ambigu cardinal Schönborn. Les fidèles finissent par se demander combien de membres compte le « gay club » qui vise à faire de l’Eglise catholique son Q.G.

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Pape François, est-ce cette Eglise-là que tu comptes donner en exemple au peuple de Dieu ? Si oui, tu as raison de te taire. Si non, qu'attends-tu pour parler de façon claire et pour rappeler à l'ordre tes cardinaux et tes évêques qui profanent la maison du Seigneur et ruinent la foi catholique ?
Pape François, nous te demandons du pain : pourquoi autorises-tu qu’on nous donne des pierres ?

* * * * Mardi, 4 décembre 2018. « Il y a une trentaine d’année, on trouvait une chorale dans chaque paroisse d’Alsace, de la plus grande à la plus petite.
Dans la paroisse de ma commune (un peu moins de 5 000 hab.), la chorale comptait alors une bonne quarantaine de membres. Il y avait répétition de chant un soir par semaine, dans une salle du presbytère.
Lors des fêtes de l’année liturgique, les polyphonies venaient orner la grand-messe et s’ajouter aux pièces grégoriennes ainsi qu’aux cantiques populaires.
Dernièrement, j’ai eu l’occasion de voir la chorale actuelle : une petite dizaine de personnes - surtout des dames - dont l’âge moyen frôle les 75 ans et qui viennent de 3 ou 4 paroisses différentes formant la « communauté de paroisses ». Aucune relève en vue. En hiver, quand sévissent les rhumes et les bronchites, la chorale est décimée.
Un ami organiste m’a dit que la situation est identique chez lui : « D’ici une dizaine d’années, nous n’aurons plus de chorale, comme c’est déjà le cas dans les paroisses des environs où, en plus, les organistes démissionnent les uns après les autres. »
On reproche parfois à Pro Liturgia - c’était le cas dernièrement - de ne voir que les choses négatives et de ne jamais parler des choses positives qui se font dans les paroisses et les diocèses. A vrai dire, nous aimerions bien présenter des choses positives, durables et fructueuses à grande échelle. Hélas, nous attendons vainement que, au moins dans le diocèse où notre association a son siège, quelqu’un nous montre ce qui se fait de constructif. Or, jusqu’ici, nous ne voyons que des églises qui se vident, un clergé qui se raréfie, des chorales (si on peut encore leur donner ce nom) qui survivent, des jeunes qui fuient les messes bricolées spécialement pour, dit-on, les attirer... »

DC. Pdt

* * * * Lundi, 3 décembre 2018. L’oratorio « Christus », de Franz Liszt (prononcer « liste » et non pas « lit’s » comme on l’entend à France Musiques), évoque la vie du Christ.
L’œuvre est construite à partir de thèmes grégorien. La pièce s’ouvre sur une fugue reprenant la mélodie de l’introït « Rorate caeli » du IVe dimanche de l’Avent. (
Ecouter ici)
Bien entendu, cette musique ne dit rien de spécial aux personnes qui ne connaissent plus les pièces grégoriennes. Ce n’est plus qu’une belle musique dont la source d’inspiration religieuse échappe désormais au plus grand nombre.
Le « Christus » de Liszt montre une fois de plus que notre liturgie a été le berceau de la culture européenne et que le chant grégorien a engendré la musique européenne, qui est la plus sophistiquée au monde. On ne compte plus les grands musiciens qui se sont inspirés du grégorien pour composer leurs œuvres, même profanes.
Il n’est donc pas interdit d’affirmer que la crise de la liturgie entraîne la crise de la culture puisque le sacré est au coeur de toute civilisation humaine. Quand la religion va mal, c’est toute la société qui entre en crise.
La liturgie étant le cœur battant de l’Eglise, quand la liturgie devient asthénique, c’est toute l’Eglise qui s’anémie. Donc, il ne faut pas s’étonner en voyant l’état de la liturgie aujourd’hui, que le corps ecclésial ne soit plus qu’un grand corps malade dont on ne sait plus trop s’il est à l’agonie ou bien déjà mort et en phase de décomposition. Etant sauve l’espérance chrétienne, on aurait plutôt tendance à pencher pour la seconde proposition.

* * * * Lundi, 3 décembre 2018. « Je suis convaincu que la crise de l’Eglise que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie (...) ». Ces mots du Cardinal Ratzinger, montrent parfaitement le rapport étroit qu’il faut sans cesse établir entre l’Eglise et la façon dont nous sommes invités à célébrer sa foi. L’une ne va pas sans l’autre. La foi catholique ne peut se développer que là où la liturgie est respectée en tant que trésor de l’Eglise.
Si l’on étudie ce qui se passe actuellement dans le monde catholique, on voit que celui-ci est traversé par différents courants gnostiques. Et si l’on regarde les choses avec davantage d’attention encore, on voit que ce sont des éléments de ces courants gnostiques qui ruinent la liturgie. Car la liturgie de l’Eglise est aujourd’hui rongée de l’intérieur par un mal que, faute d’avoir un meilleur terme pour le définir, nous appellerons la « gnose liturgique ».
Cette gnose atteint la liturgie d’une façon différente de la façon dont pourrait l’atteindre une hérésie : l’hérésie conduit à nier très ouvertement tel article de la foi chrétienne et, partant de là, elle revendique et organise son autonomie. Ce n’est pas le cas pour la « gnose liturgique » : celle-ci ne nie rien et préfère demeurer au coeur de l’Eglise.
La « gnose liturgique » est donc un mal très sournois : dans un premier temps, il ronge la liturgie en procédant par accumulation d’erreurs minimes ; puis, dans un second temps, il s’attaque à la foi des fidèles qui participent à des célébrations liturgiques ainsi gangrénées.
Progressivement, ce sont des paroisses entières - et même des diocèses entiers - qui peuvent ainsi glisser une erreur consistant à construire une foi adaptable, une foi plus « présentable » aux yeux de baptisés qui ne savent plus rien du catéchisme, mais une foi qui n’est plus celle reçue des Apôtres.
La « gnose liturgique », née avant le Concile (souvenons-nous du Gallicanisme, du Joséphisme, du Jansénisme...) mais qui a profité du Concile pour s’affirmer, n’a pas pour premier objet de créer une nouvelle Eglise puisqu’elle est le fruit d’une action faite par des gens toujours désireux de rester dans l’Eglise ; elle a pour but de « faire Eglise autrement », comme nous disent certains pasteurs toujours à la remorque du dernier slogan creux à la mode, c’est-à-dire de changer l’Eglise voulue par Jésus en une Eglise qui ne serait plus que celle de tel curé, de tel évêque.
Pour n’avoir pas à quitter l’Eglise, les promoteurs de la « gnose liturgique » n’iront jamais jusqu’à contester la liturgie de l’Eglise : il leur suffira de proposer des relectures du Missel romain grâce auquel nous savons ce que la liturgie de l’Eglise doit être et ce qu’elle ne doit pas être. Ces incessantes relectures du missel ne visent jamais à nier ouvertement la liturgie mais simplement à la déformer messe après messe, à la recomposer de façon subjective pour que, petit à petit, de façon toujours imperceptible, les fidèles soient amenés à célébrer une foi qui n’est celle de l’Eglise.
Et lorsqu’un célébrant ayant ainsi émis sur la liturgie des thèses inacceptables pour l’Eglise, est repris par un fidèle ou un groupe de fidèles qui en savent plus que lui sur la question, il commencera toujours par affirmer qu’on commet une grave injustice à son encontre car on a mal interprété sa pensée sur la liturgie et sa façon de célébrer. Ou alors , il contournera la question en citant un verset d’Evangile ad hoc sur la charité ou sur le pharisaïsme... Cette stratégie est bien connue des Témoins de Jéhova qui ont toujours le bon verset biblique sous la main pour vous montrer que vous êtes dans l’erreur. Jusqu’à ce que vous leur rappeliez que Satan aussi a utilisé les Ecritures pour faire la leçon à Jésus dans le désert...
Ainsi, loin de se sentir coupable, le « gnostique liturgique » va se présenter soit comme un incompris - une sorte de victime d’une Eglise qui refuse de vivre avec son temps - soit comme le chrétien le plus averti, le plus compétent en pastorale, le plus fidèle à l’Evangile et le plus apte à imaginer des célébrations qui soient enfin accessibles aux croyants « de notre temps ». L’argument du « gnostique » sera donc toujours le même : ou bien il se fera passer pour un martyr victime de l’incompréhension des fidèles un peu « tradi » implantés dans sa paroisse, ou bien il tâchera de démontrer que la liturgie n’est pas un point essentiel du christianisme et qu’il faut savoir distinguer entre l’esprit qui vivifie et la lettre qui tue.
Or, si de tels arguments ne conduisent jamais à une cassure ou une rupture franche, ils n’en sont pas moins dangereux dans la mesure où ils imposent des dérapages incontrôlés qui finissent toujours par expédier tout le monde dans le fossé.
Une telle attitude « gnostique », que l’on retrouve chez de nombreux célébrants n’ayant eu aucune formation sérieuse durant leurs années de séminaire, est gravement parasitaire dans la vie de l’Eglise : telle une plante parasite, elle se fixe « sur » la liturgie pour s’en nourrir et ainsi l’épuiser. Cette attitude conduit les fidèles à dire, en sortant d’une messe : « Ce n’était encore pas trop mal »... comme s’il fallait désormais se satisfaire de célébrations qui n’en sont pas vraiment mais qui, dans le contexte actuel, finissent par être relativement « acceptables ». Or il faut le dire avec force : la liturgie est d’Eglise ou elle n’est pas, quels que puissent être les arguments avancés par ailleurs pour justifier telles ou telles pratiques étrangères au missel romain.
Pour se sortir d’une telle crise, il ne suffira pas de faire quelques corrections ponctuelles ; il ne suffira pas de dire aux fidèles : « Si la messe ne vous plait pas ici, il y a d’autres paroisses où vous serez plus à votre aise » ou bien : « On va vous donner un endroit où vous aurez une messe correspondant à vos goûts »... Non, cela ne suffira pas car, comme l’ont rappelé les évêques de France lorsqu’ils ont été pris de panique en apprenant que Benoît XVI allait publier un Motu proprio libéralisant la forme extraordinaire du rite romain, la liturgie n’est pas une affaire de goût.
Des corrections de surface ne suffiront donc pas : il faudra, pour que les choses entrent dans le droit chemin, ôter les lunettes aux verres déformants que certains portent depuis des années et qui font qu’ils ne parviennent plus à voir la liturgie à la lumière de la foi catholique, la seule façon valable de considérer la liturgie.
Une hérésie est donc, d’une certaine façon, moins dangereuse que la « gnose liturgique » en ce qu’elle est plus franche que cette dernière : une liturgie franchement hérétique est une liturgie qui ne peut plus être célébrée dans une église catholique et au nom de l’Eglise. Mais les messes « gnostiques », elles, peuvent librement être célébrées dans des églises paroissiales par des ministres qui se disent catholiques et pour des assemblées qui acceptent des doctrines fluctuantes. De ce fait, le danger du « gnosticisme » en liturgie n’apparait pas clairement, et les fidèles se font berner en participant à des célébrations qui ne sont plus véritablement l’expression de la foi reçue des Apôtres, telle qu’elle est proclamée dans le Credo.
Un autre danger vient aussi de ce que la « gnose liturgique » exerce un véritable pouvoir de séduction en un temps où, comme le soulignait encore le Cardinal Ratzinger, la conscience liturgique s’est estompée au point que le fidèle catholique accepte aujourd’hui n’importe quel type de célébration. La « gnose liturgique » (messes des enfants, messes de type « Glorious », messes paroissiales rituellement hésitantes...) séduit parce qu’elle se présente comme la seule façon valable d’imaginer des célébrations « relookées » pour être pleinement compatibles avec l’annonce de la foi dans le monde moderne. Pourtant, tout le monde sait bien - ou devrait savoir - que cette « relance du produit », qui s’apparente souvent à un marketing (nouveaux chants, nouveaux aménagements des espaces liturgiques, nouvelles prières... « parce que vous le valez bien », disait une célèbre publicité), inflige aux célébrations des distorsions telles, que la liturgie devient incapable de séduire l’âme qui recherche non pas le merveilleux et le divertissement, mais la profondeur et le sacré.
La « gnose liturgique », qui conduit à ne plus souhaiter qu’un « christianisme sans peine » ou un « catholicisme pour les nuls », est aussi essentiellement anti-eucharistique : d’où le caractère éphémère des célébrations plus ou moins recomposées à partir de principes pastoraux tels que « la meilleure participation des fidèles » ou l’ « animation liturgique », et qui font rapidement place au vide. Les pratiques non reconnues par l’Eglise que l’on introduit dans les célébrations au motif qu’il faut les rendre « plus vivantes », ne constituent pas qu’un simple revêtement, qu’un habillage, qu’une simple surcharge sous laquelle on pourrait reconnaître la vraie liturgie, celle qui est conforme au missel romain. Non : ces pratiques non reconnues et ajoutées au cours des célébrations finissent peu à peu par s’inoculer à l’intérieur même de la liturgie en sorte que le fidèle puisse être invité à réinterpréter à sa façon les formules et les rites reçus de l’Eglise. La « gnose liturgique » attaque donc le sens-même de la messe, le sens de ce qui est célébré : les trucages liturgiques, les improvisations du célébrant, le non-respect des normes de la célébration finissent par introduire le fidèle dans une vision du monde qui falsifie le contenu de la Révélation en soumettant le Credo à des réinterprétations interdisant au Dieu d’Amour de se manifester librement sur l’autel, silencieusement, efficacement, comme Il le désire.
La « gnose liturgique » conduit à imaginer des célébrations au cours desquelles les fidèles finiront par vouloir expliquer Dieu à Dieu lui-même, à vouloir Lui dicter son être et sa conduite au lieu de chercher à se laisser guider par Lui et lui seul.
Le fidèle se trouve alors entraîné dans une sorte de stoïcisme à coloration chrétienne qui s’oppose à ce que le message évangélique a de plus radical et de plus novateur : l’amour d’un Dieu en trois Personnes qui, de son plein gré, hors de toute nécessité et de tout caprice, fait irruption dans notre monde pour se faire connaître, nous sauver et nous inviter à la louange eucharistique, motif premier et indépassable de la liturgie. Dès lors, la « gnose liturgique », après s’être immiscée dans la conscience des fidèles en les poussant à participer à des célébrations dont les rites sont plus ou moins maltraités, se doit d’attaquer aussi le sacerdoce ministériel : liturgie et sacerdoce vont ensemble et si l’on attaque l’un il faut bien attaquer l’autre.
Voilà pourquoi le sacerdoce ministériel est considéré comme l’ennemi numéro un : le prêtre ne célèbre plus, il « préside » l’assemblée et l’ « anime » ; il n’a plus le droit de respecter le missel de l’Eglise sans l’aval d’une équipe de laïcs (dont l’incompétence se mesure souvent à l’aune de leur omniprésence) ; il ne doit plus se distinguer par le port de vêtements spécifiques, mais doit apparaître simplement comme le délégué ou le porte-parole de l’assemblée des fidèles ; il ne guide plus, il suit ; son souci n’est plus de prendre le temps de célébrer au moins une messe dans une église, mais d’organiser des réunions de réflexion dans les secteurs paroissiaux ; son plaisir n’est plus de faire oraison devant le tabernacle, mais de préparer la prochaine messe festive qui sera célébrée dans un stade ou une salle des fêtes... Bref, la chute du sacerdoce est directement entraînée par la chute de la liturgie ; et aux yeux des « gnostiques », c’est un bien, c’est un incontestable progrès puisque sans prêtre ou avec un prêtre « cool » qui se fait appeler par son prénom et fait des bisous à tout le monde, le mystère pascal ne peut plus être célébré comme il doit l’être. Et sans mystère pascal, l’homme ne reconnaît plus le besoin de la grâce par laquelle il évite de sombrer dans la folie de l’égoïsme et l’hédonisme.
La « gnose liturgique » refuse donc totalement de reconnaître qu’il puisse y avoir des critères permettant de vérifier la justesse de la foi chrétienne, tout comme il existe des critères permettant de savoir si une équipe joue correctement au football ou si elle triche. Et ne voulant pas reconnaître les critères concernant la foi, la « gnose » ne peut pas - et c’est logique - reconnaître qu’il puisse y avoir des critères permettant de savoir si ce qui est célébré au cours d’une messe est bien la manifestation de la foi de l’Eglise. La « gnose liturgique » sera toujours présentée par ses adeptes comme capable de donner à la liturgie le moyen de mieux « coller à la modernité » : la « modernité », ce « mot-dépotoir » dans lequel chacun peut mettre ce qu’il veut ; ce slogan sans contenu qui offre l’avantage de mobiliser tous les naïfs de la planète !
« C’était une belle messe célébrée par un prêtre sympathique » entendra-t-on dire à la sortie de l’église, un dimanche de communions solennelles... Oui mais, était-ce une messe catholique célébrée par un prêtre catholique ? Telle devrait être la vraie question. Mais de cela, tout le monde se moque du moment qu’on a pu applaudir les communiants, que le célébrant a fait son « show », que tonton a pu faire des photos avec son smartphone dernier cri, que l’équipe liturgique a pu tenir le rôle vedette, que la chorale a pu faire entendre son nouveau « tube », et que tout le monde a pu se serrer bruyamment les mains...
Tel est encore un des méfaits, et non des moindres, de la « gnose liturgique » : elle glorifie l’ « ouverture » grâce à des liturgies « relookées » plaisantes qui prétendent offrir un espace de bonheur collectif. C’est une « célébration ouverte », donc c’est bien. On oublie simplement de dire que certaines « ouvertures » provoquent de graves hémorragies.
Plus de contraintes en liturgie, donc c’est bien. On oublie simplement de préciser que certaines équipes liturgiques imposent des contraintes à côté desquelles les rubriques du missel romain font pâle figure.
Pour conclure sur cette question où il y aurait tant à dire et à écrire, disons que la « gnose liturgique » conduit à présenter un Dieu qui ne dépend plus que de l’homme ; un Dieu qui n’est plus libre de se révéler de son propre mouvement, mais qui est requis d’exister pour faire « chanter et danser la vie » comme le dit un ersatz de Credo. Ce Dieu-là n’existe qu’en fonction des attentes terre à terre de l’homme : il a perdu tout droit à l’initiative personnelle, gratuite. Plus besoin de dogmes ; plus besoin de l’enseignement de l’Eglise : ne demeurent plus que les fameuses « valeurs » - solidarité, ouverture, accueil de l’autre, tolérance... - que l’on peut confier à des hommes qui n’ont nul besoin de grâce, nul besoin des sacrements, nul besoin de l’Eglise. La société civile, avec ses lois, suffira à régler la vie ; elle fera même bien mieux que l’Eglise puisque, pour assurer le bonheur de quelques « élus » et leur garantir le paradis sur terre, elle déterminera qui a le droit de naître et qui a le devoir de mourir.
Quand la « gnose » s’introduit dans la liturgie pour en réduire la signification ou en déformer le sens, c’est l’homme qui en subit les conséquences dramatiques. Oui, le Cardinal Ratzinger voyait juste quand il établissait un lien entre la crise de la liturgie et la crise de l’Eglise - et de la société tout entière -. Oui, Benoît XVI voyait encore juste lorsque, s’adressant au Cisterciens d’Heiligenkreuz (Autriche) il a rappelé à tous les fidèles que la liturgie devait toujours se faire « en ayant le regard vers Dieu dans la communion des saints, de l’Eglise vivante de tous les lieux et de tous les temps, afin qu’elle soit expression de la beauté et de la sublimité du Dieu ami des hommes ».

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